AboAdieu à une icôneBernard Pivot, quelques mots pour le dire
L’animateur journaliste est mort à 89 ans cette semaine. Il avait marqué la télévision en la faisant éteindre, cela pour lire aussitôt, à peine son émission terminée. Il aimait tant les mots: ceux-là le racontent un peu.

LIBELLULE. Aimer une langue, c’est être assez curieux d’elle pour qu’elle vous fasse monter au ciel, et «libellule» est donc parfait pour commencer cette petite liste, à l’instant de sa mort. Parce qu’il pensait que les livres vous font sortir de chez vous, de votre confort amical, familial, et aller vers d’autres mondes, vous frotter à autre chose, comme l’insecte insouciant s’en va par la fenêtre, appelé par la lumière. Cela peut être cruel, de chercher ainsi ce que signifie vivre, aimer, mourir, parce qu’il n’y a rien d’autre, au final. Mais on peut aussi repérer les miracles, comme libellule, dont il disait: «Les mots ont une sensualité, une poésie et une sonorité. Une libellule possède quatre ailes et quatre l. C’est magnifique cette alliance de la biologie et de l’orthographe.»




















