«Knie, c’est tout un monde insoupçonné»

CirqueLes deux Vincent, Kucholl et Veillion, sont les stars de la nouvelle tournée. Rencontre.

Les Vincent en pleine action sous le chapiteau.

Les Vincent en pleine action sous le chapiteau. Image: MAURANE DI MATEO

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En juillet, on les retrouvait au Paléo où ils jouaient Le fric sur la grande scène. Revoici les Vincent - Kucholl et Veillon - sous le chapiteau du Cirque Knie où les duettistes se sont installés depuis vendredi soir à Genève. Leur mission? Proposer plusieurs numéros dont ils ont le secret entre jongleurs, acrobates et écuyers formant le gros des troupes. Miracle, l’humour des deux Vincent s’intègre parfaitement à la mécanique huilée de la grosse machine Knie. On les a applaudis vendredi soir, on les a retrouvés samedi pour faire le point.

Comment les Knie sont venus vous chercher?

Via une connaissance commune, leur ex-chef de communication. Nous nous sommes dits, dans le fond «pourquoi pas?». On a réfléchi avant d’accepter. Il fallait aussi trouver comment faire avec nos plannings pour la télé. Notre émission mensuelle continue, mais il va parfois nous falloir jongler. Les week-ends seront plus difficiles car il y a les matinales.

Avez-vous eu une discussion avec Knie autour du choix des sketches?

Ils nous ont laissés faire et décider. Nous avons vu le spectacle à Bâle. Ensuite, comme nous avions besoin d’une vache pour l’un des trois sketches, nous la leur avons demandée. Notre mandat, c’était d’occuper entre 25 et 30 minutes du spectacle. Mais durant ce temps-là, nous faisons comme nous le voulons.

Est-ce que les sketches tournent, varient d’une représentation à l’autre?

Non, ce sont toujours les mêmes. Sauf qu’en matinée, nous en faisons un de moins. Quant à nos équivalents suisses alémaniques, les duettistes Giacobbo et Müller, ils ne jouent pas les matinées.

Comment vous êtes-vous intégrés au monde du cirque, qui est finalement très différent des univers que vous côtoyez d’habitude?

En effet. C’est une vraie découverte. C’est un monde en soi, insoupçonné quand on le regarde comme ça. On oublie les odeurs, la sueur, le crottin de cheval, ainsi que la synchronicité de toutes les personnes dans les coulisses. Tout cela est assez dingue. Il faut faire attention au passage des chevaux, et même parfois aux acrobates. Et puis il y a tout un vocabulaire à apprendre. Les accessoires se disent réquisit, par exemple. Et chez Knie, on parle beaucoup italien.

Et qu’est-ce qui change par rapport au théâtre?

On est davantage laissés à soi-même. Et il n’y a pas le côté troupe. Nous devons nous occuper de tout, faire la lessive, chercher les accessoires.

Par rapport au Paléo, où vous avez joué «Le fric», votre appréhension est-elle plus grande?

Non, Paléo était plus extrême. Donc plus effrayant. Ce n’était pas du trac, mais de la tension. Face à 35 000 personnes. Avec Knie, nous sortons en revanche de notre zone de confort. Notre peur réside dans la réaction du public. Vendredi soir, pour la première genevoise, c’était juste parfait.

Votre écriture est-elle millimétrée?

Comme depuis le début, la partition est toujours réfléchie, taillée, ajustée à la virgule. Sur scène, elle prend vie. Après, durant le live, il peut y avoir de menus écarts. Voire des imprévus. C’est déjà arrivé à Delémont, où la vache m’a donné (à Vincent Veillon) un coup de corne. Mais nous savions que ce serait difficile.

On a l’impression que rien ne pourra vous arrêter. Après la radio et la télé, Paléo, et aujourd’hui Knie. Quel serait votre prochain défi?

On aimerait bien faire un film. Ce serait idéalement l’étape suivante. Ce qu’il y a de bien dans le cinéma, c’est qu’ensuite, le film ne t’appartient plus. Un spectacle, ça peut se peaufiner. Avec un film, tout est définitivement inscrit.

Vous supportez-vous toujours?

Il y a des jours où on se déteste. Comme dans un couple, finalement. Alors on se fait la gueule quelques jours, puis ça revient.

Restez-vous aussi spectateurs des représentations du cirque?

Nous les avons vues plein de fois. On suit beaucoup le spectacle. La musique nous guide. En coulisses, cela peut être stressant. Chaque minute est précieuse.

Quels imprévus sont survenus et quelles difficultés inattendues avez-vous rencontrées?

La poussière. Il y en a toujours. Sinon des petits soucis techniques. Par exemple, un soir (Vincent Kucholl), j’ai oublié mon micro. Et dans le numéro avec la vache, nous ne sommes pas à l’abri des surprises. Sinon, c’est la découverte permanente. Le monde du cirque est un écrin où tout est mis en scène.

Créé: 25.08.2019, 19h25

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