Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

Sortie cinéma«Gadjo», sur la piste des Yéniches

La caravane n’est plus le seul mode de vie des Yéniches. En Suisse, ils sont environ 30’000 à s’être sédentarisés.
Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

Découvert l’an dernier sous le titre de «Ruäch», ce documentaire sur les Yéniches réapparaît, en version française, sous l’intitulé «Gadjo». Peut-être car considéré plus vendeur en rappelant le «Gadjo Dilo» de Tony Gatlif. Dans les deux cas, les termes désignent quelqu’un n’appartenant pas à une communauté de tradition nomade.

Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.

À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.

Mais il semblerait que le film lui-même, fruit d’une immersion de six ans, n’ait pas bougé. Partis à la rencontre des Yéniches, les réalisateurs suisses ne cherchent pas à donner d’explications sur les origines – controversées – de ce peuple semi-nomade que l’on trouve en Suisse, en France, en Allemagne et en Autriche. Ils donnent par contre une image intéressante des représentants actuels de cette population mal connue (des Sinti aussi), souvent confondue avec les Roms, et dont ils ont su gagner la confiance, que ce soit en France ou aux Grisons.

Méfiance atavique

Les témoignages qu’ils récoltent au cours de ce compagnonnage de longue haleine permettent plutôt d’éclairer le passé récent de ces sociétés encore presque secrètes il y a quelques décennies – pour se protéger – et souvent devenues sédentaires. Si les avanies se vivent encore au présent, «Gadjo» jette un peu de lumière sur les épisodes les plus sombres vécus par cette communauté, particulièrement en Suisse.

Le quotidien des semi-nomades est approché au plus près dans «Gadjo».

L’ostracisme, l’animosité ordinaire, mais surtout la méfiance atavique que ressentent les populations ancrées dans un terroir pour celles qui naviguent librement entre les territoires – même quand elles possèdent un passeport à croix blanche.

Cette haine sourde s’est traduite politiquement: entre les années 1920 et 1970, Pro Juventute arrache les enfants aux familles et va jusqu’à stériliser des hommes et des femmes. Le film ne détaille pas cette violence étatique, mais recueille la parole de celles et ceux qui se souviennent des menaces du passé.

Note: ** Documentaire (CH – 118’)