Lieu de culte à GenèveLe parvis de la cathédrale Saint-Pierre refait à neuf
Les escaliers en molasse, qui datent des années 80, présentaient des fissures et n’étaient plus étanches. Les travaux sont pilotés par la Fondation des Clés de St-Pierre.

Ce sont des marches qui sont foulées des milliers de fois chaque année à Genève. Les escaliers de la cathédrale Saint-Pierre font peau neuve depuis quelques semaines. «Les derniers gros travaux de rénovation globale de la cathédrale datent des années 80», indique Olivier Cairus, le directeur de la Fondation des Clés de St-Pierre, une entité créée en 1973 pour assurer la conservation et l’entretien du bâtiment. Les marches et le parvis avaient fait l’objet d’une rénovation peu avant l’ouverture du site archéologique en 1986.
«Les marches actuelles sont posées sur une dalle qui constitue le plafond de l’entrée du site archéologique, précise Olivier Cairus. La pierre choisie à l’époque, la molasse, est tendre et fragile. Elle est sensible aux conditions météorologiques, au soleil et aux fortes sollicitations du public.»
Il y a quelque temps, la structure entière s’est mise à bouger légèrement et des infiltrations d’eau sont apparues à l’intérieur du site archéologique. Une situation inacceptable compte tenu des trésors qui s’y trouvent. La Fondation des Clés de St-Pierre a donc cherché à remplacer cette pierre par un revêtement plus solide.

Un demi-million de visiteurs
«Le parvis de la cathédrale voit passer entre 400’000 et 500’000 visiteurs par an, relève Olivier Cairus. Avec l’aide de l’Office du patrimoine et des sites de l’État de Genève, le choix s’est porté sur la pierre d’Istrie en provenance de Croatie (ndlr: la carrière de pierres régionales est aujourd’hui fermée).» Plus dure que la molasse, elle résistera davantage à l’usure et au passage des visiteurs, selon le directeur.
Les pierres ont été extraites de leur carrière et sont actuellement bouchardées à Vérone en Italie pour éviter les glissades des utilisateurs: un traitement leur est appliqué manuellement avec un marteau pour les rendre un peu plus abrasives.
Le chantier a été divisé en deux parties pour garantir l’accès «au temple de la Rome protestante». Les travaux ont débuté sur la partie gauche de l’escalier. Celle-ci a été complètement détruite et l’isolation a été remise à neuf, pour pouvoir accueillir les nouvelles pierres.
Chaque marche sera encastrée dans la marche inférieure de manière «à améliorer la stabilité de l’ensemble et assurer le fonctionnement de la couche d’écoulement des eaux de pluie». Les pierres seront sensiblement de la même taille qu’actuellement, entre 1,20 m et 1,50 m de largeur.

Travaux jusqu’en août
La fin des travaux est prévue pour la fin du mois d’août et leur coût s’élève à 1,1 million de francs. Des subventions de la Ville et le Canton de Genève contribuent à financer ce chantier. «La cathédrale est la propriété privée de l’Église protestante de Genève, souligne le directeur de la Fondation des Clés de St-Pierre. Nous sommes chargés de suivre les travaux de rénovation pour le compte du propriétaire. Notre conseil de fondation compte des délégués de l’Église, des autorités communales et cantonales.»
Une fois par an, la fondation lance un appel aux dons, aux particuliers, aux entités publiques et aux fondations privées. Elle bénéficie également des revenus du site archéologique et des visites du lieu de culte. «La montée des 250 marches aux tours nord et sud connaît un grand succès auprès des touristes, pour la merveilleuse vue sur la rade qu’elle offre», conclut Olivier Cairus, enthousiaste.
Et de rappeler que Saint-Pierre retrace 2000 ans d’histoire dans un même lieu avec un vestige de la voie romaine, datant de 50 av. J.-C., lové dans le site archéologique, et sa flèche en cuivre de 1902, qui se dresse fièrement entre les deux tours.
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