Les enfants s’éclatent dans leur nouveau musée

ApprentissageL’Exploracentre a fait le plein en proposant des jeux futés pour découvrir les sciences

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Autour du tapis vert, Marilou et Morgan lancent la boule blanche en alternance avec la rouge. Elles frappent dans un claquement sec les bords de ce «billard elliptique». Sourire aux lèvres, Olivier les regarde faire une minute, deux, trois. Les enfants s’amusent. Puis, à l’aînée, 8 ans: «Qu’est-ce que tu remarques?» demande le médiateur scientifique. Marilou réfléchit, Olivier la laisse se creuser les méninges. Elle donne sa langue au chat? Il lui explique l’ellipse et ses secrets. Et conclut: «C’est de la géométrie.»

Trois autres bambins tentent l’expérience. Ils disent avoir saisi la démonstration d’Olivier. «Moi je ne comprends pas!» intervient leur père. «Mais on n’a pas écouté depuis le début…» se justifie leur maman, poussant du coude son époux. Elle va vite comprendre qu’à Exploracentre, pas besoin d’être des cracks en physique. Personne ne va vous demander de réciter par cœur théorèmes ou propriétés. Tout le monde est là pour apprendre en jouant, petits et grands.

«Interdit de ne pas toucher!»

«Le plus important, selon moi, c’est de se réapproprier le toucher. Habituellement, quand on entre dans un musée, on a l’ordre de ne toucher qu’avec les yeux», constate Olivier. À Exploracentre, c’est exactement le contraire: le slogan de ce nouveau musée pour enfants, qui a ouvert ses portes samedi à la rue des Bains, est «Interdit de ne pas toucher!». Un mot d’ordre fait sur mesure pour ce jeune scientifique, équipé d’un master en mathématiques centré sur l’usage pédagogique des technologies.

«L’apprentissage ici est très ludique, on laisse les enfants tester les expériences, puis on les commente», renchérit Aline, qui décode pour Luca les arcanes de l’énergie mécanique grâce à trois petits bonshommes en bois de taille et poids différents, et une bascule. «Vers 6 ans, l’enfant expérimente. Qu’il retienne ou pas le nom scientifique et la démonstration n’est pas très important. Il va garder la mémoire physique de ce qu’il a essayé et, vers 12 ou 13 ans, il se sentira plus à l’aise lorsqu’il fera la même expérimentation à l’école. À 15-16 ans, il apprendra les forces en jeu et comprendra comment ça marche.»

La force centrifuge, la gravité, les lois qui régissent l’équilibre ou l’énergie mécanique sont apprivoisées grâce aux arts du cirque, thème de la première exposition. En jouant les jongleurs ou les funambules, les enfants entrevoient les mystères de la science. Des tutoriels sur écran guident leur apprentissage, appuyés par des explications écrites. Et l’équipe des médiateurs scientifiques en T-shirt vert veille à les encadrer.

Samedi après midi, de même que dimanche, c’est la ruée vers l’Exploracentre. On ne compte plus les familles venues s’amuser intelligemment, ni les décibels à l’intérieur du local, réparti sur deux étages. «Jamais je n’aurais imaginé une telle affluence», s’exclame Marine Sinclair, initiatrice de ce nouveau musée. Mais elle se garde bien de vendre la peau de l’ours… «Après l’effet de nouveauté, il faudra durer.» Elle est consciente que le prix des billets – 10 fr. pour les enfants, 15 fr. pour les adultes, avec des forfaits famille – est à même de doucher les enthousiasmes. «Nous sommes un établissement entièrement privé, sans subvention ni aucune aide pour l’instant.» Le financement, assuré par des partenaires qui souhaitent garder l’anonymat, est contenu dans une fourchette entre 100 000 et 500 000 francs. «Je me donne un an pour être rentable, à raison de 20 000 visiteurs d’ici à novembre 2019.»

Les trois enjeux de l’avenir

Tout est allé très vite, grâce à l’énergie et au réseau de cette ancienne spécialiste de la finance, Française installée à Genève depuis douze ans. En avril 2017, elle visite à Paris l’Exploradôme avec ses petits de 3 et 7 ans, y retourne en novembre et se lance: elle va monter l’équivalent dans sa patrie d’adoption. Elle adhère à la pédagogie interactive du réseau français APIS, monte un business plan, trouve 430 m2 à deux pas du Mamco, quatre du MEG. Réunit autour d’elle une équipe de dix personnes, dont six médiateurs scientifiques. Décroche l’appellation «musée». Convaincue par son projet, elle enfonce le clou: «La science, le numérique et l’environnement sont les trois enjeux de l’avenir. Il faut y préparer nos enfants en fluidifiant leur apprentissage par une pédagogie interactive et ludique.»

Exploracentre, musée des sciences pour enfants, 33, rue des Bains, Plainpalais.

Infos: www.exploracentre.ch

(TDG)

Créé: 11.11.2018, 19h33

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