Cette journée où Pierre Maudet a forcé le verrou du Parti libéral-radical
Comment s'est passée la sélection des candidats au Conseil fédéral? Pour le savoir nous l'avons suivie à Neuchâtel.

Pour désigner leurs candidats au Conseil fédéral, les élus PLR suisses se sont donné rendez-vous à l'hôtel Bellevue à Neuchâtel, au bord du lac. En descendant de la gare, l'œil accroche des noms de bistrots: le café du Galop, puis Le Desperado. Marrant. Le Ciel ferait-il des clins d'œil au shérif genevois Pierre Maudet?
La presse est concentrée dans le hall du Beaurivage. Les parlementaires fédéraux siègent à côté dans une salle impersonnelle et cossue. Chaque candidat a son fauteuil réservé dos à la porte. Ils défilent l'un après l'autre. Ils ont une demi-heure pour convaincre.
Maudet? Moret? Cassis? En début d'après-midi, les parlementaires se gardent de donner leurs préférences. Certains minaudent. C'est leur heure de gloire. Accoudé au bar du lobby, le jeune vice-président du parti, le conseiller national valaisan Philippe Nantermod, est presque ému: «C'est ma première sélection de conseiller fédéral. Et la première fois, on est toujours un peu maladroit, pas vrai», plaisante-t-il. Il remarque: «Notre vrai pouvoir d'élus PLR, c'est maintenant que nous allons l'exercer, en choisissant deux ou trois candidats. Après ce sera le tour des autres partis.»
Voilà Pierre Maudet. Un petit mot pour l'histoire? «Merci d'être venu», lâche le candidat genevois avant de se précipiter vers la réception. Fini les jeux de mots? Apparemment. Le Genevois est tendu, focalisé. A l'inverse, le conseiller national Benoît Genecand est jovial: «Je serais très étonné que le PLR se tire une balle dans le pied en ne sélectionnant pas un ticket à trois. Ou élimine Pierre Maudet. La seule raison valable de barrer un candidat serait que l'un d'eux ne soit pas capable d'occuper le poste de conseiller fédéral. On en est loin.»
Pour aller dans la salle de réunion, les trois candidats, qui descendent de leur chambre, doivent passer dans le hall. Qui sera le premier à être entendu? Grave question. Ding! L'équipe suisse de football des moins de 21 ans sort de l'ascenseur. Et oui! Il n'y a pas que des politiciens à loger au Bellevue. Reding! Emballé dans un grand costume gris fer, c'est Ignazio Cassis. Pierre Maudet suivra, puis Isabelle Moret. Lorsque les candidats sortent des auditions, c'est le festival de langue de bois. Seul Ignazio Cassis détonne: «J'ai eu l'impression d'un interrogatoire de police», dit-il.
«J'ai la boule au ventre comme avant la coupe suisse quand on soutient une équipe», souffle Rolin Wavre, responsable de la campagne de Pierre Maudet. On croise Cédric Alber, un autre proche de Pierre Maudet, tout chiffonné par un article négatif paru le matin dans la presse. Sébastien Leprat est aussi présent. Devant la porte, les journalistes s'essaient aux pronostics: «Mais pour Cassis, il vaudrait mieux une candidate faible, non?» Les avis sont partagés.
Fumée noire ou fumée blanche? Vers 17 h, les auditions se terminent. L'équipe genevoise monte dans la chambre d'hôtel du patron pour préparer la suite. Les élus PLR passent à la discussion sur le ticket. Puis le temps passe… Vers 18 h 40, c'est fait. Pierre Maudet a réussi son pari. Tout le monde se serre dans une salle de presse improvisée: «Je ne vous cacherai pas mon plaisir quant à la décision du groupe», commence-t-il.
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