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Ski alpin«Content d’avoir ramené ce titre pour mon père»

Vainqueur du slalom géant aux championnats de Suisse, Marco Reymond a remporté son premier titre national en élite, six mois après la disparition de son père. Un sacre forcément particulier.

Dans les Grisons, Marco Reymond a remporté son premier titre national en élite.
Dans les Grisons, Marco Reymond a remporté son premier titre national en élite.
KEYSTONE

Marco Reymond l’a fait. Après de nombreuses tentatives infructueuses, le skieur de Blonay a remporté à 26 ans son premier titre national en élite. À Arosa (Grisons) jeudi, il s’est emparé de la médaille d’or sur le slalom géant. «C’était assez particulier car à cause des restrictions sanitaires, il n’y avait pas de temps à l’arrivée. Contrairement à d’habitude, je n’ai donc pas appris ma victoire immédiatement», raconte-t-il.

En tête à l’issue de la première manche, le Vaudois n’a pas flanché sur le second tracé. «Mon avance était très mince au départ de la deuxième manche, cela m’a fait relativiser. Je pouvais vite perdre ma première place. Mon état d’esprit était donc de skier le plus proprement possible, de me focaliser sur ce que j’avais à faire techniquement.»

Profiter du moment présent

Avant ce coup d’éclat, sa meilleure performance en championnat de Suisse datait du 23 mars 2019 et une cinquième place au slalom de Hoch-Ybrig. «Je voyais que j’étais proche des premiers mais je finissais toujours par être devancé», souffle-t-il.

Marco Reymond a franchi le cap et appartient désormais à la caste des champions. Et ce même si les meilleurs Suisses en Coupe du monde (Marco Odermaat, Gino Caviezel, Loïc Meillard et Justin Murisier) étaient absents à Arosa. «J’y pense un petit peu, c’est vrai, mais je me dis qu’il y avait du beau monde au départ (ndlr: notamment Daniel Sette, Krystof Kryzl et Cédric Noger, le tenant du titre). Il fallait quand même aller chercher la victoire», se défend-il.

Celle-ci se révèle être d’autant plus symbolique qu’elle intervient plus de six mois après le décès de son père Jacques, ex-chef des entraîneurs de Swiss-Ski. «J’ai eu une petite pensée pour lui à l’arrivée, j’étais émotif. Je suis content d’avoir ramené ce titre pour lui.» De son propre aveu, ce drame vécu a indirectement influé sur sa performance de jeudi: «Je me sens beaucoup plus serein que l’année passée. J’essaye de plus relativiser car on se rend compte que ça peut vite basculer. Il faut profiter du moment présent.»

«Je n’arriverai jamais au quart de ce que ma mère a réalisé, c’est inutile de vouloir l’imiter»

Marco Reymond

Paradoxalement, le premier titre national de Marco Reymond agit comme un hommage ultime à son père en même temps qu’il l’émancipe un peu plus de sa glorieuse filiation. Car avec des parents nommés Jacques Reymond et Erika Hess, sextuple championne du monde, Marco a souvent été ramené à sa condition de «fils de». «Quand j’étais jeune, j’avais plus de peine à me faire ma propre image, témoigne-t-il. Avec mes résultats des dernières années, on me considère davantage par mes qualités de skieur. Je n’arriverai jamais au quart de ce que ma mère a réalisé, c’est inutile de vouloir l’imiter. Je dois suivre ma propre voie.»

La sienne, justement, a pris un nouveau tournant dans les Grisons. Débarrassé de son plafond de verre sur le territoire national, le membre du cadre B de Swiss-Ski peut aborder la suite plus sereinement: «Comme toute victoire, celle-ci va m’apporter de la confiance qui pourrait me pousser à donner un peu plus lors des prochaines courses.»

Les yeux rivés sur la Coupe du monde

Dans les semaines à venir, il s’attèlera à décrocher un dossard en Coupe du monde, où il n’est apparu qu’à deux reprises (en décembre 2018 et janvier 2019). «Cela reste mon objectif principal: essayer de bien performer dans les échelons inférieurs afin de goûter à nouveau à la Coupe du monde et, surtout, bien y figurer.»

Pour Marco Reymond, le temps de la découverte est révolu.