Don de roi au Musée Jenisch de Vevey

LegsDes Fragonard, Bonnard, Rodin et Vallotton ont rejoint les collections selon le vœu d’un Romand qui conserve l’anonymat.

«Douleur» d’Auguste Rodin, crayon de graphite et aquarelle sur papier vélin.

«Douleur» d’Auguste Rodin, crayon de graphite et aquarelle sur papier vélin. Image: JULIEN GREMAUD

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il y a des jours comme ça! Des jours où tout semble possible… Directrice du Musée Jenisch, Julie Enckell Julliard en a vécu un l’automne dernier en ouvrant un courrier lui annonçant le legs d’une collection privée. La surprise passée, elle découvre et expertise son contenu: 18 tableaux et des feuilles, 3121 feuilles traversant les siècles, du XVIe au XXe, balayant l’Occident, l’Orient et les histoires de l’art. Des Bonnard, Delacroix, Fragonard, Rodin, Steinlen. Des Giovanni Giacometti, Carrière, Millet. «Sur un marché de niche comme l’œuvre papier, on choisit l’exigence plus que la facilité, souffle la directrice. Alors, lorsque tout d’un coup la générosité frappe à cette porte, c’est une reconnaissance incroyable en même temps qu’un geste fort faisant entrer des artistes au musée à travers une collection innervée de ferveur.»

Si son legs à l’institution veveysanne dévoilé hier brise un secret bien gardé – celui de son existence – l’ensemble en conserve d’autres. Comme certaines attributions encore à vérifier. Comme certaines datations toujours à affiner. Comme… l’identité du passionné par qui tout est arrivé! «Jusqu’à son legs, cette collection tournant autour de la figure et du paysage n’était pas connue. Elle est restée dans les arcanes de ses propriétaires, qui en avaient fait une aventure intime et pas un faire-valoir. Mais plus je la découvre, plus je prends conscience de sa valeur, des lacunes qu’elle comble chez nous, notamment pour le XIXe siècle, mais aussi, souligne Julie Enckell Julliard, de ses nombreuses résonances avec ce que nous avons déjà.»

On saura que le collectionneur vivait quelque part en Suisse romande avec son épouse. Qu’en se focalisant sur le dessin, il s’est laissé envahir par l’amour du trait plus que par l’attrait des signatures. Que la valorisation par une exposition des 650 œuvres papier de Ferdinand Hodler offertes au Musée Jenisch par Rudolf Schindler en 2014 a motivé son geste. «Sans doute qu’un jour, son identité sera révélée, glisse la directrice, mais un legs est toujours un moment émotionnellement très intense.» Peut-être lors de l’accrochage des plus belles pièces promis pour cet automne à Vevey?

Créé: 04.01.2016, 18h06

Articles en relation

Julie Enckell Julliard prend la direction du Musée Jenisch

NOMINATION Elle était là ad interim depuis le 1er janvier. La spécialiste d’art contemporain, mais aussi médiéviste, a été nommée jeudi par la Ville de Vevey. Plus...

Le musée veveysan publie «Le petit Jenisch illustré»

LIVRE Destiné au très jeune public, l’ouvrage oppose des œuvres complètes et des détails qui en sont tirés. Il n’y a pas de texte. Un cadeau idéal… pour les parents. Plus...

Les Veveysans retrouvent leur Musée Jenisch enfin rénové

Fête Deux jours de réjouissances ont marqué samedi et dimanche la réouverture d’un lieu fermé depuis 2009. Promenade avec les visiteurs. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.