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BriefingLe graphique et l’espoir 2024

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J’avais imaginé finir l’année avec de bonnes nouvelles. Oui! Elles existent. Mais un graphique a retenu mon attention. Le 19 décembre, Copernicus, l’agence européenne d’observation de la Terre, explique que les prévisions faites en 2015 sur l’évolution des températures fondée sur les projections d’émissions de gaz à effet de serre aboutissent à un réchauffement de 1,5° C en 2045. Mais, si l’on se base sur la réalité observée en novembre 2023 (+1,2° C), le réchauffement prévu par l’Accord de Paris interviendra en 2034 déjà, soit onze ans plus tôt. L’échec des négociations climatiques et de la lutte contre le réchauffement climatique apparaît soudain avec évidence. Selon Rhodium Group, une société spécialisée dans l’analyse des données économiques, et faisant référence aux États-Unis pour la qualité de ses observations, les projections les plus récentes montrent que le réchauffement atteindra au mieux +2,2° C d’ici à la fin du siècle et au pire 3,4° C, avec une probabilité forte de +2,8° C (il faut doubler ces chiffres pour la température moyenne pour la Suisse). C’est dire, même si comme moi vous en avez marre de l’entendre, que nous ne sommes toujours pas dans les clous pour stabiliser le climat à un niveau acceptable.

À raison, ces projections n’incluent pas une accélération des ruptures technologiques, ni des décisions politiques qui pourraient inverser encore les courbes d’émissions et par conséquent les températures. Or, et on le sait encore peu, de vraies ruptures se sont produites en 2023. D’abord en Chine. La production d’électricité à partir de renouvelables a doublé et devient dominante dans le pays, qui va réduire pour la première fois en 2024 sa consommation de charbon et d’hydrocarbures! La Chine modifie à elle seule la donne pétrolière. Le pic de consommation est attendu avant 2030. Et, pour la première fois toujours, en 2023, l’énergie photovoltaïque est la moins chère de toutes les formes d’énergie, et cela à de nombreux endroits de la planète, indique Ernst & Young (EY) dans sa dernière note aux investisseurs. Pour les grandes installations, le coût est de 29% inférieur aux autres formes d’énergie, malgré une forte inflation et des taux d’intérêt très élevés. Les solutions de stockage, qui seront indispensables, sont de moins en moins onéreuses. Selon les projections de EY, l'énergie solaire et éolienne combinée deviendra la première source d’électricité des réseaux, atteignant 38% du mix électrique, et devrait représenter 62% de ce même mix en 2050. Cette année, en Allemagne, les énergies renouvelables auront produit plus de 52% de l’électricité consommée par le pays, un record historique (le pays vise les 80% en 2030). Qui aurait imaginé, il y a cinq ans encore, que le solaire représenterait en 2024… 10% de l’électricité produite en Suisse, alors qu’il a stagné pendant deux décennies autour de 1 à 3%!

Enfin, l’année où l’éolien traverse sa plus grande crise, plombé par les coûts du capital (taux d’intérêt) et des retards multiples, le géant danois Ørsted, spécialisé dans les énergies renouvelables, annonce (mercredi 20 décembre) qu’il va construire un parc éolien offshore, baptisé Hornsea 3, à 160 km des côtes britanniques. Selon le groupe Ørsted, cité dans une dépêche de l’AFP, il s’agira du plus grand parc éolien offshore du monde, d’une capacité de 2,9 GW. Achevé normalement en 2027, il devrait fournir de l’électricité à plus de 3,3 millions de ménages.

Conclusion de 2023: la transition énergétique et écologique se révèle très difficile à conduire sur les plans politique et diplomatique. Mais tout devient paradoxalement aussi plus facile sur le plan économique, car les coûts baissent plus vite qu’escompté, grâce à la technologie et à la Chine. La transition est un train qui a pris beaucoup de retard, mais sa vitesse potentielle peut encore permettre de rattraper le temps perdu. C’est l’espoir, mince mais réel, pour 2024.

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