L'Autriche conserve la «Frise Beethoven» de Gustav Klimt

LitigeLes héritiers du collectionneur Erich Lederer espéraient récupérer la fresque. Mais une commission n'a pas prononcé de restitution.

La «frise Beethoven» est exposée au palais-musée viennois de la Sécession.

La «frise Beethoven» est exposée au palais-musée viennois de la Sécession. Image: Archive/Reuters

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L'Autriche peut conserver la «Frise Beethoven», chef-d’œuvre du peintre Gustav Klimt réclamé par les héritiers d'un collectionneur juif qui vivait en Suisse.

La commission chargée des biens spoliés a estimé vendredi 6 mars que les conditions d'une restitution n'étant pas réunies.

Cette instance, dont les avis sont toujours suivis par l'Etat, a prononcé de nombreuses restitutions depuis sa création en 1998, notamment celle de la collection Rothschild en 1999. Elle avait été saisie en octobre 2013 par les héritiers du collectionneur juif Erich Lederer, qui contestent les circonstances dans lesquelles l’œuvre lui a été achetée par la République d'Autriche en 1972.

L'Etat avait déboursé quinze millions de schillings (1,16 million de francs) pour acquérir cette fresque murale de 34 mètres de long sur 2 mètres de haut et l'avait ensuite restaurée. La frise est exposée depuis 1986 au palais-musée viennois de la Sécession, où elle avait été présentée pour la première fois par Klimt en 1902.

Interdiction d'exportation

Acquise par la famille Lederer en 1915, cette fresque avait été saisie par les nazis en 1938 avant d'être restituée à Erich Lederer après la Seconde guerre mondiale.

L'Etat autrichien avait cependant assorti cette restitution d'une interdiction d'exportation qui, selon les héritiers, a conduit le collectionneur, un résident suisse, à se séparer de l’œuvre dans des conditions défavorables après des années de vains efforts pour faire lever cette restriction.

La Commission a toutefois estimé vendredi qu'il n'existait pas de «lien temporel et concret» entre la procédure liée à la loi d'interdiction d'exporter et l'achat de la Frise par l'Etat. La Sécession a fait valoir qu'une restitution n'était justifiée «ni juridiquement, ni moralement». Selon son avocat, la vente s'était effectuée à un prix équitable et sans aucune forme de «contrainte».

Héritiers déterminés

L'un des avocats des héritiers a de son coté indiqué à l'AFP que ses clients continueraient à faire valoir ce qu'ils considèrent être leurs droits par «tous les moyens légaux possibles».

En 2006, dans un autre dossier spectaculaire, la collection Bloch-Bauer avait été restituée à ses ayants-droits par un tribunal arbitral, après que la Commission eut statué négativement. Ces œuvres - cinq toiles de Klimt - avaient été revendues à New York pour un montant total record de 327,7 millions de dollars.

L'Autriche a révisé en 2009 sa loi sur la restitution d’œuvres d'art de façon à y inclure non seulement celles saisies par les nazis, mais également celles acquises après la guerre dans des circonstances douteuses. (ats/nxp)

Créé: 06.03.2015, 13h18

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