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Respectons les consignes pour éviter un confinement total

Responsable de la prévention et du contrôle de l’infection aux HUG, le professeur Didier Pittet nous explique pourquoi le respect des consignes de confinement est important.

Pour éviter le confinement total, il faut respecter les consignes.
Pour éviter le confinement total, il faut respecter les consignes.
Steeve Iuncker-Gomez

Responsable de la prévention et du contrôle de l’infection aux HUG, le professeur Didier Pittet martèle le bien-fondé des mesures de semi-confinement. S’il est encore trop tôt pour en distinguer les effets, il lance un avertissement: ne pas les respecter pourrait conduire à un confinement total.

Aux yeux de plusieurs spécialistes, la Suisse a tardé à réagir. Le 28 février, le Conseil fédéral interdisait les manifestations de plus de mille personnes; le 6 mars, il mettait la protection des personnes vulnérables au centre de son dispositif, mais il a fallu attendre le 16 mars pour que Berne déclare la situation «extraordinaire», ferme les lieux publics non essentiels et recommande à la population de rester à la maison.

«Avant le 16, le citoyen suisse n’a pas saisi qu’il fallait éviter les contacts physiques et faire très attention à l’hygiène des mains. On a vu la jeunesse et les personnes âgées continuer à se rassembler, se promener et faire leurs courses aux heures d’affluence. Cela a augmenté les transmissions et le nombre de cas.» Il relève que le 16 mars, «l’Hôpital était déjà entré en zone rouge. Or, pour casser la courbe épidémique, chaque jour qui passe sans mesures fortes est un jour perdu.»

Dans combien de temps l’effet du semi-confinement se déploiera-t-il? «S’il est respecté, d’une à deux semaines. Cela peut être beaucoup plus ou demeurer inefficace si les mesures ne sont pas strictement suivies», avertit le spécialiste. À l’inverse, le confinement radical a fait ses preuves. «On l’a vu en Chine: en limitant au maximum les déplacements, on stoppe les transmissions.»

Un confinement total changerait notre vie. Plus de possibilité de sortir sauf pour se rendre à la pharmacie, chez le médecin, à la poste ou pour faire ses courses. «On ne va pas enfermer les gens chez eux comme en Chine, cela serait dur à vivre. Vous aurez une heure assignée par jour pour aller au supermarché. Seuls seraient autorisés à se déplacer pour travailler les politiques, le personnel de santé, la police, les pompiers, l’armée et les professionnels des médias.» Il ajoute à cette liste les personnes essentielles dans les banques ou l’industrie. «Firmenich va produire des solutions hydroalcooliques, ces gens-là sont évidemment nécessaires sur leur lieu de travail.»

Didier Pittet parle sans détour: «Ce confinement, personne n’en veut pour lui-même au fond – les spécialistes le réclament pour le bien commun – mais le manque de respect des consignes pourrait nous y contraindre.» Il ajoute: «Le virus peut concerner les jeunes générations. On a vu ailleurs des personnes de 35 et 50 ans mourir de pneumonie foudroyante. Cela commence en Suisse.»

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