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AffrontementsConflit azerbaïdjano-arménien, le bilan passe à 4 morts

Quatre militaires azerbaïdjanais ont été tués dans le conflit qui oppose Azerbaïdjan et l’Arménie depuis deux jours. Il n’y a pas de victimes arméniennes.

Le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dure depuis près de 30 ans.
Le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dure depuis près de 30 ans.
KEYSTONE

L’Azerbaïdjan et l’Arménie ont échangé lundi des tirs d’artillerie pour la seconde journée consécutive, portant le bilan côté azerbaïdjanais à quatre morts après ce regain de violences entre deux pays en conflit depuis des décennies.

Trois soldats azerbaïdjanais ont été tués dimanche et un quatrième lundi dans la région de Tavouch, à la frontière entre les deux ex-républiques soviétiques, selon le Ministère de la défense azerbaïdjanais, qui a revendiqué une riposte ayant détruit un avant-poste militaire arménien.

De son côté, le ministère arménien de la Défense a indiqué que Bakou avait repris lundi matin ses tirs d’obus sur des positions arméniennes, après de premiers affrontements par artillerie interposée dans la journée et la nuit précédente. Il n’a pas fait état de victimes de son côté.

Des provocations qui ne resteront pas sans réponse

Le ministère arménien des Affaires étrangères a ensuite indiqué dans l’après-midi lundi que les tirs côté azerbaïdjanais avaient «diminué», assurant «contrôler totalement» la situation.

Erevan et Bakou s’accusent mutuellement d’avoir déclenché ces hostilités.

«Les autorités politiques et militaires arméniennes portent toute la responsabilité de ces provocations», a jugé le président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

Le premier ministre arménien Nikol Pachinian a lui déclaré que «les provocations (adverses) ne resteront pas sans réponse», et son ministre de la Défense David Tonoïan a prévenu que ses forces étaient prêtes à prendre des positions en territoire ennemi si nécessaire.

Moscou réagit

La Russie, principale puissance de la région, a jugé «inacceptable toute nouvelle escalade qui menacerait la sécurité régionale» dans le Caucase et appelé les belligérants «à la retenue», a indiqué le Ministère des affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a eu deux conversations téléphoniques séparées avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais et exhorté à la désescalade militaire.

Une réunion de l’Organisation du traité de sécurité collective, un bloc dirigé par la Russie et auquel l’Arménie appartient, a discuté lundi de ce regain de violences. La présidence azerbaïdjanaise a accusé dimanche Erevan de vouloir «entraîner (cette) alliance politico-militaire dans le conflit».

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a exprimé lui son soutien à l’Azerbaïdjan, pays allié et turcophone.

«Ce que l’Arménie a fait est inacceptable», a-t-il dénoncé, assurant que «l’Azerbaïdjan n’était pas seul» avec la Turquie à ses côtés.

Erevan a réagi en dénonçant l'»attitude provocatrice» d’Ankara, l’accusant de saper la «sécurité et la stabilité de la région".

L'Union européenne a appelé dans un communiqué Bakou et Erevan à «cesser la confrontation armée» et à «prendre des mesures immédiates pour empêcher tout escalade supplémentaire».

Une guerre ouverte entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie pourrait déstabiliser toute la région du Caucase, où la Russie et la Turquie notamment ont des intérêts géostratégiques concurrents.

Escalade des tensions

L’Arménie et l’Azerbaïdjan sont en conflit depuis le début des années 1990 pour le contrôle du Nagorny-Karabakh, enclave à majorité arménienne mais dépendante à l’époque soviétique de l’Azerbaïdjan.

Celle-ci a unilatéralement proclamé son indépendance en 1991, avec le soutien de l’Arménie, déclenchant une guerre avec l’Azerbaïdjan qui a fait quelque 30’000 morts jusqu’à un cessez-le-feu en 1994.

Les affrontements aux abords de cette région sont assez fréquents. Les combats à la frontière azerbaïdjano-arménienne sont eux beaucoup plus rares.

Cette récente escalade des tensions intervient peu après des propos du président azerbaïdjanais, qui avait menacé de quitter les pourparlers de paix sur le Karabakh et jugé que son pays avait le droit de chercher «une solution militaire au conflit».

AFP/NXP