À la Coupe du monde, le berger iranien se mesure au milliardaire portugais

FootballSi leur destin est exceptionnel, tout oppose Alireza Beiranvand à Cristiano Ronaldo, qui s’affrontent ce lundi lors d’Iran-Portugal

Depuis le début du tournoi, en deux matches, Ali Beiranvand n’a encaissé qu’un but. Cristiano Ronaldo est prévenu.

Depuis le début du tournoi, en deux matches, Ali Beiranvand n’a encaissé qu’un but. Cristiano Ronaldo est prévenu. Image: REUTERS

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Alireza Beiranvand en a trop bavé pour être impressionné. Pourtant, il aurait de quoi quand cet après-midi, il va serrer la main de Cristiano Ronaldo, à Saransk, dans un match décisif du groupe B entre l’Iran et le Portugal. Ali, le gardien, contre Cristiano, le buteur, duel aussi improbable que décisif. Le genre de rencontre que seule la malice du football peut concocter, extrême dans la destinée et la culture.

Les deux hommes ont un point commun: ils ont quitté leurs familles très jeunes pour le football. Mais si Cristiano Ronaldo a rejoint à 12 ans le centre de formation du Sporting de Lisbonne, porte d’entrée vers une carrière lumineuse, Ali Beiranvand a, lui, filé en douce. Né dans une famille nomade du Lorestan (dans l’ouest du pays), le présent d’Ali est de dénicher des prairies verdoyantes pour son troupeau de moutons. Dans son temps libre, il joue au dal paran, un jeu du coin qui consiste à lancer des pierres le plus loin possible. Des gestes qui, sans le savoir, vont l’aider plus tard à la relance. Le foot, c’est quand il peut. Il rêve d’en faire sa profession, mais son père y est farouchement opposé, allant jusqu’à lui découper ses gants et son équipement pour l’empêcher de jouer. Peine perdue, car Ali se présentait mains nues sur le terrain, comme il l’a expliqué au «Guardian».

À l’essai «gratuitement»

À 15 ans, Ali décide de provoquer le destin et s’enfuit, direction Téhéran, dans l’espoir d’y trouver une équipe. Le hasard l’amènera à croiser un entraîneur de jeunes du club de Vahdat. Mais il a deux problèmes. Le premier est que le coach lui demande de l’argent. Le second est qu’il n’a nulle part où dormir ni de quoi manger. Finalement, le coach le prendra en essai «gratuitement». Quant aux nuits, il en passera plusieurs au pied de la tour Azadi, ce mémorial des rois qui accueillent les migrants sans ressources. Une fois, il dormira même devant le portail du club où il est à l’essai, découvrant au petit matin les pièces que les passants lui avaient lancées. Une situation qui le poussera à trouver du travail. Il atterrira dans une pizzeria où il jouera les livreurs et pourra dormir. Plus tard, l’adversaire de Cristiano Ronaldo officiera aussi comme balayeur de rue ou nettoyeur de voitures. Un job où sa grande taille (1,94 m) fait merveille et le transforme en spécialiste de 4x4.

Toutefois, son destin est sur les terrains. Ali ne passe pas inaperçu et change très vite de club. Comme Cristiano Ronaldo au même âge. Pour Ali, ce sera le Naft Tehran. Le Portugais, lui, fait déjà les gros titres de la presse en passant du Sporting à Manchester United.

À 18 ans, Ali Beiranvand joue ses premiers matches seniors. Puis viendront les sélections nationales jusqu’à devenir titulaire indiscutable de l’équipe A en 2015. En 2016, il est transféré à Persepolis, club avec lequel il aligne les titres dans son pays. Son espoir: jouer à l’étranger et, dans l’idéal, en Angleterre.

Un seul but encaissé

Qui pourrait l’empêcher d’y croire? Personne, pas même Cristiano Ronaldo qu’il va tenter d’empêcher de marquer son cinquième but personnel aujourd’hui à Saransk. Et pourquoi pas, en cas de victoires iranienne et espagnole, de le priver de huitièmes de finale. Rien d’impossible, car depuis le début du tournoi, en deux matches, Ali Beiranvand n’a encaissé qu’un but. C’était face une Espagne qu’il a failli écœurer. Un nouvel exploit lui ouvrirait, c’est sûr, les portes du monde. D’autant plus qu’Ali est plutôt photogénique et que cette Coupe du monde présente son meilleur profil. Un conte de fées, une belle gueule et du talent, le foot business en salive déjà. (TDG)

Créé: 24.06.2018, 22h23

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