Cents jours du Conseil d'Etat: Jean-Luc Forni face à Mathias Buschbeck

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Entré en fonction le 1er juin, le gouvernement genevois a passé la barre des cent jours samedi. Trois mois, dont deux d’été, au cours desquels il a fixé ses priorités dans un programme pour la législature 2018-2023, comme lui en fait désormais l’obligation la Constitution de 2012. Il présentera ce programme vendredi 14 septembre. L’occasion d’inviter ici les chefs des partis représentés au Grand Conseil qui devront adopter ce programme sous la forme non contraignante d’une résolution. Aujourd'hui Jean-Luc Forni, chef du groupe PDC au Grand Conseil et Mathias Buschbeck, chef du groupe Les Verts au Grand Conseil. Participez au débat en adressant votre avis à courrier@tdg.ch


Lire aussi: Cent jours du Conseil d'Etat: Cyril Aellen face à Thomas Wenger et Jocelyne Haller face à Sandro Pistis

Organisons des «assises» du social!

Jean-Luc Forni, chef du groupe PDC au Grand Conseil

Le recentrage des forces politiques issu des dernières élections cantonales marque clairement un regain de confiance des citoyennes et citoyens pour les partis traditionnels. Ils veulent que les autorités travaillent et gouvernent. Négocier, dégager des consensus, sortir des blocages, tel est l’enjeu de cette nouvelle législature. Au terme de ces cent premiers jours, il est difficile de dessiner les contours de la nouvelle gouvernance qui s’est mise en place.

Les préoccupations des habitant-e-s de notre canton, à savoir l’emploi, le logement, les infrastructures, la santé et le social, pour ne citer qu’eux, devraient définir le contenu de cette législature de cinq ans. La 4e révolution industrielle amène de nouveaux défis aux entreprises et aux travailleurs quant à l’emploi. Les nouveaux services créés engendreront des nouveaux métiers, d’où l’importance d’une orientation et formation de qualité qui rendent possible l’insertion professionnelle d’une main-d’œuvre qualifiée. La formation obligatoire jusqu’à 18 ans est un premier pas vers une école qui doit relever ce nouveau défi. Nous devons aussi veiller à former à des emplois dont l’économie aura besoin. Des métiers vont disparaître et d’autres vont être créés. Nous inciterons les responsables des différentes filières de formation, dont notre canton peut s’enorgueillir, les représentants de l’économie et les représentants des travailleurs à développer des formations qui répondent avec efficacité aux réalités du marché.

L’aménagement doit se réaliser en pleine concertation entre l’État et les Communes. Force est de constater que le dialogue est parfois difficile, d’où l’importance de prendre en considération les doléances des communes pour des projets en accord avec la population locale. La résolution des problèmes de logement, de mobilité, des postes de travail, de pollution nécessitera inévitablement une gouvernance transfrontalière, dont ce canton occupe déjà de fait le rôle de métropole. L’arrivée du Léman Express en 2019 consolidera cette dynamique du Grand Genève et devra nous conduire à adapter notre réseau de transports publics et ses connexions.

À côté de son combat pour diminuer la charge des assurances maladie et freiner les coûts de la santé, le PDC s’engagera résolument à développer une meilleure collaboration public-privé entre les différents acteurs de la santé et à instaurer une véritable politique de prévention, pour les soins dentaires notamment. Les proches aidants, vecteurs de lien social et de soutien intergénérationnel au sein de nos familles, devront aussi être pleinement reconnus par l’État et indemnisés pour leur rôle essentiel dans le maintien à domicile de nos aînés et personnes malades.

Nous devons enfin réformer notre système social essoufflé afin de corriger son inefficience à permettre une insertion socioprofessionnelle durable pour tous et à prévenir la pauvreté grandissante dans notre canton. Organisons des «assises» du social à Genève afin de définir une nouvelle politique sociale qui puisse redonner à chacun la dignité de se relever!

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Qui se soucie du «Plan climat cantonal»?

Mathias Buschbeck, chef du groupe Les Verts au Grand Conseil

Cette rentrée ne pouvait pas plus mal commencer pour le Conseil d’État. Les procédures judiciaires et les mensonges de Pierre Maudet ont plombé la confiance que pouvaient lui témoigner le parlement et la population. Cette actualité a rempli tout l’espace médiatique.

Pourtant, il y a deux semaines encore, les écrans étaient saturés d’images d’un nouvel été de tous les records météorologiques: inondations en Inde et au Japon, incendies et canicules en Grèce, en Suède et aux États-Unis. En Suisse, plus un seul été ne passe sans une vague caniculaire. Comment expliquer notre passivité face aux enjeux climatiques et environnementaux qui attendent l’humanité? Peut-être l’idée que notre action ne changera pas grand-chose au défi global. À Genève, nous avons pourtant la responsabilité de faire notre part, non seulement pour la planète, mais aussi pour que notre territoire, notre société et notre économie s’adaptent aux changements à venir. En effet, qui doute que l’économie la plus compétitive dans 30 ans sera celle qui aura su la première se débarrasser des énergies fossiles? Qu’il faut réfléchir à la formation des jeunes en fonction des emplois de demain? Qu’un canton qui aura su se préparer à ces changements sera plus agréable à vivre?

Le Conseil d’État a élaboré un «Plan climat cantonal» mais pas grand monde ne s’en soucie, c’est encore et toujours le court terme qui dicte les priorités. Ce document devrait pourtant être au centre de nos préoccupations et sa mise en œuvre le cœur de notre action politique.

Premièrement, nos bâtiments sont la principale cause d’émission de gaz à effet de serre de notre canton: leur rénovation et l’abandon du chauffage aux énergies fossiles, ainsi que la promotion des énergies renouvelables, doivent impérativement connaître un nouveau coup d’accélérateur.

Le second défi concerne la mobilité. Cette législature doit être celle de la transformation de notre centre-ville par la mise en œuvre des différentes votations populaires: amélioration des transports publics en lien avec l’inauguration du CEVA, création d’un véritable réseau cyclable sûr et performant, développement des zones piétonnes et opposition à toutes nouvelles routes pénétrantes, à commencer par les liaisons L1-L2, véritable aspirateur à voitures prévu à l’entrée sud de notre canton. Sans oublier l’aéroport, dont il faudra stopper le développement incontrôlé.

Le dernier axe concerne notre consommation. Qu’il s’agisse de notre alimentation ou des biens de consommation, l’État doit favoriser des produits locaux, la lutte contre le gaspillage, le recyclage et la réparation. Nous sommes parmi les plus gros producteurs de déchets au monde!

Sommes-nous prêts pour ces changements? Les votations du 23 septembre constitueront un bon test pour se diriger vers une société plus durable: promotion du vélo, alimentation locale de qualité et soutien à l’agriculture suisse, un 3X OUI dans les urnes serait le signe d’une vraie prise de conscience et d’un pas dans la bonne direction.

Haut de la page (TDG)

Créé: 09.09.2018, 23h03


Retrouvez ici tous les invités de la Tribune de Genève La rubrique L’invité(e) est une tribune libre (3000 signes, espaces compris) sélectionnée par la rédaction. Avant d’envoyer votre contribution, prenez contact assez tôt à courrier@tdg.ch, afin de planifier au mieux son éventuelle publication.

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