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Mode
Cet automne 2024, on mixe fripes et nouvelles tendances

Blazer et pantalon Sandro, 529 fr. et 329 fr. Maillot de foot vintage chez La Paire Friperie, 100 fr.Ballerines en cuir Cos, 330 fr. Pull en laine seconde main Fred Perry, chez Fripsquare, 39 fr. 90. Boucles d’oreilles vintage Flair n°3, 145 fr.
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En bref:
  • Notre shooting mode sur le sujet de la mode de seconde main a été réalisé dans une laverie à Lausanne.
  • Pauline Thonney, la propriétaire, valorise le quartier populaire du Simplon.
  • Sa blanchisserie familiale existe depuis trente-deux ans et rencontre des défis.

Cet article du 9 septembre 2024 a été importé de Femina.ch et republié sur notre site le 7 janvier 2025.

Modèle en robe verte élégante posant dans une laverie avec un sac à main stylé.
Personne en manteau léopard portant des sacs devant une laverie self-service.
Personne posant de manière artistique dans une laverie, portant un manteau beige avec des bottes noires brillantes.
Personne exécutant une pose de danse élégante et courbée devant des machines à laver, portant une robe rayée colorée.
Femme assise sur un banc de vestiaire, portant une robe rouge et une veste noire, un sac orange à côté d’elle.

Pauline Thonney : «Je veux que mon quartier reste populaire»

La Lausannoise nous a accueillies dans son salon-lavoir pour une séance photo de mode. Pilier du Simplon, le quartier situé en dessous des voies de chemin de fer de la gare de Lausanne, elle nous raconte son affection pour sa rue et pour ses habitants.

Propos recueillis par Géraldine Savary

Pauline, vous travaillez dans l’entreprise familiale qui a deux enseignes à la rue du Simplon, la blanchisserie et le salon-­lavoir. Racontez-nous cette histoire…

Mes parents ont repris la blanchisserie du Simplon il y a trente-deux ans. Ma grand-mère y était employée, mon père a acheté toutes les machines. Quant à la laverie, on l’a depuis vingt-six ans.

Et vous? Pourquoi avoir décidé de rester dans la branche?

Je travaille à la blanchisserie depuis dix-huit ans. J’y ai fait mon apprentissage de nettoyage en textile. Pour l’instant, le commerce est au nom de ma maman, mais l’idée est que je le reprenne bientôt.

Est-ce que vous tenez le coup économiquement?

On arrive à vivre, pas à s’enrichir! On engage une seule employée pour le repassage, mon compagnon me donne un coup de main. On travaille beaucoup avec les restaurants, mais après la crise du Covid, ces derniers avaient de la peine. Certains ont fermé, d’autres font des économies en mettant des nappes en papier. Nous avons la clientèle des établissements qui organisent des réceptions ou des mariages et qui nous envoient ensuite les nappes, serviettes et leur matériel à laver.

Deux femmes devant un salon de lavoir libre-service, une assise sur le rebord de la fenêtre, l’autre debout à côté.

Qui sont les personnes qui entrent dans votre enseigne? Des personnes en déplacement?

Nous sommes une blanchisserie de quartier et nous souhaitons le rester. Nous avons une clientèle fidèle, surtout les personnes âgées. On fait les livraisons à domicile, on offre nos services à des tarifs très bas, parce que ces personnes n’ont pas beaucoup d’argent. On propose des prix par kilo de linge et on repasse à la demande. Je suis attachée à ces personnes âgées de mon quartier, elles me connaissent depuis que je suis toute petite.

Et le salon-lavoir? Vous avez la même clientèle et la même politique des prix?

Mon père avait décidé de demander 5 francs par lessive pour que ce soit accessible, et depuis vingt-six ans, les prix n’ont pas changé. On a aussi des personnes âgées qui n’arrivent plus à descendre à la cave où se trouve la machine à laver de leur immeuble pour faire leur lessive ou qui ont peur. On les aide à porter leurs affaires. Nous avons aussi des Roms, des SDF qui viennent avec leurs chiens. On laisse quelques croquettes et pendant que leur chien mange (ils restent dehors, je précise), leurs propriétaires font une lessive. Quand les SDF n’ont pas l’argent, ils font la manche pour mettre l’argent dans le monnayeur. Il y a des étudiants, des personnes qui viennent se laver, parce qu’il y a un lavabo d’eau chaude. Ils passent leurs habits directement dans la machine et je leur prête parfois un linge de toilettes parce qu’ils n’ont rien d’autre à se mettre… Le salon-lavoir ferme à 22 heures, alors il arrive que des gens s’endorment. La police du commerce insiste pour que j’augmente mes prix afin d’éviter toute cette clientèle. Mais je ne veux pas.

La blanchisserie du Simplon existe depuis trente-deux ans. Vous pourriez travailler ailleurs?

Non! J’adore mon quartier. J’habite juste à côté, dans le même immeuble que ma mère. Les gens se connaissent, les personnes âgées boivent le café le matin au restaurant du Simplon. Mais les immeubles vont être rénovés, les gens avec des revenus modestes commencent à partir, les prix des loyers risquent d’augmenter. J’aimerais que mon quartier ne devienne pas trop bobo, qu’il reste populaire

Personne assise dans un panier à linge, tête dans un hublot de machine à laver, vêtue de noir à pois et de bottes blanches.
Une femme assise par terre devant des machines à laver, portant des vêtements décontractés et tenant un téléphone. Des morceaux de tissu sont éparpillés autour d’elle.
Personne avec des lunettes de soleil, portant un ensemble en cuir marron et un manteau à carreaux rouges, mangeant un croissant dans une laverie.
Personne habillée d’un grand manteau gris et d’une jupe rayée verte et blanche quittant un bâtiment par une porte ouverte.

Mise en beauté Daniela Isabella Valenzi, modèle Alanna chez Scout Model Agency Zurich, stylisme Sokhna Cissé et Bruna Lacerda, production Caroline Oberkampff-Imsand, direction artistique Naila Maiorana.

Un grand merci à Madame Pauline Thonney du Salon Lavoir du Simplon et à l’agence PR/TICULAR pour leur accueil.