La photo a longtemps laissé le public sceptique

Exposition A la Bibliothèque de Genève, affiches, caricatures et peintures racontent la réception du médium

Photographe emblématique du nouveau médium, Nadar a fait le bonheur des caricaturistes, comme ici en 1878.

Photographe emblématique du nouveau médium, Nadar a fait le bonheur des caricaturistes, comme ici en 1878. Image: Bibliothèque de Genève

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Difficile, de nos jours, d’imaginer un monde sans photographie. Pourtant, l’adoption par le public du médium, né en 1839, n’a pas été si simple. C’est cette réception que raconte l’exposition Sans photographie, à la Bibliothèque de Genève. Sans présenter aucun cliché, d’où son titre.

Des centaines d’affiches, gravures, peintures et caricatures font découvrir les réactions provoquées par le nouveau procédé. Le scepticisme face au daguerréotype, au rendu trop sombre et déformant les extrémités. Le prix prohibitif des tirages photographiques. La longueur du temps de pause. La banalité des sujets immortalisés. La rivalité entre les beaux-arts et la photo, qui tente de s’imposer comme médium artistique. Les photographes s’immisçant partout et saisissant l’occasion de se rincer l’œil…

Il ne s’agit là que d’une partie de la collection de Michel et Michèle Auer. Le couple, qui collectionne depuis 50 ans tout ce qui se rapporte à cette technique, a créé la Fondation Auer Ory à Hermance, où se tiennent régulièrement des expositions de photographes. A la Bibliothèque de Genève, le duo a été invité à présenter, pour la première fois, les objets de sa collection hors tirages. «Cela permet de monter l’histoire de la photographie sous un autre angle, à travers la vision des peintres, décorateurs et caricaturistes», explique Michel Auer.

Quel dommage de ne pas avoir accompagné de textes explicatifs une aussi riche collection! Elle aurait été encore mieux mise en valeur. A chacun, donc, de constituer son propre voyage dans le temps, entre de jolies affiches Art nouveau, des estampes japonaises expliquant comme prendre une bonne photo, des gravures figurant les débuts du photoreportage et même des chansons dédiées au nouveau procédé.

Les caricatures valent particulièrement le détour. Notamment celle d’Honoré Daumier dépeignant le photographe Nadar qui manie son appareil dans une montgolfière, avec comme légende: «Nadar élevant la photographie à la hauteur de l’art». Ou cet autre photographe spécialisé dans les cyclistes, qui leur ordonne: «Ne bougeons plus!»

«Sans photographie» jusqu’au 11 septembre à la Bibliothèque de Genève, promenade des Bastions. Ma-ve 12 h - 18 h, sa 10 h - 17 h

(TDG)

Créé: 16.08.2016, 18h39

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