Coproduction téléLa RTS s’associe à Netflix et tournera à Montreux
La série «Winter Palace» retraçant les débuts du tourisme alpin est une première collaboration entre la chaîne et la plateforme de streaming.

À la fin de l’été 1899, l’ambitieux hôtelier André Morel imagine, en pionnier, ouvrir son palace durant toute la saison d’hiver. Mais l’entreprise est risquée. Entre les conditions climatiques, le personnel un peu rustre et les exigences des clients, arrivera-t-il à la mener à bien? Réponse dans la série «Winter Palace», dont l’arrivée sur les écrans est prévue pour la fin 2024.
Cette fiction retrace, dans une histoire à rebondissements basée sur des faits réels, les débuts du tourisme alpin de luxe. Elle portera loin à la ronde, puisque, après être arrivée en primeur sur les écrans de la RTS, elle pourra bénéficier de la puissance de diffusion de Netflix. La série développée par la RTS, Point Prod et Oble Studios marque la première collaboration entre la chaîne et une plateforme de streaming. En l’occurrence le leader mondial du marché.
Tournage à Glion
La fiction écrite sous la direction de la scénariste anglaise Lindsay Shapero sera réalisée par Pierre Monnard, déjà aux commandes notamment de la série à suspense «Hors saison», portée par l’actrice française Marina Hands. Tandis que l’intrigue de «Hors saison» s’enracinait dans la station fictive des Cimes, dominée par les Dents-du-Midi, «Winter Palace» sera à nouveau filmé en Suisse romande. Plus précisément à l’Hôtel Righi Vaudois à Glion, au-dessus de Montreux, pour les décors.
Fermé depuis 25 ans, le palace rouvrira en 2025, après sa rénovation complète. Le tournage, prévu d’octobre 2023 à mars 2024, interviendra juste avant le début des travaux. Les scènes extérieures seront mises en boîte dans la vallée de Conches et au Simplon, l’histoire racontant aussi, avec ce tourisme hivernal naissant, les débuts des sports d’hiver. Dans la fiction cependant, les noms de lieux seront imaginaires. Le casting, lui, est en cours de réalisation.
Reconstitution historique
L’idée est depuis longtemps en développement à la RTS, qui devait trouver un partenaire d’envergure: «Sa particularité, c’est son ampleur. C’est une fiction historique, en costumes, avec une partie des acteurs qui viennent d’Angleterre, puisque les Anglais ont été les premiers touristes. Il y a tout un monde du début du XIXe siècle à recréer, un hôtel qui se transforme pour accueillir ses hôtes avec de plus en plus de confort, une vie de village, des scènes liées à l’escalade à tourner en haute montagne. Cela en fait un projet difficile à financer», développe Françoise Mayor, cheffe de l’Unité fiction et documentaires à la RTS. Sur le budget, elle reste discrète pour l’instant. Elle évoque en revanche «des apports réciproques très équilibrés», avec des fonds suisses qui restent toutefois majoritaires.
Un effet de la Lex Netflix? (ndlr: qui impose aux plateformes de streaming d’investir 4% de leurs revenus domestiques dans la production suisse). «Elle n’entrera en vigueur qu’en 2024. Il n’y a donc pas d’obligation, mais cela pose des jalons pour la suite. Et Netflix s’intéresse depuis un moment à ce projet», poursuit Françoise Mayor. Pour rappel, des créateurs suisses ont déjà participé à des programmes de fictions estampillés Netflix, comme la série «Transatlantique», réalisée par les Vaudoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, tandis que le Valaisan Frédéric Mermoud a tourné le segment français d’une autre série, «Criminal».
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