Passer au contenu principal

CinémaAprès le triste spectacle des Césars, en route pour les Oscars, le 25 avril

La cérémonie des Césars a été un naufrage. Vivement les Oscars avec deux femmes sur cinq nommés pour la meilleure réalisation et neuf comédiens non blancs dans les quatre catégories acteurs.

Ce billet est signé par un blogueur de la plateforme de Blogs en partenariat avec la Tribune de Genève et n’engage pas la rédaction.

Corine Masiero et Marina Foïs dans un des moments pathétiques de la cérémonie.
Corine Masiero et Marina Foïs dans un des moments pathétiques de la cérémonie.
keystone-sda.ch

Ce fut un désastre vendredi soir dernier sur Canal + La pire des audiences des Césars depuis dix ans. Rien de plus logique, hélas. Oscillant, à quelques rares exceptions, entre l’ennui, la vulgarité, le malaise, l’indécence, le pipi caca et un pathétique entre soi politique, cette 46e cérémonie présentée par Marina Foïs crotte en main (colossale finesse), nous a offert un triste spectacle du cinéma français.

Il fut ponctué par le geste se voulant fort mais fort diversement apprécié de Corinne Masiero. Costumée en Peau-d’Ane et couverte de faux sang, des tampax usagés à l’oreille, elle s’est complètement dénudée pour demander la réouverture des salles et dénoncer la précarité des professionnels de la culture, et surtout des intermittents qui se retrouvent… à poil.

Paradoxalement, toutefois, cette soirée généralement calamiteuse a vu le triomphe mérité d’Adieu les cons d’Albert Dupontel (absent), qui a remporté sept trophées dont les plus importants., meilleur film, meilleure réalisation et meilleur scénario. Cette satire touchante, au titre en l’occurrence éloquent, a dynamité les deux autres grands favoris de la soirée.

C’est ainsi que Les choses qu’on dit les choses qu’on fait, marivaudage d’Emmanuel Mouret, comptant treize nominations, a dû se contenter d’un prix de consolation, soit le meilleur second rôle féminin. Quant à François Ozon, il est reparti les mains vides avec Été 85, son idylle gay. En revanche, Adolescentes, le documentaire de Sébastien Lifshitz s’en sort bien avec deux prix. Et on s’est piqué de diversité avec les espoirs masculin et féminin Jean-Pascal Zadi (Tout simplement noir) et Fathia Youssouf (Mignonnes).

Cap sur les Oscars, avec Mank en tête de la course

Après ce naufrage français côté show, il reste à espérer voir mieux en traversant l’Atlantique. Pour l’heure, la cérémonie des nominations aux Oscars, a placé Mank, de David Fincher, avec Gary Oldman dans le rôle principal, en tête de la course avec 10 nominations. Produit par Netflix, qui serait la première VOD à décrocher la récompense suprême, le film vise notamment les statuettes dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleure actrice (Amanda Seyfried) dans un second rôle.

Par ailleurs, l’Académie innove en sélectionnant cette année deux femmes sur cinq dans le volet meilleure réalisation. Il s’agit de Chloé Zhao pour Nomadland (six nominations), sacré aux festivals de Toronto, Venise et qui vient de s’illustrer aux Golden Globes. On trouve aussi Emerald Fennell pour Promising Young Woman, un premier long-métrage en forme de thriller féministe. Les deux femmes figurent également dans la catégorie meilleur film aux côtés de Mank, Les sept de Chicago d’Aaron Sorkin ou encore de The Father de Florian Zeller.

Les Golden Globes ont été critiqués pour l’absence de films mettant en scène des acteurs noirs. Jouant la diversité façon Césars, les Oscars proposent, eux, neuf comédiens non blancs en course dans les quatre catégories qui leur sont dévolues. On découvre par exemple Viola Davis, recordwoman black avec une quatrième sélection pour The Blues Of Ma Rainey et Andra Day pour Billie Holiday, une affaire d’État, une première historique.

On aura l’occasion de revenir sur tout cela lors de la remise des prestigieux prix le 25 avril prochain.

4 commentaires
    miloghilo

    Comment politiquement correct! Est-ce que quelqu'un se soucie du fait que personne ne s'intéresse à ces films?