Le Festival des droits humains s’ouvre au stand-up, à la BD et à la littérature

Pour les 70 ans de la déclaration universelleLe FIFDH franchit les frontières et conquiert de nouveaux espaces.

Programme et temps forts de la manifestation ont été présentés mardi lors d’une conférence de presse réunissant ses principaux organisateurs.

Programme et temps forts de la manifestation ont été présentés mardi lors d’une conférence de presse réunissant ses principaux organisateurs. Image: Laurent Guiraud

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L’artiste contemporain Ai Weiwei en clôture, le documentariste Barbet Schroeder pour la projection de son film, le BD reporter Guy Delisle en invité d’honneur ou le haut-commissaire aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al-Hussein pour une conférence exceptionnelle: l’affiche de la seizième édition du Festival international et forum des droits humains (FIFDH) va encore ouvrir un peu plus ses horizons, cette année, du 9 au 18 mars.

Pour célébrer les septante ans de la Déclaration des droits de l’homme et les vingt ans du texte de l’ONU qui vaut protection pour ses défenseurs, le FIFDH se devait de franchir de nouvelles frontières, celle des genres – avec des lectures de romanciers, du stand-up ou un atelier de BD –, mais aussi celles de la géographie. Il le fait en se projetant toujours plus loin, avec cette année une tournée internationale dans 45 villes. Mais aussi en investissant 18 lieux en ville et 47 autres dans le Grand Genève et en Suisse romande.

Durant dix jours, le public, toujours plus nombreux et jeune – la moyenne d’âge est de 25 ans – pourra écouter 280 personnalités débattre dans les nombreux forums et voir une sélection des meilleurs documentaires et fictions traitant des droits humains.

Accueillir les migrants

En ouverture, le film Freedom for the Wolf de Rupert Russell fera l’état des lieux des nouvelles formes de résistance. En clôture, Human Flow, le film sur la tragédie des migrants du dissident chinois Ai Weiwei, sera l’occasion pour lui de lancer son appel de Genève aux côtés du Commissaire de l’ONU aux réfugiés, Filippo Grandi. Sur le même thème, c’est la légende du cinéma Vanessa Redgrave, passée derrière la caméra, qui présentera Sea sorrow, critiquant la politique d’accueil de l’Europe.

Sur plus de 700 films visionnés par l’équipe du festival, 31 seront en compétition cette année dans les catégories «documentaire de création», «grand reportage» et «fiction». Parmi eux, plusieurs premières mondiales, comme pour Free Men, dans le couloir de la mort, et de nombreuses premières suisses, avec notamment Unfair game, sur l’élection «trafiquée» de Donald Trump.

Côté forums, Philippe Mottaz présente un programme de «tissage fin» de trois fils rouge: le contrat social, le réchauffement climatique et les technologies. Mais les débats seront surtout marqués par la présence des femmes.

Place aux femmes

La carte blanche à Léo Kaneman, fondateur et président d’honneur du festival, fera une place aux «femmes israéliennes et palestiniennes pour la paix». Une soirée «Silence, elles parlent» réunira aussi des féministes débattant de l’après Weinstein. Et l’entrée des prestigieuses Éditions Gallimard parmi les soutiens du festival donnera lieu à une soirée lecture avec la marraine du FIFDH, Barbara Hendricks, et quatorze femmes autour de la romancière Chimamanda Ngozi Adichie, pour son livre Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe, récité ce soir-là dans 15 langues maternelles différentes. Tandis que la réalisatrice, philanthrope et remuante descendante du père de Mickey Mouse Abigail Disney donnera sa conférence en anglais.

Les technologies, qui représentent à la fois «une libération et une manipulation, le poison et son antidote», selon les mots de Philippe Mottaz, seront aussi très présentes afin de décrire les maux de l’ère digitale, de l’intelligence artificielle et des robots tueurs. Enfin, à propos du climat, le statut de «réfugié climatique» sera mis sur la table, avec un major général bangladeshi en grand témoin, alors que le réchauffement promet un cortège de 25 à 30 millions de personnes déplacées dans le monde.

Le FIFDH poussera de nouveau les portes de la prison de Champ-Dollon. Les femmes détenues verront une sélection de films et remettront un prix spécial. Investissant tous les lieux, le FIFDH confiera aussi aux mineurs de La Clairière, aux patients de l’hôpital de jour et aux prisonniers de la Brennaz l’attribution de leurs prix spéciaux.

Baromètre à la baisse

Au jury officiel, Abigail Disney, la cinéaste et journaliste pakistanaise Sharmeen Obaid-Chinoy, l’éditrice Marie-Pierre Gracedieu, la cinéaste portugaise Teresa Villaverde et l’actrice française Aïssa Maïga en présidente de jury, côtoieront l’écrivain vidéaste Omar Robert Hamilton, le photographe suisse Christian Lutz, le cinéaste sud-africain Khalo Matabane et l’avocat genevois Philippe Cottier. Le dessinateur Guy Delisle, invité d’honneur, était en résidence à Genève ces temps, dirigeant un atelier avec les étudiants de la première fournée de l’École supérieure de bande dessinée et d’illustration de Genève. Il exposera à Meyrin.

«Après le boom des populismes en 2017, ce festival va mettre en lumière le contre-choc des mouvements de résistance.» Gérard Staberock, secrétaire général de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a voulu positiver lors de la conférence de presse de mardi au Grütli. Pourtant, Bruno Guissani, président de la Fondation FIFDH, reconnaissait que le baromètre des droits de l’homme «est à la baisse» dans le monde.

La directrice générale du FIFDH, Isabelle Gattiker, appelait donc à un «sursaut», jurant que le «festival ne sera jamais celui des réponses toutes faites, mais celui des bonnes questions pour redonner sens aux mots engagement, vérité, liberté, justice, désir.»

(TDG)

Créé: 20.02.2018, 20h27

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