Les 17 sites de Le Corbusier à inscrire au patrimoine

UnescoDe la France à la Suisse, en passant par le Japon et l’Inde, les réalisations de l'architecte vont enfin faire leur entrée à l’Unesco.

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C’est certain que Charles Edouard Jeanneret, qui avait une très haute opinion de lui-même, aurait trouvé pareille reconnaissance parfaitement justifiée. Le 15 juillet prochain à Istanbul, Le Corbusier devrait faire son entrée au Patrimoine mondial de l’Unesco, via 17 de ses réalisations dans sept pays. Après les deux échecs de 2009 et 2011, tous les signaux sont au vert. Le rapport qu’a rendu fin mai l’Icomos – le Conseil international des monuments et des sites – est positif.

«Je suis en effet très confiant, témoigne Oliver Martin, chef de la section Patrimoine culturel et monuments historiques de l’Office fédéral de la culture, qui gère ce dossier depuis 2003. Cette candidature sérielle s’est calquée sur notre modèle de gestion transnational pour les sites palafittiques, inscrits sous l’égide de la Suisse avec succès en 2011. Ce n’est pas l’homme qui sera labellisé, mais la contribution de certaines de ses réalisations précises au «mouvement moderne» de l’architecture. La cristallisation d’idées et d’innovations sur chacun des sites retenus.»

Des œuvres aux quatre coins du globe

«Cette reconnaissance, analyse le conseiller d’Etat genevois Antonio Hodgers, en charge de patrimoine cantonal, c’est aussi quelque part une récompense pour les Suisses, les Vaudois et les Genevois. Qui vient confirmer qu’un architecte aux origines neuchâteloises a mondialement marqué son temps.» Par rapport aux précédentes, la candidature millésime 2016 s’est affinée. Elle a abandonné certains sites, dont la Maison blanche à La Chaux-de-Fonds, œuvre de jeunesse. Mais elle a surtout intégré le complexe du Capitole de Chandigarh dans le Pendjab indien. Elle englobe, selon la Fondation en charge, «des bâtiments de nature et de taille très différentes». Des villas individuelles – comme celle construite à Corseaux pour ses parents (lire en page 23) – ou des logements collectifs: la Cité radieuse à Marseille, Clarté à Genève (page 22), mais aussi Pessac et ses petits pavillons pour ouvriers de la cité Frugès. On y retrouve aussi des lieux religieux (la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp ou le couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette à Evreux), culturels (La Maison de la Culture à Firminy ou le Musée National des Beaux-Arts de l’Occident à Tokyo) ou industriels, à l’instar de cette manufacture toujours en activité, à Saint-Dié-des-Vosges, en Lorraine.

Dans l’image que le grand public se fait de lui, Le Corbusier n’a pas toujours bonne réputation. On l’a traité de communiste, puis de fasciste. Il est surtout et avant tout opportuniste. Notamment dans le sillage de la reconstruction d’après la Seconde Guerre mondiale. Cette obsession à tirer la couverture à lui, à revendiquer coûte que coûte la paternité des idées lui vaudra des fâcheries – temporaires ou définitives – avec la plupart de ses proches collaborateurs. Il s’est ainsi brouillé avec son premier mentor, Charles L’Eplattenier, son discret mais prolifique cousin Pierre Jeanneret, ou l’architecte d’intérieur et ensemblière française Charlotte Perriand. A l’inverse, lui aussi sera spolié, copié, imité.

«Le Corbusier est indéniablement un pionnier dans sa manière de communiquer, d’écrire des slogans prospectifs, de penser le futur.»

Cette inscription au patrimoine de l’Unesco, pour autant qu’elle se confirme, célèbre l’art de l’architecture plutôt que la pensée urbanistique de Le Corbusier. Là aussi, on lui attribue tout et n’importe quoi, à tort ou à raison. A écouter ses détracteurs, il serait responsable à lui tout seul de la disparition des centres-villes vivants que de la multiplication des banlieues tristes ou des cités dortoirs. C’est oublier qu’il fut surtout un incroyable concepteur de, comme ils les appellent lui-même, de «machines à habiter». «Il y aura toujours un débat pour savoir si c’est le plus grand architecte de son temps, estime Sabine Nemec-Piguet, la conservatrice du patrimoine genevois. Par exemple, quelqu’un comme Ludwig Mies van der Rohe a aussi fortement marqué l’époque de son empreinte. Mais Le Corbusier est indéniablement un pionnier dans sa manière de communiquer, d’écrire des slogans prospectifs, de penser le futur.» (TDG)

Créé: 09.07.2016, 21h24

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Retrouvez notre carte interactive sur les réalisation de Le Corbusier

Le site internet de la Fondation Le Corbusier

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