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André Naef: Un caméléon nommé Boris

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André Naef: Un caméléon nommé Boris

Le jour de l'élection de Richard Nixon, en novembre 1968, Herblock, le caricaturiste du Washington Post, qui pourtant l'abhorrait et le représentait toujours mal rasé, avait fait un dessin montrant une boutique de barbier avec ces mots: "Aujourd'hui, on rase gratis". Une manière de laisser le bénéfice du doute au nouveau président. Un état de grâce accordé à son tour à Boris Johnson après son élection triomphale ? La page du Brexit, dont il fut le champion, est désormais tournée, mais je persiste à penser qu'il constitue une erreur monumentale, un acte d'auto-destruction. Loin de "rendre au Royaume-Uni son indépendance", comme le clament ses fanatiques partisans, il la fragilise. A l'intérieur de l'Union européenne, la Grande-Bretagne, servie par des diplomates de haut calibre, pouvait peser de tout son poids sur les décisions communautaires, au point de fortement influencer le fonctionnement actuel de l'Union. Désormais séparée de son principal marché commercial, elle devra se soumettre à des décisions sur lesquelles elle n'aura plus aucune prise. La victoire écrasante des Tories, amplifiée par le scrutin majoritaire à un tour, ne doit pas occulter l'image d'un pays profondément divisé, voire désuni. (...)

René Longet: L’échec de la COP 25 n’est pas de sa faute, mais de celle des Etats qui la sabotent

(...) Mais qu’a-t-on vu très clairement à la COP de Madrid ? Une obstruction systématique et concertée du Brésil, de la Chine, de l’Inde, des Etats-Unis, de l’Australie, de la Pologne, de l’Arabie saoudite... Point commun de ces Etats : une option forcenée pour le charbon et le pétrole, un refus clair et net de réduire la part de ces sources d’énergie dans les délais reconnus nécessaires pour éviter un dérapage irréversible du système climatique. L’Australie subit déjà cette situation, le Brésil la provoque et l’encourage tant qu’il peut. Autre point commun entre ces Etats ? Ils sont gouvernés par des leaders populistes, totalement indifférents aux enjeux écologiques qui déterminent pourtant nos conditions d’existence sur cette Terre, démantelant à un rythme effréné les législations de protection de l’environnement et - cela va presque toujours de pair - celles garantissant les droits des peuples autochtones, premiers habitants de leurs territoires. Totalement indifférents aussi aux effets de leur politique sur le reste du monde, et dédaignant voire dénigrant les lieux de concertation internationale qu’offre le système des Nations Unies. Et à part en Chine ou en Arabie Saoudite, où démocratie et droits humains sont des gros mots et considérés comme des luxes inutiles et parfaitement insupportables pour les gouvernants, dans tous les autres Etats cités, leurs leaders irresponsables ont été élus à leur poste par leur peuple en connaissance de cause. (...)

Pascal Gavillet: Ils nous ont quittés en septembre 2019

Son oeuvre auta été foisonnante, mêlant autofiction, observation, humour et décalage. Entre les photos des Américains - livre d'images publié en 1958 - et ses différents films, des portraits de beats dans Pull My Daisy aux plans de Candy Mountain, ce road movie ultime qu'il cosigna en 1987 avec Rudy Wurlitzer, les travaux de Robert Frank lui ont garanti une forme de reconnaissance rare, une suprématie artistique et un sens de l'engagement par la création qu'il ne suffit pas toujours de revendiquer. Suisse naturalisé américain, il est mort en septembre, à 94 ans. Tout comme, dans des registres plus divers, le comédien Charles Gérard, éternel BFF de Belmondo, le dessinateur Pierre Le-Tan, indissociable des romans de Modiano, cet autre grand photographe qu'était Peter Lindbergh, et la soprano Jessye Norman. (...)

Jean-Noël Cuénod: Retraites: flash de manif

La réforme des retraites continue à faire recette. Du moins, en faveur des mouvements qui la contestent, en tout ou partie. Dans toute la France, les défilés de mardi 17 décembre ont pris des allures fluviales. La séquence du haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, qui vient de démissionner, est rapidement tournée. La question dépasse les questions de personnes, même celle d'essence divine comme Jupiter-l'Elyséen. Pour aujourd'hui, laissons l'analyse pour privilégier le vécu au sein de la manif parisienne. Il y a un plaisir de manifester que l'on ne saurait négliger. (...)

Pascal Holenweg: Mise en service du ”Léman Express” : Effacer la frontière

(...) Quand chacun aura pu vérifier ce qu'on peut attendre du Léman Express, "cela créera une union sacrée pour le rail", assure le Conseiller d'Etat Serge Dal Busco. Le Conseiller d'Etat est optimiste, ou feint de l'être : les Genevois étant ce qu'ils sont, certains continueront de réclamer des parkings, de refuser les zones piétonnes, de pester contre les pistes cyclables, d'entraver les transports publics. Mais peu importera sans doute : même si l'effet "Léman Express" ne sera pas totalement perceptible tout de suite, les pendulaires frontaliers et les habitants de la rive gauche du canton en bénéficient déjà depuis dimanche. Il y a évidemment un risque à cela, celui de l'"effet rebond" : une fluidité retrouvée de la circulation peut être attrayante pour ceux qui avaient délaissé leur bagnole du fait même des embarras de son usage dans une ville embouteillée. Il faudra bien être attentifs à ce que fluidité nouvelle du trafic genevois n'incite pas à l'usage de la bagnole là où précisément on n'en veut plus, ou moins, quand seuls 15 % des automobilistes urbains actuels sont contraints de l'être, pour des raisons professionnelles, géographiques, d'horaire ou de handicap... Il faut donc qu'à la mise en service du Léman Express et de la nouvelle ligne de tram vers Annemasse s'ajoute une politique de restriction... (...)

Pascal Décaillet: L'échelle du mercure

(...) Alors, du sommet de leur morgue et de leur mépris, ceux-là traitent les gens d'en-bas, attachés à la nation, à la frontière, aux traditions, de vieux conservateurs dépassés. "Frileux", disent-ils même, comme s'ils tenaient seuls l'échelle du mercure. La nation vient d'en-bas. Les premiers qui ont pris sa défense, versé pour elle leur sang, peu vêtus, mal chaussés, les Soldats de l'An II, n'étaient autres que le peuple de France, le plus simple et le plus pauvre, seul contre les coalitions de têtes couronnées qui voulaient maintenir, dans toute l'Europe, les privilèges de l'Ancien Régime. Lisez Michelet, c'est sublime. Aujourd'hui, ce sont les gens du peuple qui sont conservateurs. (...)

Maurice-Ruben Hayoun: De la haine gratuite

(...) La tradition exégétique de la Bible s’est elle aussi penchée sur cette question incontournable. Et notamment dans un contexte précis, celui de la prière quotidienne, car quand on prie ensemble, dans la même congrégation, on ne peut pas haïr son voisin ni son congénère qui récite son oraison près de soi. La liturgie juive adonc institué une formule préliminaire à réciter avant la prière collective ou communautaire. On implore Dieu d’extirper de notre sein la haine (sin’a) la jalousie (Qin’a) et la concurrence (taharout) avant même de lui demander la rémission de nos péchés et l’exaucement de nos demandes.. Cela a le sens commun : comment voulez vous vous adresser à Dieu alors que votre cœur déborde de haine à l’égard de votre prochain ? C’est donc une condition sine qua non pour s’adresser à l’Eternel. C’est une sorte de catharsis, ce qui implique qu’en temps normal, le cœur de l’être humain est toujours investi par la haine, de l’autre, mais parfois aussi de la haine de soi-même. Voir le livre de Théodore Lessing, La haine de soi ; le refus d’être juif… (Berlin, 1930) Nous vivons presque une réédition du mythe de Sisyphe : l’homme doit constamment se battre contre sa nature, c’est une lutte au quotidien (...)

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