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Daniel Neeser: Etat d’urgence sanitaire, liberté et démocratie

Nouvelle édition de notre revue des blogs publiés sur le forum blog.tdg.ch de la Tribune de Genève et dans notre Webzine. Pour consulter les blogs cités, cliquez sur leur titre. Les blogueurs apprécient les commentaires. Merci d'être concis, courtois, pertinents et de signer votre envoi. Les blogs sont publiés sous la seule responsabilité de leur auteur. Pour retrouver les blogs sur les smartphones et les tablettes, sélectionnez la rubrique Vivre! Pour créer un blog, faites acte de candidature à blog@tdg.ch.

Daniel Neeser: Etat d’urgence sanitaire, liberté et démocratie

(...) L’Allemagne est, avec la Suisse, l’un des pays les plus fédéralistes de l’Europe. Notre grand voisin a connu la séduction d’une culture dominante avec son système centralisateur, elle en a subi les conséquences et en est sortie. Nous aussi avons su et pu garder cette « sagesse » toute suisse de la responsabilité cantonale et personnelle. Les deux, Allemagne et Suisse, tentent actuellement de garder ce cap. Est-ce juste, sera-ce encore possible ? La propagation du virus semble nous donner tort. Va-t-elle l’emporter et légitimer un centralisme qui, de sanitaire, pourrait devenir politique, économique, culturel ? Qu’on me comprenne bien, je ne nie pas l’importance de décisions fédérales fermes, mais je m’interroge sur l’après… car il y aura un après et, comme dans toute guerre. Il importe que le politique n’abandonne pas l’après-guerre aux militaires, il importe que l’état d’urgence, probablement nécessaire en temps de guerre, ne devienne pas la norme du vivre ensemble en temps de paix. Or ce risque existe. (...)

Anne Cendre: Bataille de rues (bis)

Le carrefour des Vingt-Trois-Cantons, vous connaissez ? Contrairement à la place des Vingt-Deux-Cantons, à qui on offre la première maire genevoise, Lise Girardin, aucune habitation ne porte cette adresse. Voilà donc un lieu magnifique digne d’un nom féminin. Il rend hommage à la création du canton du Jura. Franchement, était-ce nécessaire de lui consacrer cet emplacement ? On ne voit pas trop le rapport entre le temple de Plainpalais, sur lequel est apposée la plaque, avec ce canton à majorité catholique. Je ne proposerai pas une nouvelle identité. Ce n’est pas ici mon propos. Je tiens seulement à suggérer une place que l’on pourrait débaptiser, sans trop de dommage, s’il fallait vraiment en arriver à cette solution pour mettre des femmes en évidence. (...) Non loin de l’hôpital, deux rues portent des noms de couleur, Blanche et Verte, sans aucune raison d’être, sinon un manque d’imagination. Les Philosophes ont un boulevard et une place. Le boulevard me paraît suffisant. Ne serait-ce pas là une bone place pour la philosophe Jeanne Hersch (1910-2000) dont le rayonnement est reconnu sur le plan international ? (...)

Vincent Strobach: Patience et autodiscipline

(...) Parce que oui, E. Macron a eu bien raison de le marteler lors de sa dernière allocution, nous sommes bel et bien en guerre contre un virus particulièrement sournois. Le savoir et l’admettre c’est d'abord et surtout prendre conscience de l'ampleur et du caractère inédit et mortel de cette pandémie et donc, idéalement, de la nécessité d'agir en conséquence. Sauf qu'agir c'est paradoxalement ne rien faire en restant à la maison pour attendre que ça passe. (...) Il n'empêche que nous n'avons pas le choix et oui, n'en déplaise à certains milieux, entre la santé physique de la population et la santé économique des entreprises, il n'y a évidemment pas photo. (...) Voilà pourquoi, je suis entièrement d'accord avec le rappel de nos responsabilités individuelles tel qu'exposé hier après-midi par Alain Berset. Cette manière d'appréhender le problème ressemble en tout point à l'image (idéalisée?) que j'ai de notre pays et de ses habitants. (...)

Haykel Ezzeddine: Lettre ouverte à M. Alain Berset

(...) Mais qu’est-ce que vous attendez pour être plus intransigeant avec ceux qui n’appliquent pas les consignes ? Toujours cette empathie et cette naïveté de croire que vous seriez écouté et obéis. C’est curieux, normalement en Suisse suivant les régions linguistiques on s’adapte et on fait comme le voisin. Mais là vous et vos 6 confrères vous avez décidé de faire bande à part. M. Berset les cantons vont plus loin que vous sur plusieurs sujets faisant vaciller le fédéralisme qui semble s’intéresser plus à la caisse de l’état, à l’économie et au chômage qu’à la santé de ses concitoyens. M. le chargé de la santé vous êtes entrain de perdre du temps sur notre ennemi commun le Covid19. Cet attentisme est de mauvais aloi sauf si vous nous cachez un vaccin que vous allez sortir un jour prochain pour sauver le pays et l’humanité par ricochet. Mais là, je pense que c’est moi le naïf ! M. Berset, je vous conjure prenez l’exemple de la Chine ou de l’Italie toute proche (...)

Alain René Arbez: Genève, sa christianisation avant l’an 1000

(...) C’est en 57 que, selon la tradition, Nazaire, disciple de Lin, arrive à Genève. Invité dans un petit cercle de requérants spirituels, il y pose les bases de la foi judéo-chrétienne. Un jeune homme nommé Celse se convertit, citoyen de Genève évoqué plus tard par St François de Sales. Etant donné les allées et venues de nombreux voyageurs du sud vers le nord, le christianisme peut donc commencer à germer au bord du Léman dès le milieu du 1er siècle. Les historiens Blavignac et Blanchet rapportent même que, selon des traditions et certains monuments, l’apôtre Pierre en personne serait venu à Genève, passant par Aoste, pour dispenser des enseignements bibliques. (...) Le premier évêque résidant à Genève serait vraisemblablement le romain Dominius, à l’époque où l’empereur Constance accède au pouvoir à la suite de Dioclétien. L’évêque Dominius parvient à persuader le nouvel empereur de Rome de renoncer aux persécutions antichrétiennes. Après Dominius, ce sera un moine de Grande Bretagne, Eleutherius, que choisit le pape Sylvestre pour la fonction épiscopale à Genève. C’est à cette époque, le 4ème siècle, que l’empereur Constantin accorde au christianisme un statut reconnu, sans pour autant interdire les anciens cultes païens. (...)

Colette Museur: À pas de sauterelle

J’ai trouvé ce court poème de Rafael Alberti. Il m’a semblé parfait pour alléger l’ambiance… Encontré este poema corto de Rafael Alberti. Me pareció perfecto para aligerar el ambiente… Seule par Rafael Alberti (Marins à terre). Celle qui fut hier mon aimée / marche seule parmi les lavandes. / Derrière elle, un papillon / et une sauterelle guerrière. / Trois sentiers: / Mon aimée, au milieu. / Le papillon, sur la gauche. / Et la sauterelle guerrière, / sautillante, sur la droite. (Trad: Colette)

Rémi Mogenet: Le régionalisme d'État

À Montpellier, après ma conférence sur Jean-Alfred Mogenet, j'ai pu converser avec des professeurs et doctorants du Département d'Occitan de l'Université, et j'ai pu constater qu'ils n'étaient pas enthousiasmés par mon idée que l'éducation publique doit être régionalisée. On pouvait espérer le contraire, puisqu'ils sont liés à une langue et à une culture régionales, et l'occasion d'exprimer cette opinion m'a été donnée par leur réflexion que la Région Occitanie ne leur donnait que très peu de moyens, alors qu'elle soutient les écoles privées occitanes appelées Calendretas. Je leur ai fait remarquer que, traditionnellement, les collectivités locales soutiennent les écoles privées locales, et que l'État central a la charge des universités et autres établissements publics, quant à l'enseignement délivré. (...)

Didier Bonny: Du grand au petit écran : « 3 Billboards »

Autant le dire tout de suite, et à quelques détails près, le mélange des genres est réussi dans « 3 Billboards » grâce à un scénario inventif, une mise en scène qui ne laisse rien au hasard, des images magnifiques et une distribution exceptionnelle à la tête de laquelle on retrouve Frances McDormand (Oscar 2018 de la meilleure actrice), Sam Rockwell (Oscar 2018 du meilleur acteur dans un second rôle) et Woody Harreslon. (...) Si le trait est volontairement forcé, ce qui permet de jouer sur un humour noir du meilleur effet, c’est pour mieux questionner les notions de justice et de pardon, mais aussi la capacité de l’être humain d’évoluer dans un contexte qui bouge à l’image d’une fin très réussie. « 3 Billboards » est parfois déroutant, jamais ennuyeux malgré son rythme relativement lent et, au final, souvent jouissif. Inédit. 4 étoiles. « 3 Billboards » (« Les panneaux de la vengeance »). RTS 1, lundi 23 mars, 20h45.

Pascal Décaillet: Régime de crise, crise du régime

Le Parlement fédéral veut siéger. Et il a raison ! En aucun cas, sous prétexte de crise, nos législatifs, aux trois niveaux de notre Confédération, ne doivent disparaître des radars. En leur absence, les exécutifs prennent très vite leurs aises, à force d'ordonnances, directives et arrêtés. Ils bénéficient du soutien d'une partie de l'opinion publique, et même de celui - autrement plus surprenant - d'une partie de la presse, comme cet éditorial ahurissant du Nouvelliste, qui appelait samedi les gens à se la coincer, purement et simplement. Elle doit s'évaporer à la première tempête venue, la fonction critique des citoyens ? La Suisse a besoin, en ces temps très difficiles, de ses trois pouvoirs institutionnels : l'exécutif, le législatif, le judiciaire. (...) Nous devons assurément respecter les consignes de nos autorités. Mais nul d'entre nous n'est tenu de renoncer à son esprit critique. (...)

Cédric Ségapelli: Seth Greenland

Lorsque l'on arrive au sommet, il ne nous reste que deux options, s'y accrocher ou redescendre tout en prenant soin de ne pas être subitement pris de vertige. Une logique implacable que l'on peut aisément comparer à cette fameuse consécration du rêve américain qui n'a jamais été aussi éphémère qu'à notre époque comme le démontre l'actualité récente à l'instar de l'affaire Weinstein et du mouvement MeToo qui en a découlé. C'est autour de ce phénomène du déclin brutal que Seth Greenland s'est penché en nous offrant avec Mécanique De La Chute une tranche de vie d'un magnat de la finance dont l'image public va soudainement se détériorer en précipitant sa chute au gré d'une fine observation de ces rouages impitoyables qui broient les individus dans une déferlante médiatique que nul ne saurait contrôler, aussi puissant soit-il. Sur fond d'une tension raciale exacerbée, alors que Barack Obama s'apprête à entamer son second mandat, Seth Greenland nous permet également d’entrevoir autour de la thématique de discrimination à l’encontre des minorités ethniques toutes les rancoeurs entre les différentes communautés du pays avec cette sensation de passif autour des stigmatisations dont elles ont fait l’objet et qui perdurent avec cette sensation de revendication quant à celle qui souffrirait le plus. (...)

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