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Deuxième révolte de détenus à Champ-Dollon

Samedi, une vingtaine de prisonniers ont refusé de réintégrer leurs cellules, avant d'être mis au cachot.

La vingtaine de prisonniers de la prison de Champ-Dollon réclamaient avant tout d'être seuls en cellule.
La vingtaine de prisonniers de la prison de Champ-Dollon réclamaient avant tout d'être seuls en cellule.
Steeve Iuncker-Gomez (Archives)

Deux fois ce week-end, vendredi puis samedi, des détenus de la prison genevoise de Champ-Dollon ont refusé de réintégrer leur cellule à l’issue de leur promenade quotidienne dans la cour.

Samedi, le mouvement de protestation a commencé à 15h15 et s’est achevé à 20h45. Les détenus réclamaient avant tout d’être seuls en cellule. Ils ont notamment évoqué leur peur du coronavirus pour appuyer leur demande.

La veille au soir, la police n’avait pas eu besoin d’intervenir pour les faire rentrer. Mais samedi, ce fut différent. L’ensemble des prisonniers concernés (pas les mêmes que vendredi) ont été placés en cellule forte, «sans usage de la force ni blessés», a précisé Laurent Forestier, le porte-parole de l’Office cantonal de la détention, à nos confrères de «20 minutes». Et ce pour une durée de dix jours.

Dix jours de cachot

Ironie de l’histoire, la majorité aura précisément une cellule individuelle, mais dépourvue de lumière du jour, avec pour tout équipement un sommier, un matelas et des sanitaires. Ils sont privés de visites, de télévision ou encore d’ateliers (ndlr: certains sont actuellement fermés par précaution contre le Covid-19). Les repas et les éventuels soins médicaux sont évidemment maintenus. L’heure de promenade quotidienne doit se faire à tour de rôle et dans une cour isolée du reste des détenus.

Pourquoi une sanction le samedi et pas le vendredi? «Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser s’installer une telle routine dans l’établissement. C’est exclu. Il fallait faire acte d’autorité, explique le porte-parole. D’autre part, en ces temps d’épidémie, ces promenades prolongées mettent en danger l’ensemble de la prison, car en de telles circonstances, il est impossible de faire respecter les distances sanitaires.»

«Merci à la direction»

Vendredi, les 43 prisonniers (soit 8% des pensionnaires) qui avaient refusé de réintégrer leurs cellules avaient fini par obtempérer vers 22h20. Ils réclamaient des libérations anticipées (faisant écho aux approches adoptées dans certains pays), ainsi que la possibilité de pratiquer des sports de balle. Dimanche, les promenades se sont déroulées sans incident.

Si des protestations se font entendre, la mère d’un prisonnier a, elle, déclaré à la «Tribune de Genève» sa reconnaissance envers les efforts de la direction et du personnel du centre pénitentiaire dans ce contexte d’épidémie. Bien qu’elle aussi souhaite des libérations anticipées, elle remercie la prison d’avoir adapté les parloirs, afin que les visites puissent être maintenues, contrairement à l’Italie ou à la France.

«Il n’y a plus que cinq tables au parloir commun (ndlr: contre neuf habituellement). Des vitres faisant environ 1mètre20 de haut ont été installées avec des téléphones et des désinfectants pour nettoyer les combinés, raconte-t-elle. En tant que visiteur, la température est testée à notre arrivée et des masques et du gel pour les mains sont distribués.»

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