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Le meilleur des blogsSylvain Thévoz: Ferraris et sans abris

Nouvelle édition de notre revue des blogs publiés sur le forum blog.tdg.ch de la Tribune de Genève et dans notre Webzine. Pour consulter les blogs cités, cliquez sur leur titre. Les blogueurs apprécient les commentaires. Merci d'être concis, courtois, pertinents et de signer votre envoi. Les blogs sont publiés sous la seule responsabilité de leur auteur. Pour retrouver les blogs, sélectionnez la rubrique OPINION! Pour créer un blog, faites acte de candidature à blog@tdg.ch.

Sylvain Thévoz: Ferraris et sans abris

Cette photo a été prise le dimanche 30 août 2020 dans le quartier de la Servette. Une Ferrari (rouge évidemment, le conformisme fétichiste de l'objet l'impose), ayant payé son dû au parcmètre, occupe l'espace public, suscitant les regards curieux et les photographies des gamins du quartier. Ce qui ne se voit pas et ce que personne ne veut constater c'est, en contre-bas, la literie improvisée d'une personne sans abri dormant devant l'entrée de la paroisse. L'envers du décors. La photo n'est pas bonne mais l'on peut y voir, comme chantait Jean-Jacques Goldman, que la personne qui dort devant l'entrée de la paroisse a enlevé ses sandales. Elle est couchée à même le sol. Pas de matelas sous elle. Une fine couverture seulement. On peut y voir la dignité endommagée et la violation d'articles constitutionnels. Celui de l'article 12 de la Constitution suisse qui dit que : quiconque est dans une situation de détresse et n’est pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d’être aidé et assisté et de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine, ou de l'article 39 de notre Constitution cantonale rappelant le droit à un niveau de vie suffisant, et que: toute personne a droit à la couverture de ses besoins vitaux afin de favoriser son intégration sociale et professionnelle, aux soins et à l’assistance personnelle nécessaires en raison de son état de santé, de son âge ou d’une déficience. (...)

André Pfeffer: L’économie genevoise est très exposée à la crise !

Genève a perdu son Salon de l’auto connu, dans le monde entier. Cette manifestation signifiait des retombées économiques de l’ordre de 150 à 200 millions de francs, dont dix millions rien qu’en recettes fiscales. Le joyau que constituait l’hôtel Richemond, emblématique palace genevois, a licencié ses 130 employés, le groupe aérien Air France-KLM se sépare de la grande majorité de son personnel au sol à Genève. La maison Bucherez raie 229 emplois, etc. Des centaines de commerces, notamment les cafés-restaurants, dont 40% pourraient fermer, des PME œuvrant dans le bâtiment, le commerces de détail qui était déjà sinistré avant la crise, l’artisanat, etc., sont en faillite ou à deux doigts de l’être. Le chômage affiche déjà des chiffres record dans notre canton, passant de 3,9 % en février à 5,2% au mois d’aout. Ces chiffres ne comprennent pas le nombre de personnes actuellement en réduction du temps de travail (RHT) et augmenteront encore cet automne, voir en 2021 ! (...)

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Tous les jours une nouvelle revue des blogs hébergée par @tdg.ch. Les blogs sont publiés sous la responsabilité de leur auteur. Ils n'engagent pas la rédaction de la Tribune.

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Jean-Noël Cuénod: Rimbaud-Verlaine ? Une panthéonnade !

(...) Pourtant, la poésie est irréductible. Dès qu’elle suffoque sous le poids de la société, elle meurt. Mais pour renaître aussitôt ailleurs, encore plus fort. Ainsi, de François Villon reste, intacte à travers les siècles, sa Ballade des Pendus alors que son Epître à Marie d’Orléans, composée pour complaire à son mécène Charles d’Orléans, est oubliée. De même, Il revient… pondu par Aragon pour saluer le retour en France de Maurice Thorez, grand patron du Parti communiste, et tous les autres textes de cette eau polluée se sont déversées dans le tout-au-dégoût littéraire ; alors que demeurent et demeureront les splendeurs du Fou d’Elsa ou des Poètes. Les puissants peuvent contraindre la main des poètes, pour un temps plus ou moins bref, mais jamais la poésie. Elle s’échappe toujours à qui veut la rendre domestique. (...)

Didier Bonny: « Tenet » : un exercice de style vide de sens

Attendu comme le Messie pour faire revenir du monde dans les salles de cinéma, le dernier film de Christopher Nolan (« Dunkerque », « Inception », « Interstellar », notamment) tient ses promesses en matière de « pur » cinéma : c’est spectaculaire et remarquablement mis en scène. Mais cela ne suffit pas à faire un bon film. (...) Ce concept du temps inversé donne à « Tenet » son originalité, car pour le reste il n’a rien à envier à un James Bond, l’humour en moins et la prise de tête en plus. Cette inversion du temps montre en effet ses limites. Elle tourne finalement à l’exercice de style, souligné par une musique assourdissante. « Tenet » abandonne en route ses personnages et surtout le spectateur qui après s’être accroché tant bien que mal à cette histoire indigeste, trop bavarde et longue (2h30) finit par lâcher prise se contentant d’assister à des scènes certes spectaculaires, mais vides de sens et sans aucune émotion. (1 étoile)

Rémi Mogenet: Le château de Peyrepertuse, ou saint Louis combattant le Minotaure

(...) Or, c'est finalement saint Louis qui l'a pris, au treizième siècle, et fait reculer le roi d'Aragon vers le sud, mais il l'a aussi rebâti, à sa manière caractéristique. Car le château impressionne pour deux raisons. La première est qu'il est perché au sommet d'une crête de rochers aigus, et domine des abîmes: il se voit de loin, se mêle à la montagne, et fait songer. La seconde est qu'il est gros et, surtout, admirablement bâti, pour ce qu'il en reste, dans le style français déjà rationnel et rigoureux, avec de petites pierres blanches parfaitement alignées et des lignes gothiques – ce qui, dans cette région proche de la Méditerranée, est inattendu. Il y a deux châteaux, en fait, plantés sur deux rochers distincts: un gros, un petit, et le gros a une église vouée à la vierge Marie, et le petit une chapelle vouée à saint Georges: deux saints habituels chez les guerriers, mais la sainte Vierge est la patronne de la France et de tous les catholiques, et saint Georges est le patron de la Catalogne (...)

Guy Mettan: A Rosswald, un espresso italien à tomber les chaussettes !

31e étape - Col du Simplon – Bärufalla – Wasensee – Bortelhütte – Mischibach - Rosswald - Mardi 14 juillet 2020. (...) Vu du Simplon, Rosswald parait à portée de main. Une dizaine de minutes de vol suffirait pour un gypaète ou un aigle un tant soit peu doué. Mais on est en Valais et on ne soulignera jamais assez ce que ce canton peut receler de vallées cachées, de vallons insoupçonnés, de couloirs à avalanches dissimulés, de barres de rochers masquées, de hautes steppes et de marais spongieux mal signalés, d’alpages grevés de trous de marmottes, d’éboulis et de pierriers mal placés, de rochers mal rangés ! (...) Au gite, quelques clients se reposent. Mais pas d’aubergiste. On m’annonce qu’il sera visible demain matin pour le petit déjeuner et que d’ici là les clients doivent se débrouiller au mieux pour trouver la couchette et un coin pour disposer leurs affaires. L’ambiance est parfaitement sympathique. Les pieds dans l’herbe fraîche et plié en deux par les courbatures, j’engage la conversation avec une randonneuse yverdonnoise et une famille bernoise qui descend la rive gauche du Valais avec sa tente et son matériel de camping. L’aîné des garçons, Mario, fait la cuisine sur un minuscule réchaud à gaz et, à l’aide de sa micro-cafetière à écahppements chromés, nous régale d’un espresso italien digne des meilleures trattorie de Toscane. A 2000 mètres, tout redevient possible.

Pascal Décaillet: Le marbre, pas la mélasse !

"Co-vivre ensemble" : mais d'où sort ce slogan, plouc et gnangnan à souhait, adossé depuis quelque temps aux documents officiels de nos autorités ? D'où sort-il ? De quel "collectif", de quelle "coordination" de gauche (pardonnez le pléonasme) ? De quelle officine associative ? De quelle chapelle ? De quelle liturgie, où l'extase du Bien le disputerait à la sirupeuse fraternité planétaire ? Las ! L'horreur phonétique et sémantique de ces quatre syllabes doucereuses doit disparaître au plus vite. (...)

JF Mabut: L'Europe, la Suisse et leur démocratie

Il y a quelques jours sur Facebook (qui n'est pas mon stamm préféré), je suis tombé sur les adieux au toujours plus grand réseau social d'un communicants genevois. Ce qui m'a intéressé, c'est la citation d'Umberto Ecco publiée en commentaire par un ancien conseiller d'Etat libéral, qui n'a pas toujours donné dans la langue de bois. La voici: "Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d'imbéciles qui, avant ne parlaient qu'au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité...On les faisait taire tout de suite alors qu'aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel. C'est l'invasion des imbéciles". (...) Dans les pays démocratiques, on continue de demander à ces "imbéciles" de choisir leur gouvernement. Evidemment il y a un risque. Et, par les temps qui courent et qui voient le principe de précaution s'installer comme l'alpha et l’oméga de toute gouvernance, l'on peut légitimement s'inquiéter qu'ici comme en Chine d'aucuns veuillent réduire voire supprimer cet aléa démocratique. En Suisse, qui se veut exemplaire et peut mieux l'être en raison de sa petite taille, les citoyens.yennes sont invités ce 27 septembre au plan fédéral à dire par oui ou par non s'ils veulent sortir de l'Europe et de la libre circulation des personnes, doter l'armée d'un avion de chasse uo to date, donner un congé de 15 jours aux papas pour accueillir bébé, baisser d'un chouia l'impôt fédéral des familles avec enfants et encore réguler ou non la faune sauvage. (...)

Jean-Dominique Michel: Covid : assistons-nous à une soviétisation de la presse en Suisse ?

(...) Alignement quasi-inconditionnel sur les positions des autorités, tri dans le recherche scientifique pour ne faire connaître que les article à charge ou à décharge d'une hypothèse, monopole de la parole attribué à un petite panel d'experts quel que soit le nombre d'analyses erronées qu'ils aient proférées au cours des mois, manipulations dans la présentation des données (ah, les fameux "cas" !) : franchement ceux à qui il reste un peu d'éthique journalistique ont de quoi attraper des boutons -et c'est bien le cas, ils nous le disent en privé. De nombreux lecteurs me font par ailleurs parvenir les courriers de plainte qu'ils ont adressés à la RTS suite à telle ou telle émission, avec les réponses de leurs correspondants fleurant le meilleur fumet "langue de bois" des administrations les plus obtuses. (...)

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