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Abus au sein de l’Église catholique«Cette souillure ne m’a jamais quitté»

Créée en 2016 pour 5 ans, la commission de réparation (CECAR) veut continuer son travail. Elle présente des témoignages émouvants.

À la Maison de la Femme à Lausanne, Alain Guerdat, Marie-Jo Aeby et Stéphane Hernach (de g. à d.) ont témoigné de la nécessité de se faire entendre pour dépasser la souffrance.
À la Maison de la Femme à Lausanne, Alain Guerdat, Marie-Jo Aeby et Stéphane Hernach (de g. à d.) ont témoigné de la nécessité de se faire entendre pour dépasser la souffrance.
PATRICK MARTIN

«J’ai été victime d’abus sexuels durant le petit séminaire, puis à l’internat.» Alain Guerdat, parle du début des années 1960. Il avait onze ans et s’est vu imposer de «longs baisers avec la langue» par un séminariste d’abord, puis par son confesseur et par un deuxième. Digne et posé, le septuagénaire témoigne aujourd’hui dans l’espoir de prévenir ces abus, pour ses enfants, pour ses petits-enfants. «Ces trois personnes ont profité du petit garçon que j’étais, éloigné de sa famille, poursuit-il. À la suite de ces abus, mon adolescence et ma jeunesse ont été jalonnées de dépression, de crises d’identité, de cauchemars, d’idées noires. Malgré les soins et les thérapies, cette souillure ne m’a jamais quitté.»

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