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Feuilleton théâtralClaude-Inga Barbey: «J’honore mes contrats»

La controverse opposant l’auteure à la production de la série «Vous êtes ici» n’empêche pas la comédienne d’assurer la suite de sa collaboration. Elle s’explique.

Évincée en tant qu’auteure de l’épisode 1, Claude-Inga Barbey joue encore dans les épisodes 2, 3, 6 et 8 de «Vous êtes ici».
Évincée en tant qu’auteure de l’épisode 1, Claude-Inga Barbey joue encore dans les épisodes 2, 3, 6 et 8 de «Vous êtes ici».
Christian Lutz

En marge du lancement de la série théâtrale «Vous êtes ici», voilà une semaine à l’Orangerie, éclatait en coulisses un petit scandale qui agite depuis les claviers genevois actifs sur les réseaux sociaux. Mandatée pour rédiger le premier épisode du feuilleton, Claude-Inga Barbey avait en effet vu son texte écarté par la metteure en scène Marion Duval au profit d’une écriture collective – dite de plateau. Or l’humoriste, comédienne, journaliste, auteure et elle-même metteure en scène porte deux casquettes dans le projet conçu par l’association République éphémère, puisqu’elle y joue également un rôle dans les volets 2, 3, 6, 8 – ainsi que dans l’intégrale prévue en mai 2021 –, celui, ironiquement, d’une dénommée Cassandra. À la suite de cet incident, on pouvait craindre l’effondrement d’une collaboration.

C’eût été compter sans le professionnalisme de la dame. «Contrairement à d’autres, quand je signe, j’honore», postule-t-elle non sans une pointe de rancœur. Elle se dit même contente d’aborder cet «autre travail» avec l’équipe, dans un contexte «qui pique ma curiosité d’apprendre». Soucieuse de mettre les points sur les i, elle souligne tout de même que le différend qui l’oppose à la production ne se résume pas à «un combat de fortes têtes» ou à «un conflit d’ordre artistique». «Il s’agit bel et bien d’une rupture de contrat illicite, insiste-t-elle. Marion Duval pouvait m’interpeller depuis le mois de mai dernier. Mon problème, c’est qu’on m’avertisse cinq jours à l’avance et que mon nom figure toujours à l’affiche d’un théâtre bourgeois où j’attire du monde. Je souhaite que cette vérité soit rétablie.» Elle ajoute qu’en écrivant l’épisode liminaire intitulé «La chambre à lessive», elle a scrupuleusement suivi les indications de la «bible» fournie par Julie Gilbert, l’une des conceptrices: «Les changements occasionnés par le putsch ont ainsi un effet domino sur les chapitres suivants.»

L’un dans l’autre, quelle vision d’ensemble Claude-Inga Barbey a-t-elle aujourd’hui de la série? «Ce magnifique projet à 2 millions, qui fédère beaucoup de monde, porte sur le monde d’après et le respect mutuel qui devrait le régir. Malgré un premier acte qui en est l’antithèse, il serait bon que sa gestion rejoigne son propos, non?» Pour sa part, l’actrice fait de son mieux pour aller dans ce sens.

7 commentaires
    babar

    J'ai vu le spectacle. Avec des belles réussites (le dispositif scénique, certains numéros d'acteurs), il présentait à mon avis des grosses faiblesses (des failles béantes?...).

    D'abord, tout cela était très, très bavard et ennuyeux par moments - les duos de comédiens se succédant à la manière des "Au théâtre ce soir" de jadis, sans progression dramatique, jusqu'à la catastrophe finale, qui elle est réussie. Ensuite, le propos manque terriblement de subtilité, les personnages sont des stéréotypes et uniquement cela. Cela provient-il de l'absence du texte de Claude-Inga Barbey?

    L'idée de la série menant les spectateurs d'un théâtre à l'autre est excellente et je me réjouis d'assister à la suite, après cet épisode pilote en demi-teinte. J'adhère totalement à la conclusion de Claude-Inga Barbey et le procédé tel qu'elle le décrit me paraît au minimum relever de la goujaterie. Il manque évidemment le point de vue de Marion Duval - pourquoi la journaliste ne l'a-t-elle pas présenté ici?