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ÉditorialBoris au régime sans sucre. Et nous?

Il a cru mourir, Boris Johnson. Le premier ministre britannique a été marqué par son passage aux soins intensifs en avril. Il en est ressorti avec une certitude: c’est parce qu’il était gravement en surpoids que le Covid-19 a failli l’emporter. De quoi changer un homme! Ce «libertaire» autoproclamé qui promettait de ne pas laisser l’État mettre son nez dans les assiettes vient de lancer une vaste campagne de lutte contre l’obésité, pour faire perdre du poids à la moitié des Britanniques… avant qu’une seconde vague pandémique ne déferle sur le royaume.

Du point de vue médical, c’est une évidence: le surpoids augmente fortement le risque d’être sérieusement atteint en cas d’infection au coronavirus. Et ce n’est pas une surprise. Dans les milieux de la santé, on s’alarme depuis longtemps, car l’obésité s’est banalisée dans nos sociétés au point d’être comparée désormais à une épidémie.

A lire: Boris Johnson met au régime la moitié du Royaume-Uni

Outre-Manche, les boissons sucrées sont déjà taxées depuis deux ans et l’industrie a commencé à limiter les quantités de sucre ajouté. Mais, ce lundi, Boris Johnson a lancé une nouvelle offensive: la publicité télévisée pour la malbouffe ne pourra plus être diffusée avant 21 heures le soir, les supermarchés ne pourront plus promouvoir les aliments bourrés de sucre, les menus des restaurants et des fast-foods devront afficher les calories… et les sujets de Sa Majesté sont invités avec insistance à perdre du poids et à faire de l’exercice physique!

Et chez nous? Le Grand Conseil genevois a certes voté cette année une motion pour taxer le sucre ajouté. Le Canton de Vaud avait tenté la chose en 2017. Neuchâtel avait porté la question à Berne… où elle fut balayée par les élus. Selon un sondage l’an dernier, 75% des Helvètes ne veulent pas d’une telle taxe. Pourtant nous consommons 110 g de sucre par jour. Deux fois plus que le maximum recommandé par l’Office fédéral de la santé publique. Quatre fois plus que le seuil de l’OMS. Un peu comme Boris avant les soins intensifs, non?