Deneuve et Kacey Mottet Klein font face à l’islam

Festival de BerlinTous deux sont à l’affiche de «L’adieu à la nuit» de Téchiné, hors concours à Berlin.

André Téchiné, Catherine Deneuve et Kacey Mottet Klein ont présenté «L’adieu à la nuit» à Berlin.

André Téchiné, Catherine Deneuve et Kacey Mottet Klein ont présenté «L’adieu à la nuit» à Berlin. Image: EPA

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Politique, polémique, parité, statistiques, économie. Il serait temps qu’on parle de cinéma, surtout dans un festival comme Berlin, où tout semble prétexte à la digression. Le retrait soudain de la compétition du pourtant attendu nouveau film de Zhang Yimou, «One Second», soi-disant pas terminé, mais semble-t-il bloqué par les autorités chinoises, a pour conséquence de ramener la compétition à 16 titres. Dont 44% signés par des femmes, commente une presse allemande qui n’a décidément rien d’autre à calculer. Autant de contingences qui n’atteignent heureusement pas les films hors compétition, à commencer par le dernier André Téchiné, «L’adieu à la nuit», qui nous permet de retrouver Catherine Deneuve et le Suisse Kacey Mottet Klein, qui y tient le rôle de son petit-fils. Mais un petit-fils au comportement inquiétant, puisque sa grand-mère découvre rapidement qu’il s’est converti à l’islam et s’apprête à partir en Syrie.

Opposition des combats

À sujet grave, traitement élégant. Le film se déroule dans le sud de la France, durant les cinq premiers jours du printemps 2015. Il fait beau, les cerisiers sont en fleurs, et Muriel, ravie d’accueillir quelques jours son petit-fils (sa mère est morte il y a longtemps), lui installe sa chambre et le wi-fi sans se douter de ce qu’elle va découvrir. «L’adieu à la nuit» est clairement un film de combat. Fluide et appliquée, la mise en scène de Téchiné ne prétend pas apporter des solutions ou réponses aux problèmes soulevés, et le cinéaste oppose ici la lutte d’une femme pour sauver son petit-fils et le combat pour la liberté au nom de l’islam que ce dernier croit être juste. Téchiné ne juge pas, ne veut rien démontrer. Pour écrire son film, dont le scénario est cosigné par Léa Mysius, il a rencontré des jeunes gens qui s’étaient convertis, mais il ne cite pas ses sources. Kacey Mottet Klein, de son côté, a aussi une petite expérience du fanatisme. «Quand j’ai eu 14 ans, déclarait-il mardi soir à la conférence de presse du film, je fréquentais des jeunes d’origine musulmane. Et l’un d’eux a failli me convertir à l’islam. J’ai hésité, car mon envie, c’était d’être intégré à leur groupe, qui m’impressionnait. Je n’éprouvais aucune autre motivation. J’y ai réfléchi durant deux jours, puis n’ai finalement adhéré à rien du tout et c’est mieux ainsi.» Mais on sent que la question est délicate. Sollicitée également, Catherine Deneuve lance ces phrases dont elle a le secret: «En France, la situation finit par devenir shakespearienne. La solution? Je ne sais pas. Changer de gouvernement.»

Pour les deux comédiens, ce film marquait aussi une première rencontre, puisqu’ils n’avaient jamais tourné ensemble. «Je l’avais vu dans ses autres films, nous racontait avant-hier Catherine Deneuve, quelques heures avant la conférence de presse. J’ai adoré travailler avec lui, je le trouve très performant, même si au final, nous avions peu de scènes ensemble. Il a surtout tourné avec les autres jeunes, toutes ces séquences de réunions secrètes et de préparatifs de départ. Je ne sais pas s’il était timide face à moi, mais en tout cas, il ne me l’a pas montré.»

Kacey, lui, a tourné pour la seconde fois avec André Téchiné, après «Quand on a 17 ans» en 2016, à l’époque en compétition à Berlin. C’est même la quatrième fois que le jeune acteur (20 ans) présente un film à la Berlinale. Malheureusement, une grippe l’a cloué au lit cette année et on l’aura peu vu. Partie remise, puisqu’il doit passer en Suisse romande d’ici à quelques semaines.

Varda la doyenne

De son côté, la Française Agnès Varda (90 ans) a présenté, tout comme Téchiné, son dernier opus hors compétition. Dans «Varda par Agnès», elle se livre à un long commentaire sur l’ensemble de son œuvre, force extraits à l’appui. Assise sur une scène de théâtre, elle fait face à un public et raconte sa carrière, comme s’il s’agissait d’une master class. Sans chronologie, elle revient sur sa dureté dans la direction d’acteurs (elle en parle avec Sandrine Bonnaire, qui était dans «Sans toit ni loi»), sur son approche documentaire, son amour de la proximité et son aptitude à tirer parti des technologies digitales. La dame nous étonnera toujours.

Créé: 13.02.2019, 17h02

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