Les blogueurs littéraires font la joie des éditeurs

Chroniques webLes critiques bénévoles assurent une bonne visibilité des auteurs romands sur internet.

Une communauté de passionnés de littérature se tisse autour des blogueurs romands.

Une communauté de passionnés de littérature se tisse autour des blogueurs romands. Image: Enrico Gastaldello

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Vous comptez parmi vos amis Facebook des auteurs, des professionnels du livre ou autres férus de lecture en tous genre? Dans ce cas, vous aurez remarqué les nombreux liens postés renvoyant à des blogs de critiques littéraires amateurs. Ces derniers se présentent sous forme de sites, tels litterature-romande.net ou bouquiner.ch, de communautés Facebook (telle la page Littérature Romande qui n’a rien à voir avec le site susmentionné), ou de blogs personnels, comme ceux de Francis Richard, de Daniel Fattore, de l’ancien journaliste Jean-Louis Kuffer ou encore de l’auteur genevois Jean-Michel Olivier. Ces sites sont devenus incontournables pour de nombreux éditeurs.

Vu sur Google

Directrice des Editions L’Age d’Homme, Andonia Dimitrijevic est catégorique: «Les blogueurs nous assurent une excellente visibilité sur le web. Leur présence active sur les réseaux sociaux nous permet de toucher un lectorat qui ne fréquente pas forcément les librairies», explique-t-elle, sans toutefois pouvoir chiffrer précisément l’impact des blogueurs sur ses ventes. Olivier Morattel, directeur de la maison d’édition du même nom, abonde dans le même sens: «Passionnés, les blogueurs chroniquent énormément de livres. C’est très utile pour les ouvrages plus confidentiels que je publie, que les journalistes littéraires des médias traditionnels n’ont pas le temps de traiter. En ce qui concerne les auteurs connus, l’appui des blogueurs est moins nécessaire.» Alexandre Regad, éditeur d’Encre Fraîche souligne l‘utilité des articles amateurs sur le long terme: «Quand on cherche à se renseigner sur un livre, on tape le nom de l’auteur et le titre sur Google. Si le livre a été critiqué par un blogueur, on tombera tout de suite sur sa chronique.» La durée de vie d’un titre s’en trouve prolongée.

La plupart des éditeurs romands – ainsi que quelques français et belges – ont ainsi pris l’habitude d’envoyer leurs livres en service de presse (avant leur parution officielle, ndlr) aux blogueurs romands qui les demandent.

Boulimique du livre

«J’ai débarqué en Suisse du jour au lendemain, juste après avoir rencontré mon compagnon à Renens, raconte Amandine Glévarec, fondatrice du site litterature-romande.net. En attendant de trouver un travail, j’ai lancé ce blog sur les auteurs romands vus par une Française. Cela m’a permis de m’intégrer et de faire de belles rencontres.» Aujourd’hui, son site compte plus d’un millier de lecteurs fidèles et propose trois chroniques par semaine en moyenne, dont une interview d’auteur. Un rythme de croisière qu’Amandine Glévarec, aidée par son conjoint écrivain Bertrand Schmid, s’efforce de garder en marge de son récent emploi de libraire chez Payot à Neuchâtel.

Fondatrice du site bouquiner.ch, Stella Noverraz nous raconte: «Je lis beaucoup, et j’ai profité d’une période de chômage pour me lancer dans la critique avec ce blog en mai 2014». A présent employée à temps partiel dans le domaine de l’horlogerie, la Neuchâteloise continue à alimenter son site. «Ce serait moins évident d’attirer les lecteurs sans les réseaux sociaux», constate-t-elle. La preuve? bouquiner.ch compte près de 1500 fans sur sa page Facebook et autant d’abonnés sur Twitter.

La palme du boulimique du livre revient à Francis Richard, qui lit «entre 5 et 8 ouvrages par semaine», dont il poste les chroniques pour sur francisrichard.net. Exerçant à plein-temps dans les ressources humaines d’une société informatique, le Lausannois passe ses soirées à écrire des articles, «jusqu’à minuit environ», et se réveille à 4 h du matin pour lire avant de partir au travail. «Plus on est actif, plus on a envie d’entreprendre des choses», résume simplement Francis Richa?rd, qui avoue avoir dû «trouver une alternative au karaté» il y a sept ans, et qui compense par une lecture frénétique...

Pourtant, si les blogueurs sont très appréciés par les éditeurs, ceux-ci se méfient toutefois de l’enthousiasme systématique de certains. «Les chroniqueurs web qui aiment chaque livre dont ils parlent ont un impact moins fort que ceux qui osent des critiques négatives», nous confie un éditeur, souhaitant rester anonyme.

Créé: 14.09.2015, 19h12

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