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Cinéma Coup d’envoi de la Mostra de Venise, «un miracolo»

L’actrice australienne Cate Blanchett, présidente du jury, a inauguré la 77e édition édition du festival italien mercredi en marge d’une industrie bouleversée par le coronavirus.

L'actrice américaine Maya Thurman-Hawke, à gauche, et la réalisatrice américaine Gia Coppola sur le tapis rouge à Venise. (Samedi 5 septembre 2020)
L'actrice américaine Maya Thurman-Hawke, à gauche, et la réalisatrice américaine Gia Coppola sur le tapis rouge à Venise. (Samedi 5 septembre 2020)
AFP
Le réalisateur américain Abel Ferrara, sa femme Cristina Chiriac et leur fille Anna à Venise pour la 77e édition de la Mostra. (Samedi 5 septembre 2020)
Le réalisateur américain Abel Ferrara, sa femme Cristina Chiriac et leur fille Anna à Venise pour la 77e édition de la Mostra. (Samedi 5 septembre 2020)
AFP
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Fouler le tapis rouge malgré le Covid ? «Un miracolo», s’est émerveillée en V.O. Cate Blanchett, présidente du jury de la 77e Mostra de Venise qui devait débuter mercredi soir, appelant le cinéma laminé par la pandémie à se réinventer.

«Il faut être courageux»

«C’est un plaisir d’être ici. Ces six derniers mois, je parlais uniquement avec les cochons et les poulets... Je suis contente d’avoir enfin des discussions intéressantes avec des adultes !", a-t-elle plaisanté lors de la conférence de presse d’ouverture du festival, le premier à se tenir physiquement depuis que la pandémie a bouleversé la planète.

Pour ses premiers mots en tant que présidente du jury qui doit décerner dans dix jours le Lion d’Or du meilleur film, l’Australienne a voulu «applaudir la créativité et la force» de ceux qui ont dû «terminer leurs films dans des conditions difficiles», crise sanitaire oblige.

«J’ai des craintes, des peurs, mais il faut être courageux aujourd’hui !" a exhorté Cate Blanchett, appelant l’industrie du cinéma à faire son aggiornamento sur la place du streaming et des salles de cinéma.

«Ces six derniers mois, nous sortons d›une ‹monoculture du streaming' (vidéo par internet), et nous devons avoir une conversation très importante sur la façon dont on rouvre les cinémas», a-t-elle ajouté.

Pour ces grandes retrouvailles du cinéma mondial étaient présents notamment la présidente du jury, la star australienne Cate Blanchett, l’acteur américain Matt Dillon et la comédienne française Ludivine Sagnier. L’actrice britannique Tilda Swinton, qui a reçu un Lion d’Or pour l’ensemble de sa carrière, était également de la fête.

En salle

La veille, le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, avait eu ce cri du coeur dans un entretien avec l’AFP : «nous en avons assez de voir des films en streaming! L’expérience du film en salle nous manque. Et il est temps de redémarrer». Si le plus ancien des festivals de cinéma du monde prend bien son envol sur le Lido de Venise face à la mer, c’est avec des mesures sanitaires draconiennes.

Le tapis rouge a été bordé d’un haut mur gris, bouchant la vue des passants, pour éviter les attroupements. Tous les accès sont surveillés par caméra thermique. Ceux qui ont de la température n’entreront pas. En salle, un siège sur deux est condamné et le port du masque est obligatoire.

Signe de l’importance de l’évènement pour la planète cinéma, les directeurs des plus grands festivals européens ont rangé leur rivalité dans leur poche pour illustrer mercredi leur solidarité, lors d’une conférence de presse commune.

«Nous ne sommes pas encore dans le monde d’après» le Covid, a mis en garde Thierry Frémaux, le directeur du festival de Cannes contraint à l’annulation au printemps, tout en disant avoir «toute confiance en l’avenir». Et il en faudra: l’industrie cinématographique mondiale est en plein marasme après des mois de fermeture de salles ou d’arrêt de tournages autour de la planète.

18 films en compétition

C’est un film italien, «The Ties»/"Lacci", de Daniele Luchetti, qui devait ouvrir le bal. Présenté hors compétition, ce drame intimiste explore avec brio les fêlures d’une famille napolitaine sur trois décennies. Le jury, lui, se mettra au travail jeudi pour commencer à visionner les 18 films en compétition, dont 8 réalisés par des femmes, venant aussi bien d’Italie, d’Inde que de Pologne et d’Azerbaïdjan.

Aux côtés de Cate Blanchett siègent notamment l’acteur américain Matt Dillon, le réalisateur allemand Christian Petzold, ou encore la comédienne française Ludivine Sagnier, pour désigner le successeur de «Joker» de Todd Phillips, couronné l’an dernier avant de remporter cinq mois plus tard deux Oscars.

Des cinéastes confirmés sont de la compétition, comme l’Israélien Amos Gitaï avec «Laila in Haifa» ou le Japonais Kiyoshi Kurosawa ("Les amants sacrifiés").

La Cinémathèque suisse sera à l’honneur à travers la coproduction italo-suisse «Guerra e pace» des cinéastes italiens Martina Parenti et Massimo D’Anolfi. Le film a été tourné dans quatre endroits, dont les locaux de l’institution à Penthaz (VD).

ATS/NXP