Météo extrêmeCinq tempêtes qui ont frappé la Suisse et les esprits
Il y a près de cent ans, en 1926, La Chaux-de-Fonds était déjà ravagée par une tornade. Depuis, le vent a semé la désolation plusieurs fois dans le pays, y compris dans le canton de Vaud.

L’apocalypse qu’a vécue La Chaux-de-Fonds lundi restera dans les annales. Elle rejoint d’autres catastrophes où la puissance du vent a fait des ravages inouïs. Nous en avons sélectionné cinq qui ont laissé des traces profondes dans les mémoires.
Tornade à La Chaux-de-Fonds (1926)

C’était il y a près de cent ans, le 12 juin 1926, à 18h. Comme ce lundi, il n’aura pas fallu plus que 5 à 6 minutes pour que le vent dévaste La Chaux-de-Fonds, mais aussi les Franches-Montagnes. Aujourd’hui, MétéoSuisse parle d’une tornade, mais déjà à l’époque on lisait dans la «Feuille d’Avis de Lausanne»: «Au moment où le cyclone s’est déclenché […], il était formé de deux nuées noires, venant de directions opposées, l’une du sud, l’autre de France. C’est au moment où la jonction s’est faite que le tourbillon s’est produit.»
La catastrophe laisse un paysage de désolation. Des maisons sont détruites, voire retournées comme des jouets. L’occupant d’un bateau chaviré ne sera jamais retrouvé et un enfant emporté par le vent «comme un chapeau» meurt à l’hôpital. Les jours qui suivent, les dégâts sont estimés à plusieurs millions de l’époque. Pendant ce temps, une chasse au fauve est déclenchée pour retrouver un lion échappé et les touristes affluent pour satisfaire leur curiosité.
Huit morts à Lausanne (1959)
Le 10 août 1959, un orage particulièrement meurtrier frappe de plein fouet les rives du Léman. Et c’est à Lausanne qu’il cogne le plus fort, vers 14h. Le bilan donne le tournis: huit morts. Parmi eux, une femme de 49 ans tuée par la chute d’un arbre sur sa tente, au camping de Vidy. Ses deux filles s’en sortent gravement blessées.
Plus de 800 arbres sont arrachés rien qu’à Vidy, et au-delà de la capitale vaudoise, des débris jonchent les rues de Préverenges à Montreux. Mais l’ouragan n’en reste pas là, puisqu’il traverse la Suisse jusqu’au lac de Constance, semant également la mort à Bienne et sur le lac des Quatre-Cantons.
Voitures volantes à la Vallée (1971)
Les tornades ne sont pas réservées à l’Ouest américain. Comme La Chaux-de-Fonds en 1926, la vallée de Joux en a fait les frais le 26 août 1971. Le lendemain, la «Feuille d’Avis de Lausanne» dépeint une image-choc: la violence du vent a arraché les arbres sur une bande de 25 km entre L’Orient et Romainmôtier, créant une tranchée de 200 à 500 mètres de large. Cela représente près de 700 terrains de foot.
Si aucun mort n’est à déplorer, on compte plusieurs toits arrachés et des dizaines de caravanes écrasées les unes contre les autres dans un camping. Au Brassus, une jeune femme est emportée par le vent dans sa voiture, à plusieurs dizaines de mètres de la route.
Ce n’était pas une première, puisque la Vallée avait déjà vécu les assauts d’une tornade le 19 août 1890. Plus puissante que celle de 1971, elle avait détruit ou endommagé une centaine de maisons, suivant presque la même trajectoire.
Le vent record de «Vivian» (1990)
Selon MétéoSuisse, après la tornade de 1971, trois tempêtes se sont classées parmi les plus importantes de ces cent dernières années. La dernière en date, en 2018, a été baptisée Eleanor, avec des rafales de vent atteignant 200 km/h en montagne. En 1999, Lothar inscrivait tout au plus 181 km/h au compteur. Dans ce registre, c’est la tempête Vivian, en 1990, qui détient le record absolu en Suisse, avec 268 km/h mesurés au Grand-Saint-Bernard.
Arrivée depuis la pointe sud de l’Angleterre, la dépression a fondu sur l’Europe le 27 février, provoquant d’énormes dégâts sur les forêts. MétéoSuisse relève que deux trains ont été soulevés de leurs rails au col de l’Oberalp. Quatre personnes ont perdu la vie dans le pays et les opérations de déblaiements ont coûté quelque 100 millions de francs. Les accidents de travail dans le domaine forestier ont doublé l’année suivante.
Très cher «Lothar» (1999)
Comme Vivian et Eleanor, Lothar est à classer dans la catégorie redoutable des tempêtes hivernales. En 1999, elle a marqué les esprits par son bilan humain et matériel particulièrement lourd. Née à Noël au nord de l’Europe, elle s’est abattue sur la Suisse le 26 décembre. Dans le pays, le bilan immédiat a été de quatorze morts, tandis que plus de 100 personnes ont péri dans le reste de l’Europe.
La facture des dégâts sur sol helvétique a été évaluée à 1,35 milliard de francs répartis entre les bâtiments (600 millions) et les forêts (750 millions). La castrastophe n’a pas seulement détruit 4,3% de la surface forestière suisse. Dans l’année qui a suivi, quinze personnes sont mortes dans les opérations de déblayage des arbres arrachés, doublant ainsi le bilan humain.
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