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ChroniqueCovid: aujourd’hui on sait et l’erreur est pendable

Le chaos politico-administratif ambiant laisse penser que nous nous trouvons dans une situation inextricable. Toutes les opinions semblent se valoir et toutes les contre-vérités sont bonnes à éructer. Et tant pis pour les faits. Or, les faits, justement, à la lumière de dix mois de crise extrêmement instructifs, indiquent une marche à suivre qui devrait nous permettre de dépasser cette crise. La marge de manœuvre est étroite, la feuille de route pour limiter la casse encore imparfaite, mais les jalons sont posés. Pendant les premiers mois, les mesures prises, ou pas prises, par les autorités relevaient du coup de poker. On ne savait pas ou si peu. Ce qui excusait, en partie, les errances de nos gouvernements. Aujourd’hui, on sait. Et l’erreur est devenue pendable.

On sait que si on ne réduit pas drastiquement les contacts, le taux d’infection toujours élevé ne diminuera pas. Alain Berset, cette fois suivi par le Conseil fédéral, a eu raison d’imposer un nouveau confinement partiel. Personne ne pardonnerait une valse-hésitation sur le modèle de l’automne dernier, qui a ouvert les portes à la deuxième vague. Le risque porté par le variant britannique, 40 à 70 pour cent plus infectieux, est aujourd’hui évident. La Grande-Bretagne en constitue la preuve mortelle. Il fallait anticiper et avec force. Dont acte.

«On sait que si on ne réduit pas drastiquement les contacts, le taux d’infection toujours élevé ne diminuera pas»

On sait, statistiques à l’appui, et en contradiction avec une première évaluation faite cet été, que la surmortalité en Suisse due au Covid-19 est de 11%, et de 24% à Genève. Du jamais-vu depuis la grippe espagnole de 1918. Les victimes ont dans l’immense majorité plus de 65 ans, mais elles ne sont pas «juste» en fin de vie, comme l’affirment ceux qui parlent d’un «ordre naturel des choses». Ce mépris des «vieux», variable négligeable de la pandémie, est obscène. Même à 70 ans, un «vieux» n’est pas censé renoncer à quinze ans de vie supplémentaire pour que les magasins puissent rester ouverts. Quant aux négationnistes du Covid-19, on leur suggère un tour aux soins intensifs, juste pour voir et se faire soigner.

On sait aussi que la Suisse a les moyens de sauver les entreprises. On le savait déjà avant en réalité, mais il a fallu du temps pour que les tenants appliqués sinon doctrinaires du libéralisme ne commencent par l’admettre. Oui, la Suisse a les finances les plus saines d’Europe et les caisses les mieux garnies. Or, proportionnellement à son PIB, elle a jusqu’ici moins déboursé en aide que tous ses voisins sauf l’Espagne. Tout cela sans compter le trésor de 200 milliards de la BNS. À en croire les rigoristes, il ne faut pas entamer ce capital sous peine de se retrouver privés de ressources en cas de coup dur. Mais le coup dur, n’est-ce pas maintenant? Mercredi, le Conseil fédéral a fini par ouvrir les vannes. 100’000 au lieu de 50’000 entreprises pourront bénéficier d’une aide plus généreuse. Mais pour l’instant, il n’a pas libéré un sou de plus, laissant le soin du financement aux cantons. Ce qui étrangle ces derniers et fait s’étrangler la conseillère d’État genevoise chargée des Finances, qui, à raison, traite Berne de Picsou. Le parlement devra rectifier le tir en mars.

On sait enfin que la maladie a un antidote. Le vaccin est là. D’ici à l’été, selon Alain Berset, la population suisse sera immunisée, avec la perspective d’un retour progressif à la normale.

La preuve est aujourd’hui faite que la Suisse peut sauver ses seniors, ses entreprises et sortir de la crise. Reste à convaincre le peuple d’avaler l’indigeste potion et à tenir la distance.

14 commentaires
    Jean Seigne

    Monsieur Ruetschi doit être particulièrement concerné par la question de l'âge pour cumuler autant d'approximations et d'erreurs dans un seul commentaire :

    "On sait que si on ne réduit pas drastiquement les contacts, le taux d’infection toujours élevé ne diminuera pas." Pourtant toutes les mesures prises depuis maintenant une année ont créé ube désolation incroyable, mais elles n'ont pas freiné (et encore moins stoppé ( la maladie qui a évolué en totale indépendance.

    Le taux de transmissibilité de la nouvelle variante est d'au maximum 50% selon les chercheurs qui l'ont découverte et l'étudient.

    La surmortalité genevoise est de 15.5 iu 16% (selon les hypothèses chronologiques retenues) et pas de 24%.

    Cela reste beaucoup, mais tout de même bien moins grave.

    Donc ce monsieur ferait mieux de profiter de sa retraite au lieu de contribuer à répandre la peur qui ne résout rien et augmente l'agressivité.