La Société des Arts décerne son prix biennal à Gianni Motti

ART CONTEMPORAIN L’Italien travaille à Genève depuis longtemps. Pour les uns, il attire le regard vers les zones d’ombre. Pour d’autres, c’est un plaisantin.

Gianni Motti en 2010.

Gianni Motti en 2010. Image: DR

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Il y a quelques années, la Classe des beaux-arts, créée en 1822 par la Société des Arts, décidait de regrouper l’argent de ses petits prix. Leurs montants devenaient insuffisants. L’attention se dispersait. Il se formerait dorénavant des cagnottes. Tous les deux ans, la tirelire se verrait cassée. Un seul lauréat empocherait les 50 000 francs du Prix de la Société des Arts.

Le premier artiste désigné a été Francis Baudevin en 2009. Christoph Büchel lui a succédé en 2011. On sait maintenant à qui vont les lauriers de 2013. Il s’agit à nouveau d’un nom connu. C’est celui de l’Italien Gianni Motti, né en 1958, qui travaille depuis longtemps à Genève. Outre le chèque, l’homme recevra une exposition et un catalogue. La présentation est d’ores et déjà prévue à la Salle Jules Crosnier du palais de l’Athénée, qui appartient à la Société des Arts. Elle aura lieu du 24 septembre au 27 octobre 2013.

«Un être à part»

Qui a décidé le vainqueur? Un jury, bien sûr! La présidente de la commission des expositions de la Société des Arts, Karine Tissot, a choisi Noah Stolz pour composer des membres. Il y avait Marc-Olivier Wahler, ex-Palais de Tokyo à Paris, l’éditeur Michele Robecchi, Andrea Thal, qui a réalisé le pavillon suisse de la Biennale de Venise 2011, Alexandra Blätter, qui s’occupe d’une résidence pour artistes, et Sylvia Alberton, de la Société des Arts. Ce beau monde s’est réuni le 13 décembre 2012, Il n’a communiqué son choix que tard le 28 janvier.

Mais qui est Gianni Motti? «Un être à part», précise prudemment le communiqué de presse. Ce dernier se révèle, comme il se doit, un peu ronflant. «Il faut relever la force et l’intégrité de son indépendance par rapport aux circuits institutionnels et économiques de l’art.» Comprenez par là que les musées le montrent peu et que les galeries se méfient comme de la peste de les produits de Motti, jugés invendables. L’homme a cependant été l’un des auteurs des oriflammes du Quartier des Bains. Celui qui était tout blanc, comme un drap de lit.

Un homme controversé

Motti part souvent des médias. Il les regarde ironiquement, ce qui peut se comprendre. «Le regard de Gianni Motti est tourné vers des zones d’ombre, autrement dit là où personne n’est en train de regarder.» Souvent, il se contente d’intervenir. En 1997, il incitait le président colombien à démissionner par télépathie. Il a mis en scène son propre enterrement (celui de Motti, donc, pas celui du président Samper). Il a revendiqué l’explosion de la navette Challenger en 1986. Il s’est aussi déclaré responsable d’un tremblement de terre survenu en Californie il y a juste vingt ans. A Genève, le plasticien est descendu dans le tunnel LHC du CERN pour en parcourir les 27 kilomètres à pied. Cinq heures de marche…

On le comprendra. Si la Société des Arts dit là son admiration, Gianni Motti ne fait pas l’unanimité. Il passe pour un guignol, voire un mauvais plaisant pour certains. Revendiquer une catastrophe naturelle ne l’amplifie certes pas, mais il y a de quoi heurter certaines personnes et en faire ricaner d’autres. Foutage de gueule!

(TDG)

Créé: 29.01.2013, 10h35

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