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Encre bleueComme si de rien n’était

Lucien FORTUNATI

Alice prend rarement les Transports publics genevois, préférant la plupart du temps se déplacer à pied. Mais en ce lundi soir de Pentecôte, la marcheuse se résout à grimper dans un tram à Cornavin en direction de Meyrin.
Et là, elle en reste baba.


Le tram est totalement bondé! Tous les sièges sont occupés par des gens au coude à coude, ou cuisse contre cuisse, sans oublier les nombreux passagers debout, quasi collés les uns aux autres. Comme si de rien n’était…
Seules deux personnes portent un masque dans la foule confinée dans ce tram 14: Alice et une autre passagère, qui font presque tache au milieu de cette assemblée décontractée, ou du moins fort oublieuse des consignes de distanciation en cours.


C’est à n’y rien comprendre, se dit notre marcheuse, si l’on compare la tolérance régnant dans les transports publics aux mesures tatillonnes imposées aux restaurateurs, coiffeurs, vendeurs et autres professionnels en contact direct avec leur clientèle.


Tous sont obligés de respecter les règles sanitaires strictes, sous peine d’amende ou de devoir fermer boutique.
«Pourquoi tant de précautions d’un côté et tant de relâchement de l’autre?» se demande alors Alice, coincée dans son tram. Elle a juste l’impression de se trouver dans un mauvais film, voire un cauchemar, devant ce laisser-aller dangereux pour tous. Pourquoi ne pas rendre le port du masque obligatoire dans les transports publics? Et si cette mesure peut être considérée comme une atteinte à notre liberté individuelle, pourquoi ne pas limiter le nombre de voyageurs?

Comme elle n’a pas de réponse à ces questions qui la taraudent, il y a fort à parier que notre passagère du lundi de Pentecôte se déplacera à nouveau à pied, pour éviter pareille promiscuité.
À moins qu’elle ne préfère le vélo…