Blockchain: l'Etat de Genève n'a pas deux visages sécuritaires
La stratégie numérique que j'ai proposée en mai 2016 au Conseil d'Etat anticipe l'émergence d'une nouvelle dynamique dans les échanges de l'Administration cantonale avec les citoyens et les entreprises. Parmi les actions lancées pour mettre en œuvre cette volonté figure une expérimentation de la blockchain pour le registre du commerce genevois.
La blockchain est une base de données décentralisée, transparente et sécurisée, qui utilise des procédés cryptographiques. Cette technologie — qui a démontré sa faisabilité avec les monnaies dites cryptographiques, telles que le bitcoin — présente un fort potentiel dans les administrations publiques, en particulier pour la tenue des registres. La démarche genevoise est du reste appuyée financièrement par la Confédération, dans le cadre du programme «Innovations 2017/2018».
M. Roussel décrit dans son billet (TdG du 31 août) une autorité politique genevoise qui, tel Janus, aurait deux visages opposés. L'un tourné vers le passé, aux prérogatives prétendument exagérées et opaques en matière de sécurité. L'autre orienté vers l'avenir, innovant et transparent, prompt en l'occurrence à mettre en œuvre la blockchain. La réalité est heureusement tout autre.
En effet, la police cantonale — et pour elle sa brigade de criminalité informatique (BCI) — collabore étroitement avec la direction générale des systèmes d'information (DGSI), désignée par le Conseil d'Etat pour mettre en œuvre et fournir les services numériques de l'administration genevoise. C'est d'ailleurs la DGSI qui a réalisé le projet blockchain pour le registre du commerce.
J'ai instauré cette dynamique de partage de compétences et d'expérience dès mon entrée en fonction au Conseil d'Etat en 2012, après l'avoir mise en pratique de manière analogue à la Ville de Genève dès 2007. Dans les deux cas, j'ai regroupé au sein d'un même département les organes chargés de la sécurité publique avec celui qui pourvoit aux services numériques.
Cette synergie — qui n'englobe pas, je le souligne, l'échange de données personnelles — n'est d'ailleurs pas utile uniquement à la DGSI — qui par hypothèse pourrait disposer, dans l'exemple cité par M. Roussel, de renseignements sur l'existence de failles dans le système de vote électronique — mais également à la police, qui bénéficie des compétences de la DGSI dans le domaine de la sécurité de l'information. Pour s'en convaincre, il suffit de prendre connaissance de l'exposé des motifs de la loi du 22 avril 2016, qui vise notamment à «renforcer les capacités d'investigations et de traitement de données numériques et de moderniser l'infrastructure informatique (hardware, software) [de la BCI] en collaboration étroite avec la DGSI».
En fin de compte, tout cela n'a rien à voir avec un «paradoxe qui m'aurait englué». Au contraire, il s'agit d'une impulsion politique assumée, avec pour objectif d'améliorer simultanément le rapport des citoyens et des entreprises avec leur administration, et la sécurité numérique.
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