Cinzia Cattaneo, entre stand-up et comédie

PortraitL’humoriste et comédienne genevoise a remporté le tremplin de Morges-sous-Rire.

Cinzia Cattaneo se produira samedi et dimanche au Caustic Comedy Club de Carouge.

Cinzia Cattaneo se produira samedi et dimanche au Caustic Comedy Club de Carouge. Image: Lucien Fortunati

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Le sourire aux lèvres et les lèvres dans son café glacé, Cinzia Cattaneo incarne à merveille les deux disciplines qu’elle défend sur les planches. Au Café des Voisins, où elle vient travailler à l’écriture de ses textes, la comédienne et humoriste de 22 ans ponctue la discussion par des éclats de rire presque systématiques. Pourtant, sous cette apparente aisance et cet humour omniprésent se cache une certaine humilité, que trahit sa voix au moment d’aborder des sujets plus personnels. C’est même un brin timide qu’elle aborde la séance de photos.

Timide, il ne fallait toutefois pas l’être lors du concours scène ouverte du festival Morges-sous-Rire, qu’elle a récemment remporté et qui lui permettra d’exporter son spectacle au Canada, en Belgique et en France. Cinzia y présentera des extraits de son nouveau one-woman-show, «Toi-même», qu’elle jouera pour la première fois ce week-end à Carouge.

C’est que Cinzia souffre (ou profite?) d’un syndrome bien connu des comédiens: toujours à l’aise lorsqu’il s’agit d’endosser un rôle, elle rechigne à faire tomber le masque et à «jouer» son propre personnage. Mais l’artiste a bien identifié cette inclination qu’elle a décidé d’exploiter dans son spectacle, où elle alterne des rôles de composition avec des parties plus proches du stand-up. Une particularité qui la distingue des autres artistes du collectif Jokers, qu’elle a récemment rejoint, aux côtés des humoristes romands désormais bien installés Thomas Wiesel ou Blaise Bersinger, adeptes d’un humour souvent centré sur l’actualité, clamé sur un ton voulu plus «naturel». «Le stand-up, c’est une mise à nu. Tu dois jouer le plus naturellement possible. Alors qu’avec les sketchs ou le théâtre, tu te protèges derrière ton personnage, ça te laisse une liberté folle, nous confie-t-elle. J’appréhende mon nouveau spectacle, où je parle davantage de moi.»

Le parcours de Cinzia Cattaneo pourrait inciter les plus sceptiques à adhérer à la théorie du grand rouleau du destin. C’est en primaire qu’elle prend ses premiers cours de théâtre, aux côtés de Thibaud Agoston, vainqueur l’an dernier du concours d’un certain festival d’humour, Morges-sous-Rire… Après avoir interrompu sa formation de comédienne le temps d’obtenir sa maturité et de passer une année sabbatique à Londres, elle retrouve par hasard ses amours adolescentes: «Quand je suis revenue en Suisse, j’ai fait trois mois en Faculté de médecine. À part le milieu, qui m’inspirait quelques vannes, je n’aimais pas du tout ces études et je voulais arrêter. Mes parents se faisaient du souci pour moi et m’emmenaient marcher pour me changer les idées. Un jour, en montagne, je rencontre Arnaud Tsamere (humoriste français), dont je suis fan, et je prends ça comme un signe. Une semaine après, une amie me pousse à m’inscrire à un tremplin d’humour, où j’arrive deuxième. C’est là que je rencontre mon ami Bruno Peki (un autre jeune humoriste genevois), avec qui je travaille beaucoup aujourd’hui.» Depuis, Cinzia enchaîne les concours et les premières parties, en poursuivant des études de cinéma et d’histoire de l’art à l’Université de Genève. Elle se fait ensuite repérer par les propriétaires du Caustic Comedy Club, qui la managent et l’aident dans la mise en scène et l’écriture.

Zouc, Brigitte Rosset ou Marina Rollman comptent parmi les rares humoristes femmes en Suisse romande. «J’ai souvent eu de la peine à m’imposer dans ce milieu très masculin de l’humour. Les gens ne te prennent pas vraiment au sérieux et se permettent de te juger avant de t’avoir vue sur scène. À l’inverse, on peut aussi trop insister sur cet aspect et tu te retrouves étiquetée femme humoriste dans ton coin.» Sa récente victoire au tremplin de Morges-sous-Rire pourra peut-être y remédier: «Je suis la première femme à l’avoir remporté et symboliquement je trouve ça fort. Je n’ai pas pu participer à la grève féministe (du 14 juin) pour préparer mon passage, donc j’espère m’être rattrapée avec ce résultat.» Assurément.

Créé: 04.07.2019, 18h55

Bio express

22 juillet 1996: naissance à Genève.
2004: premiers cours de théâtre à l’école de Bois-Gourmand à Veyrier.
2009: elle rejoint les cours d’art dramatique du Théâtre du Loup.
2014: elle intègre le Conservatoire de Genève en théâtre.
2015: année sabbatique à Londres après sa maturité.
2017: 2e aux votes du public au Banane Comedy Club
2018: «Split», spectacle partagé avec Bruno Pelki.
Juin 2019: elle gagne le concours scène ouverte de Morges-sous-rire.

«Toi-même» Samedi et dimanche soir à 20 h 30 et 20 h au Caustic Comedy Club, avenue Cardinal-Mermillod 6 1227 carouge. +41 (0) 78 723 98 18
www.causticcomedyclub.com

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