Passer au contenu principal

L’éditorialCes élèves lésés par le Covid-19

DR

D’emblée, on les prend en sympathie. Plusieurs collégiens genevois, certes en grande majorité soutenus par leurs parents, ont décidé de se battre pour éviter de devoir répéter une année scolaire suite à une décision qu’ils pensent tronquée. Au terme de cet étrange exercice, ils estiment à juste titre que la règle a changé en cours de partie et que le traitement de cas similaires a pu varier d’un établissement à l’autre.

Les recourants n’ont pas fait face à un tribunal impitoyable. Le Département de l’instruction publique (DIP) a envoyé des consignes pour assouplir les conditions de promotion et inciter à une certaine indulgence. On devine que le préavis des conseils de classe et le couperet des directions se sont faits avec un professionnalisme mâtiné de compréhension. Mais on sait aussi que dans ces instances, les avis divergent parfois et que la majorité n’a pas toujours raison.

Il serait instructif aujourd’hui de connaître le nombre de recours déposés, en comparaison des autres années. Le DIP préfère pour l’heure taire ces chiffres, laissant ainsi penser qu’ils sont relativement élevés. Leur nombre pourrait influencer les décisions que va prendre l’instance de recours. Subsidiairement aider ceux qui se sentent lésés à savoir s’ils auront bien une réponse avant la prochaine rentrée.

Il appartiendra en effet à la Chambre administrative genevoise de se prononcer sur ces cas au terme d’une scolarité 2019-2020 hors normes. Régulièrement saisis dans des affaires de non-promotion, les juges auront soin de changer de paradigme.

En cette année infectée, le doute doit-il systématiquement profiter au recalé? On serait tenté d’inviter la Cour à de la clémence, puisque le recours des élèves ne demande que d’affronter leurs connaissances et leur capacité de travail à l’échelon supérieur.