Ma Genève en 2030: Lisa Mazzone face à Benoît Genecand

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À la fin de 2014, la Confédération suisse a publié un rapport qui détaillait les risques et les opportunités pour la Suisse à l’horizon 2030 (lire www.suisse2030.tdg.ch ). Quatre ans plus tard, dans le cadre de notre série prospective, nous avons invités deux des élus genevois les plus en vue à Berne, Lisa Mazzone, conseillère nationale Les Verts et Benoît Genecand, conseiller national libéral-radical, à braquer leur regard sur Genève et sa région. Retrouvez tous les articles publiés dans www.geneve2030.tdg.ch

Un canton heureux, si vous le voulez bien…

Lisa Mazzone, conseillère nationale Les Verts

Genève appartient à toutes les personnes qui la vivent, la traversent, la découvrent, la modèlent chaque jour autrement. Personne ne peut prendre «Genève» en otage et lui apposer le déterminant possessif «ma». Ni les politiques, ni les détenteurs du passeport suisse, ni les résidents, et évidemment moi non plus. En 2030, Genève sera à tout le monde, ouverte sur le monde justement. Les douze années qui nous séparent de cette date pourraient bien être celles de la participation, pour que Genève appartienne bel et bien à chacune et chacun. Un canton dont les décisions ne seraient plus monopolisées par une majorité d’hommes, de droite, d’un milieu socioculturel favorisé et d’un âge respectable, dirons-nous poliment. Un canton dont les «10 personnes qui influencent la politique» ne seraient plus dix hommes (et aucune femme), comme l’a écrit dernièrement la Tribune de Genève.

Genève, ce serait un canton heureux. Heureux au sens du «Happy planet index», cet indicateur qui traduit mieux l’état de santé d’un pays que son produit intérieur brut. Pour analyser le bien-être durable de toutes et de tous, il prend en compte la répartition des richesses et l’empreinte environnementale. Un bonheur non monétaire, qui se mesure à l’aune de l’égalité, de l’ouverture sur l’autre, des échanges humains, du temps disponible et de la liberté de chacun de suivre sa voie et d’exprimer sa voix, en bref du plaisir d’y vivre.

Pionnière dans l’introduction d’un revenu de base inconditionnel, Genève verrait émerger de nouveaux échanges économiques, garantissant à chacun non seulement des conditions de vie adéquates, mais aussi d’avoir prise sur son destin, transformant profondément notre rapport au travail salarié et à la hiérarchie.

Une ville où l’on retomberait sur nos deux pieds, bien ancrés dans la terre. Alors, la santé serait un bien précieux, dépossédant de leur valeur tous les produits de consommation qui trônent sur les étals. On n’accepterait plus cette pollution de l’air, ce bruit, ces pesticides, ces nanoparticules ou toutes ces inventions qui nous rendent malades en prétendant nous offrir la prospérité. Alors, la solidarité serait une réalité vécue, et notre prospérité ne se construirait plus au détriment de populations du Sud dont les droits sont violés et l’environnement massacré. Genève faisant partie d’un tout que nous respectons.

Pionnière, Genève le serait aussi en passant à la semaine de travail à 28 heures, en offrant les services de santé à ses habitants, en trouvant de nouvelles manières de redistribuer les richesses pour s’adapter à la numérisation, en imposant à toutes les entreprises démocratie en leur sein et respect des droits humains et de l’environnement dans leurs activités, en offrant les routes aux piétons pour en faire des lieux de rencontre et de jardinage. Notamment.

Enfin, tout cela si vous le voulez bien, évidemment. Car Genève vous appartient.

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Ce qui doit changer et ce qui doit rester

Benoît Genecand, conseiller national libéral-radical

Un ami, Guy, est mort le 15 décembre 2017. Brutalement. Arrêt cardiaque. À 52 ans.

Douze ans nous séparent de 2030.

Douze ans, c’est beaucoup à l’échelle des hommes. Alors, si je dois faire un vœu pour 2030, ce sera celui-ci: que les cieux soient cléments pour celles et ceux que j’aime. Ma famille, mes enfants et petits-enfants (Maude, ma petite-fille, fêtera sa majorité en 2030!)

Que les cieux soient cléments pour ma bien-aimée et mes amis. Qu’ils soient là, toutes et tous, en bonne santé en 2030 et je serai content. Évidemment si et seulement si, inch’Allah, j’ai la chance d’y être aussi.

Pour une ville, douze ans, ce n’est rien. Une ville est comme un arbre: elle change constamment, profondément et très, très lentement. Sauf tremblement de terre (rares par ici) ou guerre (excluons donc cette hypothèse sinistre), ma Genève dans douze ans, ma Genève de 2030, sera proche de celle que je vis aujourd’hui. De délicats changements sont toujours possibles et souvent souhaitables. Voici la liste de quatre choses que j’aimerais voir changer. Deux pour les voir disparaître ou diminuer. Deux pour les voir survivre et subsister.

Commençons par les disparitions. Depuis une quinzaine d’années, il y a du deal à la rue de la Synagogue (devant chez moi, dans le quartier de Plainpalais). Mon premier vœu est que ce deal cesse. Cela suffit! Il n’est pas bon que notre démocratie tolère une violation constante et impunie de la loi. C’est une forme de démission.

Mon second vœu est que les voitures parquées le long des rues, ces tonnes de matériaux immobilisés 90% du temps, aient été remplacées par un mode de locomotion intelligent et durable. Voitures sans chauffeur ni propriétaire. Qui passent leur temps à faire ce pour quoi elles sont construites: transporter des gens et des choses. Et n’ont plus besoin de stationner.

De beaux chênes, micocouliers, ormes, tilleuls, merisiers ou marronniers remplaceront avantageusement ces véhicules en attente. Vu le réchauffement climatique inévitable (je ne crois pas vraiment l’homme capable de faire quoi que ce soit pour s’y opposer), de la verdure en ville sera indispensable pour contrer les effets d’accumulation de chaleur du béton.

Ce qui doit rester?

D’abord le journal que vous tenez entre les mains (ou que vous lisez sur votre smartphone). Parce que les gens de la Tribune sont des voisins et qu’ils font un travail indispensable et fragile.

Ensuite, je souhaite longue vie au Tiffany, hôtel-restaurant de la rue de l’Arquebuse, où j’ai mes habitudes. Où je vais lire les journaux et boire le café. Où je mange régulièrement accompagné. Et quoi de mieux que des plaisirs simples, locaux et répétitifs pour apprécier l’écoulement des années?

Haut de la page (TDG)

Créé: 04.03.2018, 16h08

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