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Après avoir défié le Brésil et l’ArgentineCespedes: «Neymar et Messi, c’est une autre planète»

Le Servettien a joué avec la Bolivie contre les deux stars, en éliminatoire du Mondial 2022. Il raconte sa folle aventure.

Boris Cespedes sous le maillot de la Bolivie (à droite) voit Messi filer devant lui. «C’est impossible de lui prendre le ballon», explique-t-il. L’Argentine s’est imposée 2-1 à La Paz, mais la Bolivie a mené 1-0.
Boris Cespedes sous le maillot de la Bolivie (à droite) voit Messi filer devant lui. «C’est impossible de lui prendre le ballon», explique-t-il. L’Argentine s’est imposée 2-1 à La Paz, mais la Bolivie a mené 1-0.
GETTY IMAGES

Samedi et mardi, pendant que ses coéquipiers servettiens crapahutaient à l’entraînement, Boris Cespedes jouait contre Neymar, puis Messi. Le Brésil et l’Argentine en trois jours, pour sa première sélection avec la Bolivie dans le cadre des qualifications AmSud du Mondial 2022. Qui dit mieux? Personne!

«Une expérience comme celle-là, cela vaut sans doute une dizaine de matches normaux»

Boris Cespedes

La folle aventure a commencé il y a quelques semaines, quand la Fédération bolivienne, malgré une crise interne, l’a convoqué pour jouer avec La Verde. «Je savais que j’étais suivi, explique Cespedes. Ma famille sur place (ndlr: son père est Bolivien) me disait qu’on parlait de moi. Mais quand j’ai été appelé, cela a fait quelque chose.»

Au programme, les deux matches phares des éliminatoires. Le Brésil à São Paulo, l’Argentine à La Paz. Au départ, Boris devait rester à La Paz, sans aller au Brésil, pour s’acclimater à l’altitude: plus de 3500 mètres! «Mais un joueur retenu pour aller à São Paulo a été testé positif au Covid, explique Cespedes. Alors on est venu toquer à ma porte, pour me dire de prendre mes affaires, je le remplaçais.»

Neymar est au sol, après une faute de Boris Cespedes (No 14). Le Servettien, qui jouait pour la Bolivie, est averti. Il a joué la deuxième mi-temps de la défaite 5-0 à São Paulo.
Neymar est au sol, après une faute de Boris Cespedes (No 14). Le Servettien, qui jouait pour la Bolivie, est averti. Il a joué la deuxième mi-temps de la défaite 5-0 à São Paulo.
AFP

Il n’a pas fait le voyage pour rien. Entrée à la 46e minute samedi, soit pour la deuxième période, un carton jaune sur la fin, pour une faute sur… Neymar. Une sacrée expérience, malgré la sèche défaite 5-0. Trois jours plus tard, à La Paz, il jouait les 24 dernières minutes d’une courte défaite 1-2 contre Messi et sa bande.

«Sur le moment, tu ne fais pas attention à qui tu as en face de toi, s’amuse Boris Cespedes. Mais en fait, tu remarques bien que Neymar et Messi, c’est une autre planète. C’est impossible de leur prendre la balle, c’est un autre niveau, tout simplement. Une expérience comme celle-là, cela vaut sans doute une dizaine de matches normaux.»

D’autant plus avec les efforts en altitude, contre l’Argentine. «Oui, c’est dur, lance Boris. On sent bien les 3500 mètres… D’ailleurs, la première demi-heure, les Argentins tiraient la langue, on ouvre le score. Puis ils réagissent, juste avant la pause. Et sont mieux en deuxième période. Dommage.»

Boris Cespedes était le seul international bolivien en provenance d’Europe. Il a été en vue contre le Brésil, un peu moins contre l’Argentine. Mais il a marqué des points. Dans l’optique d’une prochaine sélection.