Pierre Béguin: Manifeste pour l'égalité

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Pierre Béguin: Manifeste pour l'égalité

(...) Ce panneau - tel est notre voeu - doit rappeler à tout le monde cette scandaleuse injustice qui voit les hommes occuper sans partage les travaux de terrassement. Oui, car derrière chaque pioche, chaque pelle, chaque marteau-piqueur ou bétonneuse, dans chaque chantier, chaque percement de tunnel, que des hommes! Aucune femme. Cette appropriation honteuse de l’espace public par le mâle, cet immonde acte d’ostracisme d’une moitié de la population aux dépens de l’autre, n’aura échappé à personne, comme nous espérons qu’elle n’a pas échappé à Sandrine Salerno. Puisse ce panneau réparer une injustice qui ne saurait se prolonger, en incitant toutes les femmes animées d’un idéal égalitaire à embrasser une profession pour l’instant entièrement phagocytée par une caste virile de toute évidence cisgenre, venue avec enthousiasme et parfois de très loin goûter égoïstement aux privilèges et à la fierté de construire la Genève de demain! (...)

Houda Khattabi:Vous travailleriez sans salaire, vous?

(...) Cette scène dure plusieurs jours; Bernard travaille inlassablement sur ce pan d'étagère qui lui semble sans fin, il s'épuise et se démène mais n'arrive jamais à voir le bout de sa production, ne touche plus de salaire, et à ceux qui s'intéressent à son art il ne peut montrer qu'un pan d'étagère inachevé. Bernard finit par jeter l'éponge et au bout de deux semaines, las de voir son travail défait tous les soirs et face à l'amenuisement de ses ressources, il décide de rompre son contrat. Le cas de Bernard est celui de cette énorme catégorie de personnes dans le monde que l'on appelle communément "femmes au foyer". Il y a certes quelques hommes dans le lot, mais il s'agit en général de mères qui, à la naissance de leur premier ou deuxième enfant arrêtent de travailler face à une équation impossible à résoudre, malgré leurs bons principes féministes, et le risque grandissant qu'elles ne puissent jamais retrouver un emploi. (...)

Jacques-Simon Eggly: Le drame des réfugiés et nous

(...) On pense même, dans un coin de sa tête, à la politique suisse durant la deuxième guerre mondiale. “La barque est pleine” est une phrase dont, avec le recul, on n’est pas très fier. Seulement voici : une fois ému, attristé, on se doit aussi d’être lucide et honnête. (...) Alors que faire ? Le manque de vision et de cohérence à Washington d’une part, la faiblesse politique et militaire de l’Union européenne d’autre part sont des facteurs de paralysie. Vladimir Poutine, lui, poursuit une stratégie russe. Avant donc une solution politique encore hors d’atteinte, il y a l’exigence humanitaire. Peut être que la seule démarche immédiate possible serait celle-ci. Organiser , à la lisière des frontières grecques et turques, des camps de réfugiés supportables, sous l’égide du HCR, du CICR, de l’ONU peut être, avec le concours d’organisations humanitaires diverses. Il y faudra de très gros moyens financiers et logistiques. L’Union européenne devrait particulièrement s’engager, et la Suisse prendre toute sa part. (...)

Edmée Cuttat: Robin Harsch suit trois ados sur le douloureux chemin de la transition. Interview

Effie Alexandra, Söan et Logan sont nés dans le mauvais corps. Avec des attributs qui ne correspondent pas à ce qu’ils sont. Obsédés par ce qui leur manque ou ce qu’ils ont en trop, par le regard de l’autre, par le dire ou le cacher. Pendant plus de deux ans, le Genevois Robin Harsh, se mettant à la place du spectateur, du parent ou du jeune qui se pose une foule de questions, a suivi ces trois adolescents sur le long et douloureux chemin de la transition, le grand bouleversement qu’elle provoque chez eux, leurs parents, les difficultés qu’elle entraîne à l’école et dans la société. Mais il est surtout question d’une quête de leur véritable identité. De cette identité enfouie au plus profond de chacun d’eux. «Aujourd’hui on parle de LGBTI, mais il n’y a pas, dans l’alphabet, suffisamment de lettres pour décrire toutes les différences de l’humanité», explique Effie, qui ne s’est jamais senti un garçon. (...) Robin Harsch s’intéresse aussi évidemment aux parents, qui ont été plus difficiles à convaincre de s’exprimer. (...)

Patrick-Etienne Dimier: Le noeud gordien du rail genevois

Un important débat anime deux Commissions du Parlement genevois, celui de l’accroissement du trafic ferroviaire au bout du lac. Selon certains, ce débat n’a plus lieu d’être dans la mesure où le Souverain a choisi de réaliser une nouvelle gare souterraine à Cornavin. Est-ce bien la réalité démocratique? Rien n’est moins sûr puisque lorsque le Souverain a été consulté, on ne lui pas invité à choisir entre la solution du rebroussement ou de la boucle mais entre détruire la moitié du quartier des Grottes et passer dessous. Certains, parmi ces sherpas aiment à traiter le MCG de populiste. Or nous avons là un magnifique exemple de populisme éhonté qui s’appuie sur une prétendue acceptation du Souverain alors qu’il n’a pas été consulté sur le sujet. C’est du populisme pur et dur qui prétend avoir l’aval du Peuple alors que celui-ci n’a même pas été questionné ! De quoi s’agit-il ? (...)

Alain-René Arbez: La Bible et le sacrement de réconciliation

On peut lire en Jean 20, 22-23 : « Après ces paroles, Jésus envoya son souffle sur eux et il leur dit : recevez l’Esprit Saint ! Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus ! » Dans l’époque de relativisme sceptique qui est la nôtre aujourd’hui, beaucoup de chrétiens croient que le sacrement de réconciliation est une invention tardive dans l’Eglise catholique et que, par manque de fondements bibliques de cette pratique, il est préférable de confesser directement ses fautes à Dieu. Or une recherche dans le 1er testament et une simple analyse historique de l’Eglise primitive apportent un tout autre éclairage. Isaïe, 1,18 : « venez et dialoguons dit le Seigneur, si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme neige ! ». Dans la tradition hébraïque, Dieu est considéré comme « lent à la colère et plein d’amour » (Psaume 144). Avant l’époque de Jésus, un croyant commettant une faute ne peut pas se contenter de l’avouer seul devant Dieu. En effet, la sincérité individuelle n’est pas une garantie de vérité. Etre « juste », c’est ajuster son comportement aux vues de Dieu et en harmonie avec sa Parole. Un pécheur doit de ce fait passer par le ministère des prêtres. (...)

John Goetelen: Lettre à Eugénie la bien-née

(...) Mais avec vous c’était tout le contraire. Vous voir, vous entendre, vous écouter parler de votre vie, de cette carrière commencée dans l’enfance, c’était naturel, intéressant, cela racontait les choses de la vie. J’ai découvert votre histoire. Après l’enfance où votre passion s’est révélée, c’est le collège sport-études en internat à l’âge de 12 ans. C’était votre choix: l’immersion dans le foot. On vous disait déjà mature sur le terrain. Vous étiez très déterminée. Vous vouliez être footballeuse professionnelle. Cette profession n’existait pas mais qu’importe, vous alliez la créer. La détermination semble être une seconde nature chez vous. C’est que vous êtes Bretonne, Eugénie Le Sommer! – vous le rappelez dans un sourire. Quand vous parlez de vous, votre naturel l’emporte. Comment ne pas vous laisser entrer dans nos cœurs? (...) Eugénie signifie Bien-née. On ne saurait mieux dire. Qui sait, les bonnes fées n’en ont peut-être pas fini avec vous?

Marie-France de Meuron: Les trois étapes de croissance

(...) Actuellement, on observe des mouvements féministes qui s'expriment différemment selon qu'ils sont dans une poussée de révolte ou de créativité. Un exemple patent en sont les Femen dont on parle nettement moins maintenant car leurs manifestations exhibitionnistes relevaient davantage de forces adolescentes de révolte, de plus de type yang. Ce qui est intéressant à signaler est que ce mouvement est d'origine ukrainienne, pays en révolution depuis des années! Par ailleurs, il y a des femmes qui sont dans une dynamique créatrice en cherchant à exprimer les forces propres à l'être féminin. Annie Leclerc a exprimé dans son livre "paroles de femme" une affirmation très nouvelle pour l'époque qui troubla aussi bien les féministes que leurs adversaires. Dans un courant actuel, Mariia Chaplia déclare: "La victoire du féminisme ne sera possible que lorsqu’il ne fera qu’un avec l’individualisme." Autrement dit c'est en vivant à partir de ses propres potentialités et capacités que la femme pourra être un être humain à part entière et non plus une entité qui imite l'homme et qui s'obstine à exiger une égalité plutôt qu'une équivalence. (...)

JF Mabut: ContinentPremier fête la journée des femmes au Palladium

Le journaliste Gorgui Wade Ndoye, éditeur du site ContinentPremier à Genève - "le seul correspondant au Palais des Nations pour l'Afrique de l'Ouest", selon ses dires -ne manque pas d'ambition. A lui tout seul ou presque, il a organisé, ce 7 mars, une soirée au Palladium sur le thème "Femmes et citoyenneté à Genève". C'est la 11e fois qu'il répétait l'exploit sous l'appellation "Gingembre". (...) On a donc vu trois entrepreneures africaines témoigner en quelques mots de leur projet et de leurs ambitions. Puis le docteur genevois Charles-Henry Rochat a raconté trop brièvement sa croisade depuis plus de 20 ans pour sauver des femmes du Bénin, Du Burkina, de Madagascar de la fistule obstétricale, un terrible handicap contracté souvent au terme d'une césarienne approximative et destructrice. Un choc de civilisation, qui résonnait douloureusement avec le propos introductif du premier panel: "Nous les femmes, nous engendrons le monde". Retour maison pour le troisième panel de ce 11e Gingembre dont on trouvera de large extrait sur la page Facebook de Gorgui. Sur la scène du Palladium s’installent huit candidates à la Mairie de leur commune. (...)

David Frenkel: Honte à nous !

(...) Murés dans un monde lisse, nous sommes les spectateurs d'une nature en furie menant les gueux au supplice. Tant de misérables lorgnent les pays de vaches grasses. Leur ventre criant famine, nombre d'entre eux se renfrognent quand l'indifférence crasse relègue au rang de vermine ceux voulant fuir le malheur. Mais leurs appels au secours choient dans l'ouïe malveillante de gens avides qui leurrent les miséreux sans recours aux promesses défaillantes. Dans un cercueil ambulant, ils ont été transportés et ont sombré dans les ondes ; sus au monde nonchalant ! Honte à notre humanité qui se confond dans l'immonde.

Créé: 08.03.2020, 15h55

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