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Haykel Ezzeddine: Ah le confinement !

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Haykel Ezzeddine: Ah le confinement !

De deux choses l’une : à la fin du confinement je serai plus intelligent et inspiré par mes lectures et je publie un livre sur mon isolement social ou au contraire, abruti par des centaines d’heures passées sur les réseaux sociaux je pars en vacances respirer l’air pollué sur une plage toute aussi polluée par le plastique et par des touristes bruyants et frustrés par l’enfermement planétaire pour cause sanitaire et préventive ? J’habite un 3 pièces... Un appartement, dans un quartier animé par des jeunes qui mettent souvent le feu au local des poubelles pour narguer la police et attirer les pompiers. Le tintamarre des sirènes ils aiment ça ! On ne s’ennuie jamais à Thônex ! (...) Revenons à mon appartement… Je peux vous dire que je connais maintenant ces moindres recoins... Je peux même les yeux fermés dessiner le plan de ma maison en 3 D, y compris les embûches dressées par ma chatte turbulente qui semble exaspéré par ma présence et celle de mon épouse. Elle miaule en s’adressant à moi. Elle me fixe même, peut-être elle se questionne si elle va continuer à manger à satiété vu qu’on squatte son espace vital toute la journée et qu'on ne sort plus ou presque du logis. J’ai lu et relu tous les livres de ma petite bibliothèque. J’ai regardé Netflix, toute la série de James Bond, d’Amicalement vôtre, du Saint, du Fugitif, de la Casa de papel… J’ai fait le tour de la toile et de mes 52m2 et maintenant je tourne en rond comme un lion dans sa cage. (...)

Djemâa Chraiti: Le confinement ou le voyage au bout de soi-même

On avait tout prévu, les pâtes, le PQ, la sauce tomate, la lessive. On a préparé le coin télétravail avec l'ordinateur et les branchements à se mêler les fils, fixé la liste des tâches de chacun et chacune collée au frigo par jour et pour deux semaines minimum parce qu'après on sait plus trop....Tout était prévu, ou presque. Ce qui a échappé, le petit détail qui fait toute la différence, c’est réaliser que le confinement allait engager une autre confrontation inattendue, le retour sur soi. Se retrouver face à soi-même, la grosse angoisse ! Pour certains une lente descente aux enfers, (...) "Connais-toi toi-même", est le plus ancien des trois préceptes gravés à l’entrée du temple de Delphes. Mais quel intérêt me direz-vous ? Se souvenir qu’on est mortel et non pas divin ? Pour Socrate « se connaître « c’est donner le meilleur de soi-même et être capable de faire gagner la raison et l’intelligence…

Stéphane Guex-Pierre: Distance

(...) Du côté des résidants, nombreux ne perçoivent pas ce qui se passe, je le constate. Les troubles cognitifs, la perte de mémoire, certaines démences les "épargnent", les placent dans un confinement mental qui a pour effet de ne pas leur faire prendre la mesure de l'actualité. En partie du moins, car ce masque que nous portons en permanence durant 8 heures, qui est la protection principale (avec le nettoyage régulier, obsessionnel même, des mains) contre ce que nous pourrions amener de l'extérieur, ce masque est aussi un obstacle dans la relation puisque beaucoup de nos résidants ont besoin de nos visages. Ils s'y raccrochent pour lire dans nos expressions si la personne qui se trouve en face d'elle est bienveillante ou non. Or, le masque malheureusement brouille la "lecture", peut créer une méfiance voire une angoisse, et rendre les soins difficiles ou conflictuels. Alors il faut "réapprivoiser", regagner la confiance, beaucoup rassurer dans un contexte où ils nous sentent tendus, fatigués psychologiquement, et où l'absence des visages des proches peut commencer à peser. (...)

Didier Bonny: « Tu ne tueras point »

Envie de voir un film qui vous prend aux tripes ? Alors, « Tu ne tueras point » est pour vous. A une condition toutefois : ne pas être une âme sensible, car les scènes de bataille de la deuxième partie du film sont d'un réalisme hallucinant, par moment à la limite du supportable. Basé sur une histoire vraie, « Tu ne tueras point » raconte l'histoire de Desmond Doss, un jeune homme qui veut absolument s'engager dans l'armée américaine pour servir son pays au cours de la seconde guerre mondiale tout en refusant de porter une arme, sa foi le lui interdisant. (...) « Tu ne tueras point » est un film qui ne laisse pas indifférent, et ce bien au-delà de la dureté des scènes de bataille qui montrent bien l'horreur de la guerre. Il questionne sur la foi qui peut renverser les montagnes, sur la violence intériorisée et ce que l'on peut en faire, sur le besoin de s'engager malgré sa différence, sur l'absurdité de la guerre. Le film de Mel Gibson, 6 nominations aux Oscars 2017, n'est pas parfait. On peut lui reprocher quelques longueurs, un brin de manichéisme et d'appuyer un peu trop sur la foi de Desmond. Mais ces défauts sont largement compensés par des images à couper le souffle, (...) Inédit. 4 étoiles. « Tu ne tueras point ». France 3, jeudi 26 mars, 21h05.

Marie-France de Meuron: La fièvre, un processus vital

(...) A l'heure où la science veut tout maîtriser, elle néglige de prendre en compte tous les processus que l'intelligence du corps a en sa possession pour réagir à des agressions. On n'est pas malade parce qu'on a de la fièvre mais on est malade parce qu'on est agressé et qu'on réagit contre l'agresseur. Rechercher le confort en abaissant la température c'est supprimer une arme de valeur. La seule limitation est quand la haute fièvre occasionne des troubles cérébraux et qu'il s'agit de la baisser juste de quoi les supprimer. Les mamans connaissaient bien les "bottes froides" à appliquer aux enfants. (...)

Maurice-Ruben Hayoun: Qu’allons nous devenir ?

(...) Même si la maladie , l’infection sont des processus biologiques normaux, afférents au genre humain, il existe toujours un arrière-plan, un sous texte que seuls quelques uns savent et veulent déchiffrer. Oh, je ne vais pas vous proposer une lecture théologique de l’Histoire, un décodage qui irait se réfugier dans des catégories mentales proches de l’idée de Transcendance . C’est une éventualité dont il faut tenir compte, mais qui est devenue si éloignée de notre esprit, suite à l’expulsion totale de Dieu et de toute idée théologique dans notre pensée occidentale, laquelle a presque entièrement coupé les racines judéo-chrétiennes de notre culture et de notre civilisation. Je souhaite m’expliquer pour couper court à tout malentendu : confiner ( sans jeu de mot désagréable) cette pandémie à une simple matérialité des faits serait gravement insuffisant. Je penche un peu vers une sorte de métaphysique de la maladie, une sorte de message qui va bien au-delà de l’infection et de ses conséquences les plus visibles : des personnes de plus en plus infectées, des morts sans qu’on puisse expliquer cette surmortalité puisqu’elle touche pratiquement toutes les classes d’âge… Il faut, certes, tenir compte en priorité de ce qui nous arrive, mais cela doit se faire parallèlement à une réflexion approfondie, transcendant les faits sans les nier. (...)

Pascal Gavillet: Ils nous ont quittés en janvier 2020

L’année 2020 avait de toute façon mal commencé avec le départ de trois personnalités du cinéma suisse qu’il m’a été donné de côtoyer régulièrement. Voici les principaux disparus de janvier dans le domaine du cinéma et de la culture. (...)

Catherine Armand: Les petits bonheurs

Demain, j'ai décidé de nettoyer tout mon appartement à la pince à épiler et de tondre mon gazon au coupe-ongle. Je pourrais aussi faire mes vitres au coton-tige, ou farcir des lentilles. Ces idées d'occupations loufoques qu'on s'échange en riant sur les réseaux sociaux ne le sont pas tant que ça finalement. Elles nous ramènent non pas à l'essentiel, mais à la multiplication du plus futile, du plus accessoire, du plus léger. (...) Pour ne pas trop utiliser sa tête, on se sert de ses mains. Suspectes, sinon coupables, de transmission du virus, elles sont aussi les petites fées de notre logis et de nos journées. Une chose ou une autre réparée, recousue, repeinte, nettoyée, triée, rangée, retrouvée, réhabilitée…

Christian Brunier: La beauté des petits gestes

« Nous devons redécouvrir l’importance des petits gestes », le Pape François. Dans la crise du coronavirus, en confinement total ou partiel, la déprime tente de pénétrer dans ton appartement. Tu te planques pour esquiver le virus et tu t’exposes à la dépression. Si le vaccin contre cette saloperie de Covid-19 n’existe pas encore, le vaccin contre le désespoir est la joie de vivre, avec une belle pincée de solidarité. Cloîtré chez soi, il est possible de vibrer ; déjà, si nous ne vivons pas seul-e, en profitant pleinement de sa compagne ou/et de son compagnon ou/et de ses enfants. Sublimer l’amour est le meilleur programme du monde. (...) Les actions citoyennes donnent du sens à nos journées (...)

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