Cent jours du Conseil d'Etat: Jocelyne Haller face à Sandro Pistis

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Le gouvernement genevois franchira la barre des cent jours le 9 septembre. Les sept ministres, dont deux nouveaux, ont passé l’été à préparer le budget 2019 et le programme de la législature 2018-2023, que le Grand Conseil doit valider d’ici à la fin de l’année. Cent jours, l’occasion de tirer déjà un premier bilan et d’esquisser quelques perspectives. Nous avons invité les chefs des partis politiques au parlement - Jocelyne Haller, cheffe du groupe Ensemble à Gauche au Grand Conseil et Sandro Pistis, chef du groupe MCG au Grand Conseil- à faire un point de situation et à exposer les trois priorités qu’ils souhaitent voir figurer dans le programme de législature, outre la réforme de l’imposition des entreprises (PF 17), la modernisation de la fonction publique et la consolidation de sa caisse de retraite. Suite et fin de notre minisérie lundi et mardi avec les chefs de groupe PDC, Vert et UDC. Vos réactions à courrier@tdg.ch.


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Défense des services publics et des prestations

Jocelyne Haller, cheffe du groupe Ensemble à Gauche au Grand Conseil

Faire le bilan de ces cent premiers jours est peu aisé. Près des deux tiers se sont développés à l’ombre de la pause de l’été. Ils ont été pour le moins bousculés par l’actualité peu reluisante de «l’affaire Maudet». À cet égard, le Conseil d’État ne s’est pas illustré par sa capacité à gérer une situation de crise. Notre groupe, par deux résolutions (la R 851 et la R 853), l’avait pourtant alerté dès la mi-mai sur la gravité des faits et la nécessité de prendre sans tarder des mesures.

Sur ce Conseil d’État, un premier signal d’alarme a été donné en juin avec la recomposition des départements. Cette nouvelle valse a semblé avant tout motivée par les desiderata des nouveaux magistrats plutôt que par les impératifs de fonctionnement de l’État et le souci de l’adéquation de la réponse aux besoins de la population. Au cours de cet été, le premier round de discussions parlementaires a été entamé en coulisses sur le noyau dur de la politique du Conseil d’État: PF 17. La prise de position de la nouvelle conseillère d’État, Nathalie Fontanet, en juin dernier lors de la session sur les comptes est éloquente. Elle a trahi le parti pris par le Conseil d’État de favoriser la fiscalité des plus riches et son allégeance aux entreprises qui réalisent d’importants bénéfices. Une perception renforcée par les bruits qui circulent déjà sur un projet de budget 2019 largement déficitaire, qui une fois de plus exigera des sacrifices destructeurs tant sur les prestations à la population que sur les effectifs du personnel de la fonction publique. Une position qui démontre que le Conseil d’État se prépare à calibrer les tâches de l’État à l’aune des déficits de recettes fiscales résultants des cadeaux consentis aux plus riches par PF 17.

Face à l’accroissement des inégalités, les efforts de notre groupe se concentreront donc pour une grande part sur la défense des services publics et des prestations à la population. Nous serons par ailleurs particulièrement attentifs à la question de l’emploi, car nous estimons indispensable de changer de paradigme en matière de politique de l’emploi et de gestion du chômage. Il est temps d’en finir avec l’hypocrisie qui consiste à nier la réalité du chômage en fin de droit. La lutte pour la protection de l’emploi et contre sa dérégulation s’impose. Créer des postes de travail, développer et favoriser la formation et les reclassements professionnels pour une réelle politique d’insertion doivent être des priorités. Nous nous engagerons encore sans réserve en faveur de l’égalité entre femmes et hommes, tant au travers de notre participation à l’organisation de l’événement majeur que constituera la Grève des Femmes en 2019 que dans le combat contre le relèvement de l’âge de la retraite des femmes et contre RFFA (réforme fiscale et financement de l’AVS).

Enfin, car c’est dans notre ADN, la lutte contre les inégalités, la défense des droits fondamentaux, l’accès aux soins garanti pour tous et le droit à un logement et à un environnement sain continueront à guider notre action politique au quotidien.

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Priorité aux Genevois face aux eurofrontaliers

Sandro Pistis, chef du groupe MCG au Grand Conseil

La nouvelle législature ne manque pas de nombreux défis à relever et les cent premiers jours ont d’abord été, pour la nouvelle équipe du Conseil d’État, l’occasion de trouver ses marques. Le MCG souhaite que le gouvernement réponde toujours plus aux préoccupations concrètes des habitants de notre canton.

L’action du Mouvement citoyens genevois ira dans le sens de la protection de l’emploi pour les salariés résidents de notre canton. Les risques de dumping et de surconcurrence sont toujours présents et nous sommes résolus à nous mobiliser pour nous opposer à ces dégradations. La priorité de l’emploi, face aux eurofrontaliers qui viennent de plus en plus loin et non pas seulement de la région proche, continue à être un impératif. Nous agirons également pour soutenir les PME qui ne peuvent pas rivaliser face aux entreprises européennes bénéficiant de coûts de main-d’œuvre beaucoup plus bas. Nous voulons en finir avec ce marché de dupes que représente l’attribution internationale des marchés publics. Résolument, le MCG s’oppose à cette sous-enchère qui met à mal la structure de notre société et la survie de notre tissu économique. Les indépendants ne sont plus épargnés, par exemple avec Uber, qui distribue des salaires de misère et détourne les ressources fiscales à grande échelle. Ainsi, de nombreuses professions seront menacées par ce type de système mondialisé et numérique. Il convient de les protéger.

Au moment où le CEVA va ouvrir toutes grandes les frontières de Genève, nous devons prendre les mesures de protection nécessaires à la frontière, afin d’éviter un afflux massif de criminalité à Genève. Là aussi, nous devons protéger la population genevoise, non pas économiquement mais au niveau de la sécurité.

Il est par ailleurs important que les contribuables genevois bénéficient de la bienveillance fiscale. Comme nous sommes intervenus, en début d’année, pour bloquer une hausse de l’impôt sur la valeur locative, nous traitons au Grand Conseil un projet de loi qui va soulager les familles. Actuellement, quand un jeune de plus de 18 ans a fini ses études ou son apprentissage en milieu d’année, ses parents ne peuvent pas le déduire fiscalement. Avec le projet de loi du MCG, les familles qui sont déjà lourdement mises à contribution pourront bénéficier de cet allégement bienvenu. Pour le MCG, la fiscalité des particuliers est également importante et il ne faut pas penser uniquement aux entreprises. En particulier, il faut protéger les familles qui comptent de jeunes adultes à charge en raison de leurs études ou de leur apprentissage, assommées par l’assurance-maladie et une fiscalité souvent aveugle.

Le MCG se soucie avant tout des difficultés que peuvent rencontrer les résidents de notre canton afin de leur trouver des solutions efficaces et facilement réalisables. Pour cette nouvelle législature, le MCG fera en sorte que les intérêts des citoyens soient de mieux en mieux respectés.

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Créé: 08.09.2018, 10h36


Retrouvez ici tous les invités de la Tribune de Genève La rubrique L’invité(e) est une tribune libre (3000 signes, espaces compris) sélectionnée par la rédaction. Avant d’envoyer votre contribution, prenez contact assez tôt à courrier@tdg.ch, afin de planifier au mieux son éventuelle publication.

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