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Covid : un immense virologiste partage mes analyses

Dans la revue des meilleurs blogs

Les temps sont compliqués. A la suite du "discours officiel" qui trace depuis plus de deux mois son sillon de contre-vérités dans les consciences avec la placidité d'un tracteur, les positions sont devenues souvent hystériques et même fanatiques. C'est le risque de l'endoctrinement : une fois que la psychose est répandue, il est difficile d'en revenir à des discours complexes, nuancés et surtout réalistes.

Les données pleuvent pourtant, confirmant massivement ce que j'énonçais dès le 12 mars : l'épidémie est limitée et sans danger particulier, l'immense majorité des gens ne courent aucun risque et pour ceux qui hélas ont connu ses terribles complications, on aurait sans doute pu en sauver les 2/3 si on avait fait autre chose que de les regarder mourir en contemplant l'horizon dogmatique et funeste des statistiques.

Il aura peut-être croisé le champ de conscience du lecteur que si la fameuse (mais foireuse avant même d'être débutée) étude DISCOVERY n'a jamais apporté les réponses qu'on attendait, c'est bien sûr parce que ce n'est pas ce que l'on lui demandait.

Dans le même temps, les voix se multiplient (et parmi les meilleures qui soient) pour souligner (comme je le répète depuis des semaines) que le confinement non seulement n'aura servi à rien mais aura en plus selon toute probabilité aggravé les choses... Puisque j'en vois déjà bondir de leur fauteuil, wait and see : ce sera le sujet de mon prochain article, et comme d'habitude il sera lourdement documenté.

L'état d'endoctrinement hystérisant est tel qu'il faudra des semaines et des mois pour que l'on ose s'engager dans le post-mortem de cette crise. Je me demande (mais sans m'en réjouir étant donné les pertes humaines et les dégâts socio-économiques majeurs) comment les autorités s'y prendront pour expliquer aux centaines de milliers de personnes qu'elles auront précipitées en pure perte dans la précarité -ou aux proches des centaines de victimes qu'on aurait pu sauver en les traitant- que, ma foi, ma foi, elles se sont trompées, mais de bonne foi…

Comme des diables hors de leur boîte

En attendant donc on voit les gardiens du temple d'une version indéfendable de la réalité s'agiter comme de beaux diables. Tel le Pr Morel dont l'état de tension (le Pr Raoult a parlé de "crise de nerfs" au sujet des élites) l’a rendu (temporairement je l’espère) incapable d'entendre quoi que ce soit -et en particulier que si l'on passe du champ de la clinique à celui de l'épidémiologie, il faut encore reconnaître que l'influenza faisant de 300'000 à 650'000 morts par année (et parfois jusqu'à 1'000'000 comme lors de la grippe de Hong Kong de 1968-1969) nous en sommes pour l'instant avec le Covid à 280'000 décès, ce qui est évidemment très triste mais, oui : habituel pour ce type d'épidémie !

Le rédacteur en chef de 24h, lui, s'est permis un éditorial à faire tomber les chaussettes en incriminant (entre autres) « un fameux anthropologue (éructant) sa vérité complotiste sur un terrain qu'il connaît bien mal ". J'ai eu beau regarder autour de moi, je ne connais pas d'anthropologue régional qui soit fameux à part moi. Que ce pauvre Claude Ansermoz me trouve complotiste ne prouve rien d’autre que le fait qu'il ne m'a jamais lu -ou s'il l'a fait que me comprendre est hors de sa portée. Qu'il se sente habilité, en tant que figure de proue d'un vénérable journal, de proférer de tels anathèmes ne rassure pas sur l'état d'une presse désormais sous perfusion de l'état et reléguée au rang d'une mauvaise Pravda de fond de province...

A ce vilain papier (qui incriminait également tant qu'à faire le Pr Raoult) un internaute a réagi avec droiture -et je l'en remercie :

Quel droit de réponse peut-on donner à la morgue d'un journaliste du 24heures, Claude Ansermoz ?
- Sa manière de caractériser le portrait qu'ils ont fait de Didier Raoult "entre ombres et lumières". On pourrait faire un portait de M. Claude Ansermoz, du 24heures, d'Alain Berset, etc. "entre ombres et lumières". Qu'est-ce que c'est que cette manière de parler des gens, cette manière d'insinuer du négatif, du péjoratif, le grand art d'un journalisme de bas niveau ?
- Et parler de Jean-Dominique Michel, comme d'"un fameux anthropologue" qui se plaît à "éructer sa vérité complotiste sur un terrain qu'il connaît bien mal" est tout simplement inacceptable.

M. Ansermoz, rédacteur-en-chef de ce média soit-disant de référence pour les Vaudois, procède par anathèmes. Il insulte, il diffame. Il n'argumente pas. C'est tout à fait honteux. Le canton de Vaud mérite un journalisme de meilleure qualité.Et non, le 24heures n'est pas spécialement factuel. Il n'investigue pas beaucoup de sujets importants. Ses "mensonges par omission" sont dès lors légions. Son refus de s'intéresser à des choses essentielles est inacceptable et indique un journalisme paresseux, si ce n'est complice. Le 24heures n'est pas intéressé à certains faits, car il y en a à traiter que ce média ne traite pas, volontairement, semble-t-il.

On m'a souvent charitablement rappelé que je n'étais pas virologiste, précision qui est assurément exacte mais n'était pas vraiment nécessaire dans la mesure où je le rappelle moi-même abondamment. On m'a aussi affirmé que je n'étais pas non plus anthropologue de la santé, alors que c'est mon métier depuis 25 ans. Ni épidémiologue, tant qu’à faire, alors que je suis un des meilleurs spécialistes des déterminants de la santé dans le domaine des maladies non-transmissibles. Enfin, un anthropologue lausannois a cru bon de dénigrer mon "orthodoxie" disciplinaire, là où j'ai choisi depuis toujours d'éviter les élucubrations intellectuelles théoriques et absconses dans lesquelles tant d'anthropologues dont l'horizon se restreint aux couloirs des bâtiments universitaires se confinent sans grand bénéfice pour qui que ce soit.

« On vit une époque formidable ! »

Reiser l'avait dit avant de passer l'arme à gauche… Encore que, à y regarder de près : pas tant que ça !

Depuis donc que j'ai pris mon courage à deux mains devant les constellations de demi-vérité et de délire bureaucratique des autorités et le silence pleutre de mes collègues, j'ai évidemment reçu bien des attaques.

Jamais bien sûr sur le fond (quiconque a le courage de s'y aventurer est le bienvenu !) mais à travers ces bassesses comme celle de M. Ansermoz. Le canton de Vaud avait pourtant fait croire à une évolution fulgurante depuis ces années (je le sais, j'y étais) où il s'évertuait à ressembler à une sorte de bailliage, paysan et bourgeois, de l'ex-Allemagne de l'Est, étouffant tout débat, toute créativité, toute pétillance.

Ansermoz nous ramène à cette époque de vive médiocrité. Seule l'insulte a changé : on traitait alors de "gauchiste" ou de "contestataire" quiconque osait penser hors de la ligne du très lourdingue Parti radical. Désormais, l'anathème est donc "complotiste" mais la vivacité ou l'intelligence de la pensée aussi désespérément éteinte. Et le journal des notables choucroutant paraît, dans un come-back éblouissant des spectres du passé, à nouveau aussi fidèlement soumis à la voix de son maître.

A côté donc de ces nuisances qui impressionneraient peut-être (et encore) un trentenaire, j'ai eu le privilège et la joie sincère de recevoir depuis deux mois une avalanche de messages pleins de vie, de bon sens et de cœur. De la part de gens qui me remerciaient d'oser dire une parole autre que les discours creux énoncés en boucle (dans un registre désormais chinois) par nos braves autorités et les médias serviles qui s'empressent de ne les contredire sous aucun prétexte.

Leur principal remerciement en particulier m'a touché : « merci, disaient en substance la plupart des gens, d'avoir mis des mots sur ce que je savais intuitivement et que je n’arrivais pas à me représenter clairement, ou que je pensais sans avoir les mots pour le dire. » C'est là en effet que j'ai pu parler de perversité : lorsqu'on conduit des personnes qui pensent juste à imaginer qu’elles ont tort, on est de facto dans une forme d'abus particulièrement pernicieux. Je l'ai dit et je persiste.

Dans ce flux bienfaisant de pensées qui reprenaient des couleurs, me parvenaient aussi souvent des voix professionnelles et expertes. Nombreuses étaient celles d'hommes et de femmes médecins, consterné(e)s par la dictature sanitaire qui les privait soudainement du sens et de la dignité de leur métier, leur interdisant (rien que ça) de respecter le serment qu'ils avaient prêté de chercher avec leurs patients le meilleur traitement disponible.

Ils me disaient leur déception, leur désarroi mais aussi leur peur, qui les poussait à se taire comme l’ensemble de leurs collègues. Ce qui pose une sacrée question démocratique : est-il normal, dans notre verdoyant et auto-satisfait pays, que les médecins privés (avec la violence institutionnelle que cela suppose) de leur droit de soigner et indignés à juste titre aient peur au point de s’empêcher de parler ? Mais peur de qui ou de quoi ?!

Est-il acceptable que dans une démocratie digne de ce nom, des professionnels aussi qualifiés que les médecins soient terrifiés à la perspective d’exprimer ce qu’ils ont à dire ? Peut-être ont-ils peur de se faire traiter de complotiste par Claude Ansermoz ?

Sommités

En-dehors de ces messages de médecins, il m’arriva parfois encore de recevoir le message d’une sommité dans son domaine. Quelques professeurs de renommée internationale en infectiologie, microbiologie ou épidémiologie m’écrivirent. Qui me disaient aussi leur plaisir à lire mes billets, leur amusement de me voir décrire sans ménagement (mais sans injustice ni excès) les innombrables scories, méthodologiques et éthiques, du domaine de la « science » médicale. Certains me dirent que mes écrits circulaient entre collègues, qui attendaient presqu’impatiemment mes prochaines livraisons.

Et puis, une nuit (c’est plus qu’une image puisque j’écrivais la nuit tout long de ces semaines), je vis arriver le message suivant d’un très éminent virologue, se référant à mon article « Covid-19 : fin de partie ?! »

Bonsoir En tant que virologue ayant consacré 50 ans de ma vie à étudier les VIRUS, j'adhère à 98% à votre analyse.Inutile d'étaler mon cv vous pouvez regarder sur Google ou ncbi pubmed (h index de 70) ; j’ai créé en partant de zéro le département de virologie humaine à Lyon Gerland, donné des cours et conférences aux USA,Canada, France, Chili, Argentine, Espagne, etc. et collaboré et publié avec trois prix Nobel.Je n'en fais pas gloire mais ce fut intéressant. Oui on est tombés sur la tête, et on a oublié que tout est vanité car les médias, les politiques et lesdits experts vous matraquent avec des idées et des chiffres particulièrement anxiogènes, chaque jour qui passe.Par exemple, les tests RT PCR on les a utilisés des 1997 au labo et ils sont d'une grande simplicité et fiabilité. Alors pourquoi venir nous dire qu’ils sont compliqués et chers (cf interview des hautes autorités de l'état français) ; certains journalistes disent qu’ils sont peu fiables alors qu’ils sont utilisés depuis 15 années pour mesurer la charge virale chez les personnes HIV+. A ce titre l’Allemagne et la Corée les utilisent à grande échelle or pas la France.Pourquoi tous ces mensonges et non-sens qui sont générateurs de chaos ? Car détruire est facile, alors que reconstruire est de fait synonyme de patience et longueur de temps font mieux...Les bras m’en tombent car on approche du phénomène de glissement qui donne un pronostic fort négatif. Bon courage pour la suite »Pr Jean-Luc Darlix Je dois confesser ne pas lui avoir répondu. J’étais alors en pleine expérience du Covid, je rédigeais mes articles avec un rythme de locomotive à vapeur endiablée tirant la langue à chaque virage et recevais environ 200 mails par jour (ce qui a doublé depuis)…

Ne pas répondre m’a toujours embêté, pour des raisons de prévenance et de courtoisie. J’ai lu diligemment chaque message reçu, toujours avec un rayon de soleil de reconnaissance et de gratitude pour celles et ceux qui avaient pris la peine de m’écrire. Je me souviens avoir été conforté, avec aussi une forte impression : un immense virologiste me disait être en accord avec mes analyses, dans un domaine où je ne disposais d’aucune compétence autre que celle d’un anthropologue médical aguerri.

Anthropo ma non troppo ?!

Bien peu de personnes je gage sauraient dire ce qu’est cette profession. Croyant peut-être me disqualifier, un haut responsable d’un parti genevois de droite (c’est dans ce secteur de l’échiquier politique qu’on est en général le plus ignorant des réalités sanitaires, peut-être s’agit-il d’un privilège de nanti…) me lança sur un réseau social que j’étais « un penseur mais pas un scientifique ». Je lui demandai ce qu’il entendait par là et il me rétorqua que la science n’était pas son domaine (en effet) et qu’il avait demandé à un virologue qui lui avait dit que je n’étais pas un scientifique. J’ai donc confirmé à ce monsieur que je n’étais pas virologue…

Il y a tant de caricatures… et de projections. Si par scientifique on entend un monsieur (ou même exceptionnellement une femme) en blouse blanche, une éprouvette à la main, alors oui, cette définition ne me correspond pas. Tout comme si pour un professeur d’anthropologie n’ayant plus vu depuis longtemps la lumière du jour, seule sa propre et un peu triste situation définit un anthropologue, je dois convenir que je n’en réponds pas.

Mais on est là dans des définitions par l’absurde. On m’a dit que je n’avais pas publié dans des revues d’anthropologie, ce qui est à peu près vrai (pas tout-à-fait.. pour ceux qui passent des journées à fouiller mon passé, voilà un premier indice ;-) J’ai fait partie pendant onze ans du comité de rédaction d’une importante revue dans le domaine de la santé, rédigé des articles, donné des conférences devant des dizaines d’organisations prestigieuses ainsi que lors de congrès scientifiques nationaux et internationaux, présidé pendant quinze ans la Fondation pour le musée d’ethnographie de Genève, enseigné l’anthropologie de la santé dans des universités et hautes écoles !

Cet art du procès en légitimité est une nouveauté qui m’intéresse bien plus qu’elle me navre. Dans ses emportements sur les réseaux sociaux, le Pr Morel lança plusieurs fois rageusement : « vous n’êtes pas virologue ! Vous n’avez aucune légitimité ! » et voici qu’un des plus prestigieux virologues au monde me lançait au fond de ma nuit qu’il était à 98% d’accord avec mon analyse… Cherchez l’erreur ?

Un anthropologue médical donc est quelqu’un qui n’est pas médecin et qui ne fait pas forcément de recherche scientifique. Son métier est d’étudier et d’analyser la recherche et les pratiques. Pour les non-initiés, la production de recherches médicales est une grosse usine à gaz avec un bon trois quarts des recherches publiées qui ne veulent plus dire grand chose tant elles sont percluses de biais ou de falsifications. Cela fait quinze ans que tout le monde le sait dans notre domaine. Des efforts méritoires sont faits notamment du côté d’Oxford pour assainir les choses, mais sans résultats probants : c’est en fait la méthodologie elle-même qui pose de sacrés problèmes.

Les médecins et chercheurs sont mal formés en épistémologie, en méthodologie et en philosophie des sciences et donc il y manque les connaissances et la réflexivité nécessaires à produire moins et mieux. Comment s’y retrouver dans cette masse de production ? C’est drôlement compliqué -et c’est justement, avec la santé publique, mon métier.

Un producteur de téléfilms (si) m’interpela sévèrement après mon premier entretien vidéo avec Michel Herren et Guillaume Laurent de Phusis et Athle : « je vais fact-checker vos affirmations car vous n’êtes pas un scientifique ! » menaça-t-il dans une envolée bien plus digne de facebook (où l’échange se passait en effet) que de Racine.

Je confesse avoir une certaine gourmandise dans ce genre de situations, héritée des années où je dus faire face à des attaques quant à mes recherches portant sur les guérisseurs. De petits malins rationalistes se faisaient une joie de m’interpeller pour condamner ce sujet de recherches selon eux indigne – et m’accuser (what else ?!) de complicité avec eux. Dès lors que les notions de placebo (du côté médical) et d’efficacité symbolique (du côté anthropologique) ont été mises en lumière, cela habilite à chercher à comprendre le modus operandi de toutes les pratiques de soins, qu’il s’agisse de massage des doigts de pieds, de chant chamanique ou même de bio-médecine (je plaisante !)

Toujours sans méchanceté j’espère, je pouvais avec la facilité et l’agilité d’un samouraï ayant consacré sa vie à l’aïkido mettre sur le toit mes contradicteurs : leur hostilité ne trouvait aucune prise logique face à l’ouverture d’esprit distanciée de l’anthropologue. S’intéresser à une pratique ne veut pas dire y adhérer ou l’épouser. Investiguer de manière scientifique des pratiques de soins non-scientifiques n’est une contradiction que pour les sots.

Je challengeai donc mon producteur-contradicteur en m’enquérant de sa définition de la science, ce qui m’intéressait en tant qu’épistémologue. « Je n’ai pas à en avoir, me répondit-il, celle de Wikipédia me suffit ! Mais je vais fact-checker tout ce que vous avez dit ! »

Le pauvre, 70 à 80% de ce qui est publié tient mal ou pas la route. Et il faut connaître à fond ce domaine pour pouvoir repérer ces biais et ces failles, compétence qui ne se construit pas en moins de dix à vingt ans, et voici que ce jeune homme venait rouler les mécaniques pour m’intimider sur les réseaux sociaux. Après qu’il m’ait traité de « dysfonctionnel » (toujours l’injure jaillit quand de telles personnes sont à court d’arguments, ce qui se produit très vite), je le bloquai de ma page -politique que j’adopte systématiquement face à l’injure ou à l’attaque personnelle. Et oui, on vit vraiment une époque formidable !

Les grands et les petits

Après bien d’autres critiques en illégitimité (jamais étayées sur rien de sérieux) dont celles lassantes du Pr Morel, je reçus le 8 mai ce nouveau message du Pr Darlix :

Cher Monsieur,
Les propos tenus lors de votre interview sont dits avec justesse, maniant les termes scientifiques avec clarté comme tout scientifique, particulièrement les virologistes (dont je suis, voir plus loin) devrait le faire, tact, sourires, un peu jaunes de temps en temps (même si je manie l’ironie froide un peu comme un citoyen Suisse que je suis.) Et indiscutables, n’en déplaise aux médias français que j’ai contactés pour savoir raison garder à propos de cette épidémie (ce n’est pas une pandémie stricto sensu) à de nombreuses reprises (TF1, TV5, ARTE, le Figaro, le Monde, Mediapart, etc.)Or un seul m’a répondu poliment que c’était hors sujet (le Monde).
Mon CV ou parcours, 50 ans de virologie, travaux sur les bactériophages, les virus associés à des cancers, rétrovirus dont le virus du SIDA, virus de l’hépatite, virus émergeants Hanta Virus, Sin Nombre virus) ; collaboré avec des prix Nobel comme J Dubochet (Suisse de Lausanne), David Baltimore (USA) et Françoise Barré-Sinoussi (France).
300 publications, des prix, mais là n’est pas l’important ; en effet l’important c’est de relativiser, et il est inconscient de comparer cette épidémie à celle de fin 1918-1920, à celle de HONG KONG, sans omettre celle à Coronavirus porcin qui a touché les porcs dont il a fallu abattre 300 Millions d’entre eux (oui 300 millions).
En fin de compte comme je l’ai dit sur Facebook, le virus dit COVID-19 n’est que la conséquence de nos agissements, et non la cause. Je lui répondis alors

Cher Monsieur,Je vous remercie pour vos messages chaleureux et suis à vrai dire impressionné qu'un aussi éminent virologiste non seulement se donne la peine de m'exprimer son soutien mais encore de confirmer mes intuitions (ou plutôt mes humbles déductions).C'est un motif étrange : l'épidémiologie infectieuse n'est pas mon domaine d'expertise et pourtant depuis le début, j'entends de telles incohérences dans le discours dominant que je me suis dû de rassembler mon courage pour exprimer une opinion dissonante... que je puise auprès des meilleurs spécialistes de ce domaine.Une virologue à la retraite m'a pareillement fait part de son étonnement de trouver des informations " virologiquement sensées " sous ma plume, là où les virologues invités sur les plateaux disaient à ses yeux tant d'âneries. Je lui demandai au passage s'il accepterait que je cite ses messages, anonymement ou nominalement. Ce à quoi il répondit :

Bonsoir cher JD,Vous n'êtes pas virologiste, mais vous êtes un homme sensé.Oui j'ai eu des prix, j'ai collaboré avec des prix Nobel, et même un temps été examinateur pour le comité Nobel.J'ai été conseiller dans divers gouvernements de Alain Juppé à F Fillon JL Borloo, puis Manuel Valls. Là j'ai signé des engagements écrits de réserve, or certains débats étaient rudes voir très durs.Pour votre article Blog, c'est avec plaisir que je vous donne mon accord (pour reproduire mes messages) y compris de citer mon nom.Jean Luc Darlix, septante six ans, car je sens que vous êtes sincère, cette sincérité dont la fille est la confiance ; cette sincérité dont le gouvernement français semble ignorer la signification du mot.Continuez et je vous soutiens par la plume, et si possible le verbe

Je vous l’ai dit, il y a une telle magie dans tant de messages que je reçois, ceux de personnes de tous horizons, réunis dans la détermination à garder raison et penser avec un sens critique et humanité face au déversement de propagande qui nous est adressé. La générosité, la simplicité et le courage du Pr Darlix me sont allés droit au cœur. Comme un encouragement aussi à poursuivre ce combat pour la vérité des choses.

Comment tolérer que ces immenses voix comme la sienne soient bloquées et tues à l’arrière-plan des âneries proférées à longueur de 24h par des médias aux bottes d’un discours qui, depuis le début, a montré des signes d’incohérence qui n’ont fait que s’aggraver au long des mois pour ne plus être (en France plus qu’en Suisse, mais chez nous aussi) que des hypothèses absurdes balancées comme des certitudes alors qu’elle ne reposent sur aucune science.

Je me suis évidemment intéressé au profil du Pr Darlix. J’y ai trouvé (cela vous étonnera-t-il ?) tout ce que je sais et aime des grands scientifiques : ce sont toujours des hommes ou des femmes incroyablement ouverts d’esprit, curieux de tout, aptes au dialogue, cultivés en diable, invraisemblablement excellents dans leur domaine, intéressés au point de vue de l’autre, humbles, sachant penser hors des boîte et des rétrécissements de la pensée, aventureux et créatifs… et profondément généreux. L’étoffe des héros.

Et tout le contraire hélas des chefaillons, des imbus de leur propre importance, des médiocres et des petites stars bureaucratiques.

En plus d’être une sommité mondiale de la virologie (il collabore encore avec le ministère américain de la santé et à la revue de biologie et de médecine en ligne PLOS One (www.plos.org), Jean-Luc Darlix a rédigé en 2018 un roman, Le virus sorcier, racontant l’arrivée d’un virus d’Extrême-Orient causant des troubles respiratoires analogues à ceux provoqués par l’actuel coronavirus chinois.

Souvent, les grands scientifiques sont aussi des grands créatifs et c’est bien normal : les neurosciences ont documenté comment l’intelligence (les intelligences) sont toujours le fruit d’une coopération optimale entre le ce qu’on appelle le réseau exécutif (la pensée rationnelle et analytique, verbale) et le réseau du mode par défaut (la rêverie éveillée, l’intuition, le flou artistique, l’intelligence non-verbale).

Ces réseaux sont chez la plupart des gens alternatifs (si je me concentre je ne suis pas en état de rêverie et si je suis dans les pensées qui passent du coq à l’âne, je ne suis pas pleinement concentré.) Hormis chez les personnes très douées, pour qui ces deux modes de pensée peuvent s’activer simultanément.

C’est alors que surgissent les grandes intuitions qui éclairent les scientifiques, les artistes et les amants : cette intelligence non-séquentielle et non-verbale est en travail dans le silence, bien en-dessous de nos cogitations, puis fait parfois jaillir ses éclairages que l'intelligence rationnelle et verbale se charge ensuite de formuler pour que nous puissions nous l'expliquer à nous-mêmes et les partager avec les autres.

Jean-Luc Darlix est un de ces esprits encyclopédiques, aussi agile dans l’intelligence rationnelle que dans la créativité ou l’effort sportif. Il a reçu le premier Retrovirology Lifetime Achievement Award et fut qualifié par ses pairs, au soir de son exceptionnelle carrière scientifique de « Scientifique de la renaissance ».

Comme la piteuse gabegie environnante nous le montre avec tant d’insistance, nous avons urgemment besoin d’un nouvel humanisme et d’une nouvelle renaissance. En attendant, je vais me plonger dans le Virus sorcier du Pr Darlix en attendant de discuter avec lui de cette extraordinaire symbiose entre virus et êtres humains étant donné (comme c’est le cas avec les bactéries) que nous ne pourrions simplement pas vivre sans eux.

« Des virus et des hommes, regards croisés entre un virologiste et un anthropologue » cela ferait sans doute un sacré bon bouquin…