Pascal Holenweg: De ce mal, peut-il naître un bien ?

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Pascal Holenweg: De ce mal, peut-il naître un bien ?

(...) De ce mal, le COVID, peut-il naître un bien ? il faudrait alors cesser de s'en prendre au virus et à ceux qui le trimballent et le transmettent par inconscience, ou par connerie, puisque ce virus serait aussi bénéfique que celui qui détruit les envahisseurs, sans anticorps, de la "Guerre des Mondes" de Wells : ces gros méchants pompant le sang des humains qui n'arrivent pas à les tuer, finissent par l'être "par les infimes créatures que la Divinité, dans sa sagesse, a placées sur la Terre". On l'avoue, toutefois : on a peine à croire qu'une divinité en laquelle on ne croit pas ait placé sur terre un COVID-19 auquel on est bien forcé de croire pour nous débarrasser du capitalisme, du racisme, des inégalités, de l'exclusion sociale, du patriarcat, de la propriété privée, des armées, des frontières et des églises. La peste noire a-t-elle eu raison du féodalisme, ou la grippe espagnole du militarisme ? (...)

Esther Alder: La solidarité, un puissant barrage contre le coronavirus

(...) La Ville est en train de contacter 30'000 seniors domiciliés sur le territoire municipal pour les informer de la mise en service d’une hotline « Solidarité 65 + », dotée du numéro gratuit suivant : 0800 22 55 11. Active depuis le début de la semaine, cette hotline permet aux aîné-e-s de bénéficier d’un contact régulier avec des collaboratrices et des collaborateurs de la Ville. Ils ont la possibilité de demander à se faire appeler au moins une fois par semaine (y compris le week-end) et de communiquer ainsi leurs besoins ou de poser des questions. (...) La solidarité est un puissant barrage contre le coronavirus. Je tiens à remercier toutes les collaboratrices et les collaborateurs de la Ville, les services, la Protection civile, ainsi que les associations partenaires, pour leur mobilisation sans faille dans la lutte contre le Covid-19 et pour la protection des personnes vulnérables. Grâce à vous toutes et tous, Genève affronte la crise sanitaire dans le respect de sa tradition humaniste !

Pierre Kunz: ”Notre santé vaut plus que leurs profits”

C’est le slogan à la mode en ces temps de pandémie. Mais comment faut-il l’interpréter ? que signifie-t-il vraiment dans l’esprit de ceux qui le véhiculent ? Chez ceux qui vitupèrent sur les réseaux sociaux et dans les médias que « notre santé vaut plus que leurs profits », se manifeste généralement une profonde méconnaissance des rouages de notre une société moderne, une grande incompréhension des équilibres, des solidarités profondes et des interactions imperceptibles qui mêlent les générations et les classes. Cette méconnaissance et cette incompréhension est frappante chez certains médecins généralistes qui exigent un confinement général. (...)

Jean Batou: COVID-19, la guerre des chiffres

(...) En Suisse, nous avons un problème supplémentaire, puisque les chiffres fédéraux sont très sensiblement inférieurs au cumul des décès annoncés par les cantons. Par ex., le 24 mars, l’OFSP comptabilisait un total de 86 décès, alors que les cantons en dénombraient en tout 134, soit 56% de plus ! Si bien que les médias et le Johns Hopkins Coronavirus Resource Center, principale plateforme de suivi international de la pandémie, sont obligés de se fier à un site privé en ligne, actualisé en permanence, qui fait un travail remarquable, grâce au financement de la chaîne du bonheur (https://www.corona-data.ch/). Un exemple stupéfiant du suivi épidémiologique insuffisant, de cette pandémie, en temps réel, de la part des autorités sanitaires fédérales. (...) Enfin, il a beaucoup été débattu de la pertinence de comparer le nombre de personnes testées positivement à COVID-19 selon les pays. En réalité, ce n’est pas une information inutile pour mesurer la diffusion plus ou moins étendue des tests à l’échelle internationale. Leur utilisation massive permet en effet de confiner et de traiter les personnes touchées plus en amont. (...) On aimerait savoir quel en est le prix, et si la Confédération a pu en obtenir en suffisance. Sinon, ne devrait-elle pas les réquisitionner pour des motifs de santé publique évidents ?

Paolo Gilardi: Est-ce bien judicieux?

(...) Ma perplexité vient des effets possibles de la concentration qu'impliquerait le regroupement dans une caserne, aussi grande soit-elle - je n'oserais pas le terme "accueillante"- de dizaines, voire plus, de personnes vivant à la rue et physiquement et psychiquement fragilisées. (...) En ce moment, l'hôtellerie genevoise doit faire face à une chute brutale du taux d'occupation des hôtels. Et si on réquisitionnait les chambres libres dans les hôtels pour y loger les sans abris au lieu de les encaserner? Avec l'avantage de ne pas avoir un voisin de lit à moins de deux mètres et de disposer d'une douche pour soi… C'est une question. Et elle n'est pas rhétorique.

Marian Stepczynski: Un stress test grandeur nature

(...) Ce jamais-vu dans l’histoire économique d’après-guerre laisse pantois les prévisionnistes les plus avertis, dont les prophéties vont de l’hypothèse optimiste d’une reprise dès le second semestre à celle, assez noire, d’au moins deux années perdues, la présente et la suivante. Ce qui est à peu près sûr en revanche, c’est que les structures productives vont profondément se modifier. Outre qu’elles se relocaliseront partiellement pour certaines, elles diversifieront pour la plupart leurs sources d’approvisionnement, et se modifieront au profit d’activités qu’on avait eu plutôt tendance à négliger ou même réduire, tel, bien sûr, le secteur de la santé au sens large. Ce ne sera pas le fait de politiques discrétionnaires, mais la conséquence de changements durables dans les habitudes de consommation engendrés, qui l’eût cru, par les longues périodes de confinement auxquelles les injonctions policières mais aussi la peur de l’infection nous auront condamnés.

Pascal Décaillet: La politique, plus que jamais !

(...) Pourquoi diable devrais-je renier la vocation de toute une vie, au moment où, plus que jamais, nous avons besoin de politique, au sens le plus noble de ce mot ? Le sens noble, c'est celui d'Aristote. Celui de Thucydide, lorsqu'il nous décrypte les vrais ressorts de la Guerre du Péloponnèse. Celui de Tocqueville. Celui de Jules Michelet, quand il nous raconte la Révolution française. Celui de Marc Bloch, avec son ouvrage prodigieux "L'Etrange Défaite", l'un de mes livres de chevet : les six semaines, entre le 10 mai et le 22 juin 1940, où la France s'effondre. Défaite morale, bien avant que d'être militaire, nous dit en substance l'auteur. Cette crise nous offre une occasion : celle de réinventer la politique, en la dégageant des meutes consanguines, pour la hisser vers ce qu'elle a de supérieur : le combat de tous, pour l'intérêt de tous.

Colette Museur: Musique sans mots

Trop de mots, on entend trop de mots en ce moment. Des chiffres surtout. Trop de maux. Alors pour ce jour, un peu de musique. Le compositeur est espagnol, Mauricio Sotelo ( Madrid 1961), le guitariste est Juan Manuel Cañizares et la pièce s'appelle " Comment l'eau pleure" -Como llora el agua. Passez une paisible journée.

Marc Schindler: Toilet paper & Guns

(...) Malheureusement, quand une crise tue des milliers de malades, qu’elle ravage l’économie, quand les gouvernants tâtonnent pour essayer d’arrêter l’épidémie, les vieux réflexes renaissent : ma vie et ma famille d’abord, pour la solidarité, on verra plus tard ! Le président et ses ministres peuvent bien me seriner que je dois rester chez moi, que je dois sortir seulement pour acheter l’essentiel et renoncer à promener mon chien plus d’une heure. C’est moi qui décide comment je vais survivre. Je fais des provisions pour plusieurs semaines en attendant le rationnement. Je vole des masques de protection puisqu’on n’en trouve plus en pharmacie. Et je m’achète une arme pour me protéger puisque la police arrive toujours trop tard. (...)

Beate Schiffo-Schmitt: Ecouter le silence

Le metteur en scène de notre troupe de théâtre a l'habitude de nous inciter à écouter le silence qui règne entre nous avant de prendre la parole. C'est incroyable comment le silence peut être parlant. Il n'est pas vide. A force qu'y prêter attention, il devient dense, tangible, rempli d'attentions et d'intentions. Au théâtre comme dans la musique et aussi dans la vie de tous les jours. Parfois c'est le silence qui nous touche le plus, qui nous émeut. Il y a silence absolu et silence relatif. Avec moins de voitures qui circulent, la seule moto qui passe en pétaradant devient encore plus insupportable à mes oreilles que d'habitude. Sans parler du fait que, vu son niveau sonore, elle ne respecte certainement pas les limites de la vitesse imposées. (...)

Vincent Strohbach: C’est trop calme, j’aime pas trop beaucoup ça !

Tous ceux qui doivent un (tout petit) peu sortir, ressentent cette atmosphère étrange dans les rues. On y perçoit une ambiance bizzare ; en même temps hyper paisible mais également très tendue. Je préfère quand c’est un peu trop plus moins calme. C’est vrai que cette torpeur inédite est particulièrement anxiogène, mieux vaut rester à la maison plutôt que d’y être confronté. Mais une fois confiné à nouveau, le problème c’est que tout ce qui ne concerne pas la pandémie nous apparait comme bien futile. (...) Alors applaudissons et prions pour celles et ceux qui jours et nuits, au péril de leur propre santé, sauvent des vies ! Ce sont eux les vrais héros de 2020, à quand un album Panini à leur effigie ?

Madeleine Scherb: Manu Dibango, le summum de la culture mondiale

Camerounais d’origine, ce grand homme victime du Coronavirus découvert le 18 mars dernier succombe à cette pandémie ce 24 mars 2020. Manu Dibango auteur du Soul Makossa, refrain repris par Michael Jackson, Rihanna, Beyoncé, a été plusieurs fois invité à Genève. Il vivait à Paris et était âgé de 86 ans. Hommage à Manu!

Créé: 25.03.2020, 21h06

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