La jeune scène musicale genevoise monte le son

ReportageÀ Carouge, deux jours de concerts avec des groupes qui ne se contentent pas de jouer.

Chaude ambiance sur le parvis de la place du Temple. Durant deux jours, des groupes locaux ont franchi les «Murs du son».

Chaude ambiance sur le parvis de la place du Temple. Durant deux jours, des groupes locaux ont franchi les «Murs du son». Image: Pierre Albouy

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«Vous êtes chauds?» Samedi soir, à Carouge: pieds nus, un look de chef viking avec sa tunique noire et ses longs cheveux blonds déliés, Marvin Brand, le chanteur du groupe genevois Kaatarakt harangue la foule. Face à lui, deux à trois cents personnes, dans la vingtaine mais pas que, grommellent un «ouais!» plus ou moins enthousiaste. «Un peu mou, tout ça!» constate le leader de ce septuor de métalleux, qui va rapidement faire monter la température.

Sur le parvis de la Place du Temple, Kaatarakt envoie du lourd, un folk métal aux influences symphoniques qui s’inspire de la mythologie nordique. Les sept disciples d’Odin constituent la tête d’affiche des «Murs du son», un festival créé en 2010 afin de donner un coup de projecteur sur la scène musicale genevoise en devenir. S’y produisent des formations très variées – pop, rock, rap, jazz – issues de la Maison de quartier de Carouge et des locaux en gestion accompagnée de la Cité sarde.

Renvoyer l’ascenseur

«L’objectif, ce n’est pas de découvrir les Rolling Stones de demain, mais de donner une visibilité à la jeunesse, tout en montrant que celle-ci sait s’impliquer dans un événement. Le festival permet aux musiciens d’appréhender toutes les ficelles d’un tel projet», expliquent en chœur Caroline Métrailler, Hicham Benhaddi et Abdallah Fellahi, animateurs socioculturels.

Car, aux Murs du son, les musiciens ne se contentent pas de jouer. Ils mettent la main à la pâte dans tous les domaines. Membre du groupe Kaatarakt, Yoann Giacomelli, 22 ans, a ainsi participé à la décoration des lieux, sur le thème de la forêt. Menuisier à la RTS quand il ne fait pas rugir sa guitare électrique, le jeune homme ne rechigne pas, comme ses camarades, à participer à la mise sur pied du festival. «On nous met gratuitement des lieux de répétition et de concert à disposition. C’est normal de renvoyer l’ascenseur.»

Dans la foule qui assiste au concert de Kaatarakt en ce samedi soir, Chester Civelli vibre en rythme. Quelques minutes plus tôt, c’est lui qui balançait des riffs inspirés à la tête du groupe Random Rage, formation versée dans le stoner, du rock psychédélique des années 70 remis au goût du jour. Étudiant à la Haute École de travail social, le chanteur guitariste de 22 ans s’est impliqué dans le groupe «communication» des Murs du son. Rédaction de communiqués, contact avec les médias, confection et distribution des affiches, il y avait du pain sur la planche. «Faire participer les musiciens à l’organisation d’un festival, c’est hyperformateur», assure-t-il. «Généralement, quand on est invité à un concert, on profite des infrastructures. Ici, on voit tout ce qu’il y a derrière. Cela remet les choses en perspective. Et nous donne des clés pour organiser de futurs concerts.»

Empereur de Pluton

Également spectateur du concert de Kaatarakt, Simon Boixader abonde dans le même sens. La veille, le rappeur genevois de 24 ans tenait le micro avec son pote Pierre-Elie Diby, à l’enseigne de l’Antichambre, un duo de rap «psychiatrique» (sic) aux références aussi étranges que leurs beats. Autoproclammé «empereur de Pluton», ce moniteur chez Cap Loisirs aime voir l’envers du décor aux Murs du son. «Cette année, je me suis occupé de la nourriture, choisi le menu, fait les courses. Lors de précédentes éditions, j’ai participé à l’affichage, au transport du matériel et à la vérification des fiches Suisa pour les droits d’auteur. Important, ça, les droits d’auteur. Peut-être qu’un jour, on en touchera. Au final, les Murs du son nous apprennent comment fonctionne la musique. Et ce qu’on est prêt à donner pour elle. C’est très motivant.»

(TDG)

Créé: 09.09.2018, 18h09

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