Antigel dévoile son cru 2018. Alléchant!

FestivalFort du slogan «Explore Genève», la manifestation continue d’affirmer sa singularité. A suivre du 26 janvier au 17 février prochains.

Comme les années précédentes (ici le groupe  Trentemoller en concert à l'Alhambra le 1er février dernier), Antigel fourmille de propositions intéressantes.

Comme les années précédentes (ici le groupe Trentemoller en concert à l'Alhambra le 1er février dernier), Antigel fourmille de propositions intéressantes. Image: maurane di matteo

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Ponctuée d’un point d’exclamation, l’affiche aux couleurs éclatantes du prochain festival Antigel a valeur de manifeste. Un visuel pop et percutant pour souligner qu’en 2018, la manifestation genevoise va continuer d’affirmer sa singularité et d’ouvrir quantité de portes. «Pas de routine! Antigel reste une grande aventure et sa programmation ne souffre aucun compromis», a relevé ce mercredi 6 décembre Eric Linder, son directeur artistique, lors d’une présentation un instant troublée par l’annonce, un peu plus tôt, de la disparition de Johnny Hallyday.

Frontière franchie

Sûr que la star défunte ne serait jamais venue mettre le feu à Antigel. Pas le genre de la maison. Le festival, plus que jamais, entend innover et repousser les limites. Du 26 janvier au 17 février, la musique se mélangera à la danse, aux performances, aux fêtes, aux découvertes, au clubbing et même au sport. Sans oublier les très attendues créations Made In Antigel. Du prometteur, de l’alléchant, regroupé sous un seul et même slogan: «Explore Genève». À apprécier dans 23 communes et même au-delà, puisque Antigel franchit la frontière pour la première fois en pénétrant le Grand Genève. Autre nouveauté de cette 8e édition: une dimension d’intégration sociale par la culture.

Multigénérationnelle, la programmation musicale présente une tête d’affiche classieuse. Jane Birkin revisitera le répertoire de Serge Gainsbourg en compagnie du grand orchestre symphonique Confluences, 53 musiciens sur scène à écouter au Victoria Hall. Le reste se veut plus pointu, à l’image du trio allemand Einstürzende Neubauten. Il s’agit de refléter autant les précurseurs que les nouvelles tendances. «On a envie de partager nos coups de cœur et nos découvertes à travers un panel très large, qui va jusqu’au métal», indique Eric Linder. À défaut de tout mentionner, on pointera les Young Gods, stars locales partageant l’affiche avec les «métalleux» de Nostromo, de retour à Genève après 12 ans d’absence. Autres musts, la pop finement ouvragée du Suédois Peter Von Poehl, le rock expérimental de Michael Gira, leader de la formation culte Swans, le folk-rock d’Iron Wine, ou la country revisitée de The Weather Station. La présentation d’Eric Linder met aussi en avant Le Roi Angus; toujours passionnant, le combo genevois viendra vernir son nouveau disque au Casino-Théâtre.

Au rayon danse, Antigel occupe une nouvelle fois les avant-postes, avec notamment la pièce Hérétique du Belge Ayelen Parolin, annoncé comme un véritable rituel chamanique. Entre sable, sel et glace, le chorégraphe Aurélien Dougé propose pour sa part une installation performative et participative nommée Sacre, qui se métamorphosera chaque jour sous l’influence des visiteurs. Performance encore, dans un registre très différent, avec la jeune artiste Maëlle Gross, qui invite le festivalier à déambuler dans le quartier des Pâquis, à la rencontre de ses habitants et d’œuvres contemporaines. Des récits qui soulèvent la question de l’identité.

Incontournable enfin, le retour de Virginie Despentes. Acclamée en janvier dernier pour sa lecture musicale du Requiem des innocents de Louis Calaferte, l’auteur de Vernon Subutex revient accompagnée de Béatrice Dalle et du trio Zëro, pour une mise en musique de l’œuvre littéraire de Pier Paolo Pasolini. Sulfureux, forcément… À ne pas rater non plus, la performance de Cindy Van Acker, littéralement immergée dans les images de la série Insert Coins du photographe genevois Christian Lutz, un conte visuel saisissant au cœur d’un Las Vegas désenchanté.

Autre phare dans la nuit d’Antigel, ses fameuses créations, véritable signature du festival. Hybrides, mélangeant les disciplines, les projets Made in Antigel vont une nouvelle fois investir des lieux inattendus. Parmi eux, le Jardin Botanique, pour une fiction audio guidée plongeant le spectateur dans un récit fantastique, ou les carrières du Salève, à Étrembières, où des artistes se produiront au milieu d’énormes machines de chantier.

À n’en pas douter, il faudra tenir la forme pour suivre ce copieux programme. Histoire de maintenir ses festivaliers fit, Antigel propose deux Yoga Sound System à Cartigny et à Bellevue, ainsi qu’une balade à vélo à travers Lancy, Bernex, Confignon et Perly-Certoux. Une semaine avant le début de la manifestation, la 3e et désormais très prisée Antigel Run se déroulera au cœur des parcs de La Grange et des Eaux-Vives. Nouveauté les samedis précédant la course: un programme d’entraînement (gratuit) de différents niveaux accompagnés par des coachs sportifs.

Antigel a son Antidote

Quid du Grand Central? On y arrive. Soignant ses liens avec le quartier du PAV, Antigel avait investi Sicli en 2012, la halle CFF en 2015 et la tour Pont-Rouge en 2017. «C’est intéressant de suivre l’évolution de ce quartier en live et de prendre conscience des mutations qui sont en train de se jouer», note Eric Linder. En 2018, Antigel reste à Pont-Rouge, dans un cadre différent toutefois, puisqu’à la place des cratères et des pelleteuses, des tours sont désormais sorties du sol.

Antigel, c’est aussi et dorénavant un projet social, joliment dénommé «Antidote». Concrétisant plusieurs années de réflexion, ce lien a été élaboré avec plusieurs partenaires sociaux dont l’Hospice général et la Croix-Rouge. Il se décline sous différentes formes: médiation et participation culturelle, formation et insertion professionnelle, lien social, interactions et partage. En 2018, Antigel s’adresse aux requérants d’asile ainsi qu’aux jeunes en insertion professionnelle et sociale, en leur proposant des stages sur mesure.

(TDG)

Créé: 06.12.2017, 16h13

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