Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

Sortie cinéma
Le portrait inachevé de Niki de Saint Phalle

Jean Tinguely (Damien Bonnard) a vécu vingt ans avec Niki de Saint Phalle (Charlotte Le Bon). Ils se rencontrent à Paris alors que le groupe des nouveaux réalistes est en train de se former.
Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk
En bref:
  • Le film traverse neuf années de la vie de Niki de Saint Phalle.
  • Céline Sallette se concentre sur les drames de sa jeunesse.
  • On ne voit pas une seule œuvre à l’écran, les droits de reproduction n’ont pas été accordés.

Le cinéma qui fait œuvre de fiction, c’est dans ses gênes et dans ses privilèges même lorsqu’il colle à la vraie vie. A-t-il pour autant tous les droits? Comme celui de saucissonner l’existence d’une immense artiste? De zoomer comme le fait Céline Sallette pour son premier long métrage sur neuf petites années dans la trajectoire qui a inscrit Niki de Saint Phalle (1930-2002) parmi les artistes les plus inspirantes, les plus personnelles, les plus féministes et les plus déterminantes du XXe siècle.

Dans ce «Niki», titré à propos puisque la Franco-Américaine ne s’est pas encore trouvée en artiste, la jeune femme que l’on suit a 22 ans. Elle est mannequin, sans conviction. Aspirante comédienne, sans réelle flamme. Mais elle est déterminée à fuir le maccarthysme et revient en France. Sur la dernière prise, Niki a 31 ans, le Fribourgeois Jean Tinguely à ses côtés, et elle sent que son destin ne lui échappera plus.

Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.

À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.

L’intervalle est celui de la douleur et des drames. Souvenirs de l’inceste paternel subi à 11 ans. Internement. Abandon de son mari et de leurs deux enfants. Dénigrement de ses activités d’artiste. Violence d’un nouvel amant. Infernal, cet enchaînement porte le film de Céline Sallette qui fait, ainsi, un exemple de celle qui deviendra Niki de Saint Phalle. Un parti pris!

C’est aussi le libre arbitre d’une réalisatrice fascinée par ce passage de l’ombre à la lumière. Sauf que ce point de vue, même filmé avec un éclairage doux, caressant, et une intelligence sensible, réduit le «gigantisme» – Tinguely, dixit – de la sculptrice, peintre et plasticienne à une suite d’épisodes plus toxiques les uns que les autres, au risque de générer un terrible raccourci sur ces démons qui créent l’artiste. En plus de laisser penser que seules les failles ont une résonance à l’ère de la libération de la parole post-#MeToo. Dommage!

Charlotte Le Bon est tout simplement magistrale dans son interprétation de Niki de Saint Phalle, et pas uniquement grâce à sa ressemblance physique avec l’artiste.

Cette interprétation d’une Charlotte Le Bon, magnétique, cette profondeur du regard d’une femme réalisatrice sur une autre… on les aurait bien vues s’épanouir dans la durée d’une vie d’artiste. Et cette tension constante subtilement portée par des décors qui évoluent du monochrome à la pleine couleur comme cet art du détail avec ces multiples cages à oiseaux qui servent de fil rouge et de métaphore de l’envol… on aurait aimé en profiter plus longuement dans le suivi de la vie d’une battante.

Et ce ne sont pas ses œuvres qui l’exemplifient, le film n’ayant pas obtenu les droits de reproduction, on n’en voit pas une seule. Le manque est cruel! Mais ceci explique peut-être cela.

«Niki», biopic, France, 98’. Note: **