Le rêve de Nicolas Bouvier devient réalité dans les rues de Genève

HommageLa Bibliothèque de Genève célèbre l’écrivain et iconographe, mort il y a 20 ans.

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Le 22 septembre 1975, Nicolas Bouvier fait un appel du pied à la Municipalité de Genève, lui suggérant de prévoir «des cases d’affichage blanches pour un gars» comme lui. «Et puis, ajoute-t-il, on me payerait des affiches qui ne signifient rien du tout, qui ne vendent rien du tout, qui sont juste là pour faire rêver les gens (…) Vous trouveriez cela entre des oranges et des marques de chaussures, et puis vous auriez l’art dans la rue.» L’écrivain, conteur et aventurier se sentait pousser d’autres ailes encore: celles d’un street artist.

Quinze motifs reproduits

Vingt ans après son décès, Nicolas Bouvier voit son rêve prendre forme. À l’initiative de la Bibliothèque de Genève (BGE), 150 reproductions de gravures anciennes qu’il a soigneusement recueillies au gré de ses lectures sont semées, depuis mercredi et jusqu’au 24 octobre, comme autant de petits cailloux blancs dans les rues de Genève. Une manière élégante de guider les gens sur le chemin menant à ce grand voyageur.

Quinze motifs ont été triés sur le volet dans le Fonds d’archives de l’auteur, qui était aussi iconographe, acquis en 2001 par la BGE: planche anatomique du corps humain, gravure de tortues tête-bêche, caricature burlesque, reproduction d’une prothèse de la main prescrite par Ambroise Paré ou d’un masque pour corriger le strabisme, chat russe ou rhinocéros escorté par le squelette d’un homme sont autant d’affiches que l’on peut pister dans l’espace public.

«Le plus difficile a été de choisir», souligne Nicolas Schaetti, responsable des collections spéciales à la BGE. «Dès les années 60, Nicolas Bouvier a collecté avec gourmandise toutes les illustrations qui attiraient son attention dans des livres…» «Nous avons passé en revue des milliers d’épreuves, comme des cartes Panini!» renchérit l’archiviste à la BGE Barbara Prout – qui vient d’achever l’inventaire complet du fonds Bouvier: manuscrits, tapuscrits, livres, images, dépôt légal, 500 pages publiées la semaine prochaine. «Nous avons essayé de nous glisser dans son œil. Et à force, nous y sommes parvenus.»

Soirée d’hommage

Car l’affichage sur le domaine public n’est pas le seul hommage rendu par la BGE à Nicolas Bouvier. Au rez-de-chaussée de l’institution des Bastions, l’espace Ami Lullin accueille une exposition de son travail de pêcheur d’images, qu’il a du reste pratiqué à la BGE, alors la BPU (Bibliothèque publique et universitaire), dirigée par son père, Auguste Bouvier. Lors d’une soirée hommage, le 4 octobre, les conférenciers Olivier Lugon, historien de la photographie, et Sylviane Dupuis, auteure et spécialiste de la littérature romande, éclaireront cette facette moins connue de Nicolas Bouvier. Au premier étage de la BGE, le Couloir des coups d’œil permet aux emprunteurs d’ouvrages de se régaler de photographies du voyageur, habilement agrandies. Comme ce chien du Kurdistan qui semble garder une porte que le visiteur grille d’impatience de franchir!

«Follement visuel» Affichage dans l’espace public jusqu’au 24 octobre, localisable sur www.bouvier2018.ch Expositions à la BGE, promenade des Bastions, dès le 5 octobre et conférences le 4 à 18h30. Exposé de Jean-Charles Giroud, «Voyage dans l’enfer de l’affiche avec Nicolas Bouvier», 18 oct., 12h15. Entrée libre

(TDG)

Créé: 19.09.2018, 18h42

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