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ÉditorialContre le coronavirus, une impression d’amateurisme

Sur le papier, le plan semble limpide et bien réfléchi. Après la première vague de coronavirus qui a vu le Conseil fédéral gouverner le pays en activant le droit d’urgence, les Cantons ont repris une partie du gouvernail. Ensemble, les autorités suivent une stratégie: désormais, on prévient la propagation de la maladie et si elle apparaît, on teste, on trace, on isole les malades et on met en quarantaine leurs contacts. Chacun a ses responsabilités.

Ça, c’est sur le papier. Mais dans la pratique, la dernière quinzaine a montré les limites de l’exercice. Les Cantons - dont certains représentants, comme Mauro Poggia ou Natalie Rickli ont sévèrement critiqué le Conseil fédéral après la 1re vague - se sont montrés incapables de décider ensemble, par exemple, du port du masque dans les transports publics. Bientôt, d’un kilomètre à l’autre, il y aura des règles différentes pour sortir, pour acheter. C’est comme si des dizaines d’années de collaboration intercantonale n’avaient servi à rien, si ce n’est à noircir des prises de position et des rapports.

A lire: La quarantaine présente des grosses lacunes en Suisse

Le Conseil fédéral n’est pas non plus exempt de reproches dans cette séquence. Lorsqu’il soumet certains voyageurs à une quarantaine à leur retour, il se contente de décider sans se soucier de l’application de la mesure. À défaut de contrôle spécifique aux frontières, de cadre juridique clair par rapport à la quarantaine et de transmission des données des personnes concernées aux Cantons, cette mesure est vaine. La guerre d’ego entre autorités n’a pas sa place dans cette crise. La pandémie nous a forcés à nous habituer à beaucoup de choses: l’incertitude, le renoncement, le masque, la distance. Mais on peine à s’habituer à l’amateurisme qui se dégage de la période actuelle.

16 commentaires
    toyet

    Ouai en France des centaines de plaintes déposées en Suisse zéro puisque nous sommes la meilleures démocratie du monde, toutes mes pensées aux innombrable victimes de l'arborescence programmée de la civilisation européenne.