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Vincent Schmid: Penser l'après

Simone Weil
Simone Weil

Nouvelle édition de notre revue des blogs publiés sur le forum blog.tdg.ch de la Tribune de Genève et dans notre Webzine. Pour consulter les blogs cités, cliquez sur leur titre. Les blogueurs apprécient les commentaires. Merci d'être concis, courtois, pertinents et de signer votre envoi. Les blogs sont publiés sous la seule responsabilité de leur auteur. Pour retrouver les blogs sur les smartphones et les tablettes, sélectionnez la rubrique Vivre! Pour créer un blog, faites acte de candidature à blog@tdg.ch.

Vincent Schmid: Penser l'après

Ce qui est mis à mal, peut-être même à mort, par l’expérience actuelle du confinement planétaire est l’utopie contemporaine qu’un auteur américain, CB Macpherson, a nommé « l’individualisme possessif ». Entendez par cette formule une conception égocentrée de l’individu porteur de toute sorte de droits qui se croit propriétaire du monde auquel ses droits devraient s’imposer. Le progressisme a promu le fantasme d’un individu désaffilié de son peuple et son histoire, de sa famille, de son genre, assorti de la plus énorme fausse promesse jamais proférée: Tu peux choisir d’être qui tu veux, tu peux être le créateur de toi-même, il suffit pour cela que tu te débarrasses de ce qui te constitue pour te remodeler au gré de ta fantaisie. Le confinement obligatoire, qui n’est autre que la version contemporaine de la très antique quarantaine préconisée par le médecin grec Hippocrate, se dresse comme un mur de granit sur lequel vient se fracasser ce fantasme de l’individu-roi. (...) Cela signifie-t-il le retour du collectivisme tel que Jean-Paul Sartre, compagnon de route du communisme, l’a longuement développé dans sa Critique de la Raison Dialectique ? (...)

Pascal Décaillet: Les moralistes, ça suffit !

Bon, tout ce petit jeu commence à suffire. Que nous soyons dans une crise sanitaire majeure, d'accord. Qu'il faille respecter les consignes, d'accord. (...) Alors maintenant, ça suffit. Il faut commencer le redémarrage de notre économie suisse. Pour les intérêts supérieurs de notre pays, au premier plan desquels j'ai toujours placé la cohésion sociale, c'est essentiel. On ne peut pas laisser mourir d'inanition l'une des économies les plus vivaces de la planète. Elle fait partie d'un tout, et permet de nourrir, par la redistribution, un système social dont nous avons, en tout cas depuis 1947, tout lieu d'être fiers. Alors maintenant, ça suffit. Les moralistes à la petite semaine, ça suffit. Les délateurs de balcons, ça suffit. Les confinés salariés qui se permettent de faire la leçon aux indépendants et aux PME, ça suffit. La rugosité prétorienne des exécutifs, ça suffit, et M. Berset vient de déraper en évoquant l'hypothèse d'un couvre-feu. L'inexistence parlementaire, ça suffit. Nous avons mieux à construire que cette Ligne Maginot de l'extase défensive. Le salut n'est pas dans la forteresse, mais dans le mouvement. Il est dans l'offensive, pas dans la léthargie.

Pierre Kunz: Edouard a des doutes et des scrupules

Confronté aux conséquences du Covid-19, Edouard, retraité depuis plusieurs années, s’efforce pourtant de considérer le bon côté des choses. (...) N’empêche qu’il éprouve des doutes grandissants (et encore davantage au moment où l’on entend parler de « déconfinement par tranches d’âge » !), s’agissant de la politique de confinement retenue par la Suisse. Il s’explique mal que, au prétexte de l’impossibilité d’un dépistage massif, on ait choisi de mettre le pays à l’arrêt économique, scolaire, culturel et sportif. Pourtant on sait depuis plus de deux mois que la pandémie, sauf exceptions, n’est dangereuse que pour les personnes âgées et celles, plus jeunes, fragilisées par d’autres pathologies. Pourquoi n’avoir pas limité, comme voulait le faire le canton d’Uri et comme l’a décidé la Suède, le confinement à ces catégories de la population ? Pourquoi avoir ainsi privé inutilement les jeunes générations d’une grande partie de leur liberté et de leurs activités ? En conséquence de la voie choisie, la tâche de reconstruction du pays s’avère d’ores et déjà extrêmement lourde, coûteuse et longue. (...)

Rolin Wavre: Comment arriver à une immunisation collective ?

je me demande comment nous allons gérer le passage de la vague sur 60% de la population. En Suisse, on estimait il y a quelques jours, que le nombre de personnes contaminées se situait autour de 60'000, pour 15'000 effectivement diagnostiquées. Cela représente moins de 1% des 8 millions de citoyens suisses. On est donc encore très loin des 60%. Comment passera-t-on de 1 à 60% ? L'ouverture progressive des restrictions de mouvement, conduisant à une contamination, puis immunisation "lente" de la population, sans faire exploser le système de santé, devrait prendre de très nombreux mois et semble donc peu envisageable. Subsidiairement, on peut de demander comment vague passera par dessus les plus âgés. Nos grand-parents doivent-ils se préparer à affronter la maladie un jour ou l'autre ? Ou doivent-ils rester confinés strictement jusqu'à ce qu'un vaccin soit trouvé et distribué ? Sur plusieurs mois, cette mesure extrême ne sera pas sans conséquences sur la qualité de leur vie. (...) La manière dont Taiwan, Hong Kong, la Corée du sud, mais aussi la Suède et les Pays-Bas gèrent la crise pourrait nous inspirer. Avec un bémol : il n'est pas encore certain que ces pays parviennent à gérer la crise sur la durée sans dégât important. (...)

Jean-Dominique Michel: Autorités, la rupture de confiance !

Jean-Maxence Granier (fondateur et directeur de la société Think Out) est l'un des tous meilleurs sémiologues des médias à l'heure actuelle. Atteint lui aussi du Covid (mais sans possibilité d'accéder au traitement de référence mise au point à l'IHU Méditerranée-Infection, il analyse sans langue de bois le jeu malsain des autorités politiques et montre les failles terribles de cette approche qui ne considère pas les citoyens (pour user d'un euphémisme) comme des gens capables de réflexion… Au septième jour de son Covid, Jean-Maxence Granier écrit ceci dans son journal de confinement : (...)

Adrien Faure: La vision de la pauvreté au sein du capitalisme naissant

Aujourd'hui, Philippe Berger nous introduit à un fragment de l'oeuvre de Karl Polanyi portant sur une thématique qui nous intéresse lui et moi : la pauvreté. Bonne lecture ! AF Du passionnant chapitre « Paupérisme et utopie » de La Grande Transformation (1944) de Karl Polanyi (1886-1964) nous avons tiré quelques réflexions. (...)

Thomas Putallaz: La politique de la chaise VIDe, un danger pour la démocratie et nos institutions

(...) Du côté de Berne, le Parlement fédéral tiendra dès le 4 mai à Bernexpo une session extraordinaire d'une semaine consacrée seulement au coronavirus. Quid des élus qui ne pourront pas s’y rendre au motif qu’ils font partie de la population à risque ? Quid des élus testé positifs et en confinement pendant cette période ? Selon l’article 6 de l’ordonnance COVID-19, les assemblées de sociétés peuvent exercer leurs droits « par écrit ou voie électronique » jusqu‘à la fin du confinement. Situation d’urgence ou pas, rien ne justifie qu’une personne élue, à risque ou dans l’impossibilité de se déplacer, ne puisse prendre part à un scrutin, au motif de son absence sur le lieu de la réunion. (...) La Confédération serait bien inspirée de se doter, promouvoir et diffuser une technologie d’avant-garde pour ne pas priver de nombreux élus fédéraux, cantonaux et communaux de leur devoir d'exercer la haute surveillance sur nos institutions.

Beate Giffo-Schmitt: Parenthèse agréable

Samedi chéri, mon jour de sortie! En temps normal je serais maintenant en Allemagne pour fêter les 60 ans de ma copine et voir ma famille. J'espère au moins que je pourrais y aller pour les 92 ans de mon papa au mois de juin. Sans avions le ciel est bleu immaculé. Les quelques avions qui passent laissent leurs traînées dans le ciel qui s'élargissent rapidement en une couche de cirrus. Ce n'est rien pourtant comparé aux carrés denses dessinés artificiellement auxquels ont avait droit avant le confinement. Trente minutes plus tard le ciel est à nouveau limpide. (...) La dame tient un énorme bouquet de tulipes dans ses bras. Cinquante tulipes pour à peine neuf euros! Moi qui adore les tulipes, vous pensez bien que je m'empresse d'en acheter également et les partager ensuite avec ma collègue retraitée pour qui je fais quelques courses. Cela me permet de refaire ma petite virée pour la livraison à domicile. Je suis à nouveau éblouis devant la beauté du printemps: le vert tendre des premières feuilles, les couleurs vives des arbustes en fleurs, des jonquilles, jacinthes, pâquerettes et dents de lion. Je ne me lasse pas de m'émerveiller devant cette explosion joyeuse de la vie qui renaît après l'hiver. (...)

JF Mabut: Quelle(s) commune(s) à Genève en 2025, 2030, 2035?

(...) Ce dimanche de printemps est aussi un dimanche d'élection à Genève. L'élection des autorités municipales. Que n'entend on pas sur la cellule fondamentale de la gouvernance commune, berceau de la démocratie, espace d'égalité, de liberté, de solidarité... Pourtant il n'y a rien de commun entre être citoyen en Ville de Genève et citoyen de ma commune de Bardonnex. (...) Avez-vous déjà remarqué que ce ne sont pas les besoins qui font le montant de l'impôt. Ici comme partout ailleurs dans les collectivités publiques, c'est la recette fiscale qui détermine la dépense. (...) La Ville de Genève dépense donc sans vraiment (...) Mais elle n'est pas la seule à être généreuse. Prenez Plan-les-Ouates ma voisine. Qui ne fit qu'une commune, la commune de Compesières, jusqu'en 1851. Elle dépense presque autant que la Ville de Genève par habitant, soit deux fois plus que ma commune de Bardonnex. (...) Au fait, quelle est la juste dépense publique par habitant? En démocratie, la réponse est connue, celle que les électeurs sont prêts à supporter. (...)

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